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Napoléon à Ncy, Cliarleroi, IC juin (Con'csp

3. Napoléon à Grouchy, Lijrny, 16 juin. (Arch. Guerre. Armée du Nord). — Cet ordre écrit est le seul qui fasse foi. Il n'y a pas à tenir compte des ordres verbaux qui, comme je Tai dit (p. 233, noie 4), out été rapportés différemment par les deux , intéressés, Napoléon et Groucliy.

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d'exploration et de renseignements, mais d'une importante opération de guerre. En lui prescrivant de poursuivre les Prussiens et de savoir sils avaient pour objectif de se réunir aux Anglais, l'empereur entendait manifestement que Grouchy attaquerait les Prussiens et qu'il manœuvrerait pour les empêcher de se réunir aux Anglais. Grouchy avait si bien compris ces ordres de cette façon-là, que le 17 juin, à dix heures du soir, il écrivit à l'empereur : « ... Si la masse des Prussiens se retire sur Wavre, je les suivrai dans cette direction afin qu'ils ne puissent gagner Bruxelles et de les séparer de Wellington ^ » Si donc Grouchy se fût porté le 18, de grand matin, sur la rive gauche de la Dyle, ce qui était le meilleur moyen (et même le seul; de faire plus ou moins obstacle à une marche latérale des Prussiens, il n'aurait pas, comme le prétend Lettow-Vorbeck, opéré un mouvement « contraire aux ordres qu'il avait reçus ».

Si Grouchy avait ignoré, comme quelques-uns l'ont dit et comme le pense peut-être le général de Lettow, que l'empereur comptait pousser ies Anglais pour leur livrer bataille au sud de la forêt de Soignes, le maréchal aurait eu à se préoccuper beaucoup moins de parer à une jonction des deux armées ennemies en avant de Bruxelles. Car, premièrement, cette jonction n'eût pas mis l'empereur dans un péril si immédiat et si pressant; et secondement l'empereur aurait été à même de rappeler Grouchy à lui en temps utile.

Mais Grouchy savait que l'empereur ne s'arrêterait pas aux Quatre-Bras et qu"il allait marcher aux Anglais pour les combattre, s'ils voulaient tenir, en avant de ia forêt de Soignes-. Comme il était dans les éventualités, sinon absolument dans les présomptions, que les Anglais « tien-

1. Grouchy à l'enipeieur, Gembloux, 17 juin, dix heures du soir (Arch. Guerre. Armée du Nord.)

2. « Ayant été prévenu par Voire Majesté, quand je ia quittai à Ligny, qu'elle marchaitauxAnglai-; pour les combattre, s'ils voulaient Icuir, de ce cùté-cidcla forêt do Soignes. « Rapport deGrouciiy à l'empereur, Rosieren, 19 juin (Arch. Guerre. Armée du r\"ord.)

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draient », et comme Grouchy était informé, d'autre part, que les Prussiens se dirigeaient sur Wavre en vue d'une réunion avec Wellington \ il devait manœuvrer au plus vite pour empêcher ou contrarier la jonction des deux armées ennemies.

Pages 504, ligxe 13 à 503, ligne 16 : En route dès quatre heures du matin les deux colonnes seraient arrivées au bord de la Dyle entre neuf et dix heures du matin... mouvement qui eut amené Grouchy près du champ de bataille (de Waterloo) à deux heures et demie.

« Cette allégation est inadmissible, déclare M, Navez « (pp. 19-20). La distance de Gembloux à Ottignies est « selon M. Houssaye de 18 kilomètres, et celle d'Ottignies « à Maransart d'environ 8 kilomètres. M. Houssaye estime « qu'il faut compter une heure et demie pour l'écoulement « des troupes par les ponts d'Ottignies et de Mousty. Or, (« le 18 juin, les troupes de Grouchy cheminèrent en 0 moyenne à raison de !2 kilomètres à l'heure entre Gem- « bloux et Wavre. D'après ces données, si Grouchy « n'avait pas été attaqué par les Prussiens, il aurait atteint « Maransart à six heures et demie du soir et non à « deux heures et demie. »

Il y a 19 kilomètres de Gembloux à Wavre. Vandamme mit huit heures pour faire ce trajet-. C'était donc bien, comme le dit M. Navez, un train d'à peu près 2 kilomètres à l'heure. Mais mon contradicteur omet de dire que Vandamme fit une halte, à Nil Saint-Vincent, qui dura au moins une heure et demie. En outre, le combat qu'il livra au défilé de la Huzelle dut prendre au moins une demiheure. Ainsi, la colonne de Vandamme marcha six heures et non huit heures; et 19 kilomètres en six heures repré-

1. !'■'■ renseignement recueilli à Gembloux, le 17 juin. 2" renseignement recueilli à Saii-à-Walliain (ou Waliiain) dans la nuit du 17 au 18 juin. (Arcii. Guerre), Cf. Groucliy à Naiioléon, Gembloux, 17 juin, 10 heures du soir (Arch. Guerre).

