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15 kilomètres. D'Aizemont à Plancenoit par Chapelle^ Saint-Lambert, il y en a 18. Les chemins sont rudes et difficiles. Ainsi, mises en marche à sept heures et demie Is tête de colonne de Zieten aurait débouché sur Papelotte midi et demi, et la tête de colonne de Tippelskircl aurait atteint Plancenoit à une heure et demie.
Dès midi, la bataille aurait été gagnée par l'empereur Et cela pour deux raisons : — Parce que Napoléon, n'ayani point dès le début de l'action la crainte d'une attaque des Prussiens sur son flanc droit n'aurait pas craint d'en gager sa réserve et aurait donné « le coup de massue », avec Lobau et la garde à pied, non point après six heure! de combat, mais après trois ou quatre. — Parce que, sil? bataille avait commencé à sept heures, Wellington aurait été beaucoup moins assuré du concours des Prussiens, et que la ténacité de sa défense s'en fût ressentie.
J'ajoute que si, vers onze heures, Zieten et Tippelskirch avaient vu, de la rive droite de la Lasne, l'armée anglaise dans Texlrême péril oîi elle eût été, ils auraient hésité à passer sur la rive gauche. Ils n'auraient pas voulu s'exposer à y être attaqués, une rivière à dos, au risque d'y être exterminés et de donner à Napoléon l'occasion de remporter deux victoires le même jour. Maître, dès onze heures ou midi, du plateau de Mont-Saint-Jean, l'em- : pereur se serait trouvé à peu près dans la même situation que le 2 décembre 1805 sur le plateau de Pratzen, et il aurait pu renouveler la manœuvre d'Austerlitz.
Page 516, lignes 5 a 19 : Cette « bonne position »... était (pour Lobau) lestiauteurs escarpées qui dominent la vallée de la Lasne... Au moins aurait-il dû occuper le bois de Paris.
« Il n'était pas au pouvoir de Lobau, objecte M. Navez « (pp. 27-29) d'occuper ces hauteurs, car il reçut l'ordre (< d'aller prendre une position intermédiaire à une heure « et demie, et il y a 6 kilomètres de la maison Decoster, « où il se trouvait à cette heure-là, et le pont de Lasnes. « Lobau ne serait donc arrivé au pont de Lasnes que vers
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« quatre heures et demie, et, à cette heure-là, ce pont « était depuis longtemps au pouvoir des Prussiens. »
S'il y a, en effet, (3 kilomètres et même un peu plus, de la maison Decoster au pont de Lasnes, il n'y en a que o et demi de cette maison aux crêtes qui commandent le pont. Or, parti de la maison Decoster à une heure et demie, Lobau, au train de 3 kilomètres à l'heure, aurait pu être sur ces crêtes entre trois heures, et quart et trois heures et demie, tandis que Biilow n'y atteignit qu'entre trois heures et demie et trois heures trois quarts. C'était pour Lobau une avance d'un bon quart d'heure. Mais même les tètes de colonnes prussiennes et françaises fussent-elles arrivées en même temps sur les crêtes, que tout l'avantage eût été pour les Français qui se fussent tous trouvés de plain-pied sur le plateau, tandis que les Prussiens eussent été, les uns au bord de ce plateau, les autres sur les versants escarpés par oîi Ton y accède si péniblement. En tout cas, Lobau, comme je l'ai dit, aurait eu le temps d'occuper le bois de Paris. Là, sa résistance aurait été beaucoup plus facile, et conséquemment de plus longue durée, que sur le terrain découvert où il prit position.
j'ai cherché à établir impartialement la responsabilité de chacun dans la campagne de 1813. M. le colonel Grouard reconnaît, comme moi, que des fautes furent commises par les lieutenants de Napoléon. Mais leurs fautes il s'efforce de les atténuer et de les excuser tandis qu'il dénonce avec la véhémence d'un accusateur public toutes celles qu'à tort ou à raison on impute à l'empereur. Je connais ce système renouvelé de Gharras. Le colonel Grouard conclut que Napoléon n'était pas infaillible. Qui l'a jamais prétendu? Ce qu'il faut dire, c'est que moins encore que l'empereur ne fut infaillible dans ses campagnes, nous ne sommes infaillibles, nous, dans nos récits et nos critiques de ces campagnes.
Et, pourtant, nous mettons des mois et des années à étudier des batailles qui ont duré quelques heures. Par les
ordres, les rapports, les étals de situation de rennemi, que nous livrent les archives, comme aussi par la tranquille visite du terrain où il a manœuvré, nous connaissons ses desseins successifs, ses forces en ligne, en réserve, en marche à tel et tel moment, ses positions exactes, ses points forts et ses points faibles. Nous avons le loisir de tout lire, de tout comparer, la possibilité de tout savoir. Enfin, pour bien faire la guerre sur le papier, nous n'avons pas besoin de ces dons suprêmes et essentiels de l'homme de guerre, la divination, le coup d'oeil rapide comme l'éclair, la décision immédiate.
Paris, murs iy06. '