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ASSAUTS DE WAVRE ET DE BIERGES

les sauter. Ils avaient de quatre à six pieds d'eau, les tirailleurs faillirent s'y noyer; il leur fallut, pour en sortir, l'aide de leurs camarades. Pendant ce temps-là, les balles pleuvaient dru. Rebutés, les soldats se replièrent*. Grouchy et Gérard, celui-ci amenant un autre bataillon, arrivèrent alors au bord de la prairie. Gérard, peu accoutumé à se ménager, s'exposa d'autant plus qu'il avait des raisons pour être de très mauvaise humeur. Il reçut une balle en pleine poitrine, ce qui l'obligea à se faire transporter sur les derrières '. Grouchy pria alors le général d'artillerie Battus de remplacer Gérard à la tête de la colonne d'assaut. Celui-ci s'y étant nettement refusé, Grouchy sauta à bas de son cheval en s'écriant : « — Si l'on ne peut se faire obéir par ses subordonnés, il faut savoir se faire tuer ^ » Ce troisième assaut échoua comme les précédents. Grouchy laissa la division Hulot devant Bierges, comme s'il avait voulu, dit Hulot, prendre de nouvelles dispositions pour attaquer le moulin ; puis, changeant soudain d'idée, il rejoignit les deux autres divisions de Gérard et se ^orta avec elles vers Limale *.

Pendant ces vains assauts, on continuait à escarmourcher devant Basse- Wavre ; et, à Wavre, la lutte se poursuivait avec un terrible acharnement. Vandamme lit jusqu'à treize attaques sans pouvoir enle-

1. Rapport de Hulot à Gérard, précité Gérard, Quelques observations, 42. — Sur les trois attaques infructueuses contre Bierges qu'occupait toute la division Stulpnagel, cf. Waguer. IV, 89, 90 ; Daraitz, 11. 308, 310 ; Voii Ollecli, 211.

2. Rapport de Hulot. Rapport de Grouchy à l'empereur, Rosieren, 19 juin- Gérard, Quelques observât., 10, 42.

3. Grouchy, Relat. suce. Cf. 40. Déclaration de Bella. (App. IV, 55) : « Ce relus du général Ballus lit scandale dans l'armée. » Cf. Rapport de Grouchy à l'empereur, Rosieren, 19 juin.

4. Rapport de Hulot. Grouchy. Relat. suce., 41. Rapport de Grouchy à l'empereur, Rosieren, 19 juin (Arch. Guerre).

ver à l'ennemi cette petite ville transformée en forteresse. A onze heures du soir, le combat durait encore*. Quand le maréchal Grouchy arriva à Limale, à la nuit tombante % le pont de la Dyle était libre. Renouvelant l'audacieuse manœuvre de Tannée précédente à Montereau, Pajol avait lancé à fond de train les hussards du général Vallin ^ sur ce pont qui n'était pourtant accessible qu'à quatre chevaux de front et que gardait tout un bataillon. Les Prussiens enfoncés et sabrés, l'infanterie de Teste et le reste de la cavavalerie passèrent sur la rive gauche à la suite dés hussards. Yon Stengel céda Limale après un combat assez long et reprit position sur la hauteur qui domine ce village. Malgré l'obscurité, l'attaque était vigoureusement menée par Teste, lorsque Grouchy déboucha du pont de Limale avec les divisions Vichery et Pècheux. Ces renforts devenaient nécessaires, car Thielmann, entendant la canonnade, avait porté au secours de Stengel \ par la rive gauche de la Dyle, la division Slûlpnagel et la cavalerie de Hobe. On combattit jusqu'à onze heures du soir pour la possession de la crête du plateau qui resta enfin aux Français \

1. Wagner, lY, 02. Daniitz, 312-313. — Grouchy s'est ubslenu de parler dans ses rapports el ses brocliures de ces vives altaqncs de Vandamme qui d'ailleurs, selon Fantin dos Odoards (Journal, 434) étaient menées maladroitement. « U aurait fallu, dit-il, attaquer en amont et en aval où la Dyle est guéable. »

2. Dans son rapport de Rosieren, 19 juin, Grouchy dit qu'il arriva à Limale à onze heures du soir; mais dans un autre rapport, (Uinant, 20 juin, Arch. Guerre), il dit : à la chute du jour, ce qui est la vérité.

3. En débouchant de Tourinnes, Pajol avait trouvé à La Baraque la division Yallin (corps de Gérard) et l'avait fait marcher sur Limale en tète de sa propre cavalerie et de la division Teste. Pajol, 111, 230-231.

4. La division Stulpnagel fut relevée à Bierges, d'oîi elle s'était portée sur les hauteurs de Umalc, par trois bataillons delà division Kemphen.

r-i. Grouchy à Vandamme, hauteur de Limale, 18 juin, il heures et demie du soir. Rapports de Grouchy à l'empereur, Rosieren, 19 juin, et Dinant, 20 juin, /Arch. Guerre.) Grouchy, Relat. suce, 42-43. Pajol, 111, 232-234. Wagner IV, 91-92. Uamitz, 311-312. Von OUech, 3)2.

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.a route de Mont-Saint-Jean était ouverte ; mais epuis longtemps on n'entendait plus le canon de empereur,

Les Français bivouaquèrent en carrés, bec à bec vec l'ennemi qui occupait les bois de Rixensart. iGs avant-postes se touchaient de si près que les lalles qu'ils échangèrent toute la nuit venaient omber en arrière des premières lignes \ A onze leures et demie du soir, Grouchy écrivit à Vanlamme de le rejoindre sur-le-champ à Limale avec !e 3* corps. 11 comptait recommencer le combat le grand matin pour rallier l'armée impériale à Bruxelles, car le bruit courait, on ne sait sur quels ndices, que l'empereur avait battu les Anglaise

Dans l'état-major prussien on était mieux reneigné. Un officier de la cavalerie de Marwitz, envoyé !n reconnaissance, avait rapporté la nouvelle que 'armée française était en fuite ^. Désormais rassuré, rhielmann dirigea presque toutes ses troupes sur e plateau de Limale afin de reprendre l'offensive lès le point du jour. A trois heures du matin, la •avalerie de Hobe déboucha des bois de Rixensart Lvec deux batteries à cheval qui, en quelques insants, criblèrent de boulets les bivouacs français. Vccouru en première ligne, Grouchy fit jouer son irtillerie, puis, ayant formé tout son monde, la ;avalerie de Pajol à l'extrême gauche, les divisions

1. Rapport de Grouchy, 19 juin. Grouchy, Relat. suce, 42. Damitz, II, 312, ' 2. Grouchy à Vandamme. hauteur de Limale. 18 juin, 11 heures et demie du soir, ^ch. Guerre.) Rapports de Grouchy à l'empereur, 19 et 20 juin. (.•Vrch. Guerre.)

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