2. Parti vers huit heures de Gembloux, il arriva aux Ponls-de-Wavro vers quatre heures (18 J 5, II, 203 et 4Gi, note 2.)

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sentent, comme je l'ai dit, l'allure moyenne de trois kilomètres à l'heure. Donc, n'en déplaise à M. Navez, mon allégation n'est pas du tout « inadmissible «.

Elle l'est même si peu que le colonel Grouard (pp. 188, 190, 198) et le général von Lettow-Vorbeck (p. 403) reconnaissent qu'en suivant l'itinéraire que j'ai indiqué, Grouchy serait arrivé sur le champ de bataille en temps utile. Le colonel Grouard donne même à la marche supposée de Grouchy une rapidité bien plus grande que je ne l'ai dit. Il calcule que Grouchy eût atteint les ponts de Mousty et d'Ottignies à 7ieuf heures du matin et A'aransart avant midi : « Dans l'après-midi, déclara-t-il, toutes les troupes de Grouchy auraient pu intervenir dans la bataille. »

Le général von Lettow admet comme moi l'allure de 3 kilomètres à l'heure, et il en conclut que « la marche directe de Grouchy vers l'empereur, dans la matinée du 18 juin , aurait pu changer considérablement les choses. »

Autre objection de M. Navez (pp. 20-22) : « La marche de « Grouchy sur .Maransart, dit-il en substance, n'aurait pu « s'opérer parce que le corps de Thielmann aurait empé- « ché ou, du moins, retardé infiniment le passage des « Français par les ponts de Mousty et d'Ottignies. «

J'accorde que Thielmann aurait pu disputer le passage de la Dyle à Ottignies et à Mousty, comme il le fit sept heures durant à Wavre, mais à la condition d'arriver à temps à Ottignies et à Mousty. Or il y serait arrivé beaucoup trop tard,

Gneisenau n'aurait pu être informé à Wavre que vers neuf heures (par une estatfette du colonel Ledébur, en observation à Mont-Saint-Guibert) de la marche des Français sur Mousty et Ottignies. Le temps pour Gneisenau de faire parvenir l'ordre de mouvement à Thielmann qui se trouvait à la Bavette (3000 mètres de Wavre), le temps pour Thielmann de mettre ses troupes en marche, le temps pour ces troupes de franchir par la rive gauche de la Dyle

les 9 kilomètres qui séparent la Bavette d'Ottignies, il faut compter trois bonnes heures. Thielmann serait donc arrivé à Ottignies à midi. A midi, le passage de la Dyle par les deux corps français, aurait été opéré depuis une heure,

PageSOS, lignes 13 à 15 : Il eût été loisible à Grouchy... de marcher sur Ayviers ou Maransart.

M. Navez objecte (p. 20), « Grouchy, à Maransart, eût « été séparé du champ de bataille par la vallée de la « Lasne, tout aussi difficile à franchir, près de Maransart, « que près de Ghapelle-Saint-Lambert où le corps de « Bulow subit de si longs retards. »

C'est inexact. J'ai fait à pied le trajet de Plancenoit à Maransart, Le chemin est bon, sauf pendant 700 mètres environ, à travers le bois d'Hubermont oii les sapeurs auraient dû couper par-ci par-là quelques baliveaux pour frayer passage à l'artillerie. De Maransart au clocher de Plancenoit, il y a 2 500 mètres. Arrivé à deux heures et demie à Maransart, Grouchy aurait donr; pu, en tenant compte d'une perte de temps d'une heure pour la traversée du bois d'Hubermont, atteindre Plancenoit vers quatre heures et demie, soit au moment même où Bûlow se démasqua à l'orée du bois de Paris.

Mais, très vraisemblablement Grouchy n'aurait pas marché sur Plancenoit. L'empereur qui, dès midi ou une heure, aurait été averti qu'il approchait, l'eût dirigé non sur Maransart mais sur Ayviers, et, de là, sur le chemin de Plancenoit à Lasne pour protéger sa droite à la place de Lobau. Arrivé à Ayviers à deux heures, Grouchy eut atteint la lisière méridionale du bois de Paris (1 500 mètres d' Ayviers) à çMa^re heures (une demi-heure pour la marche et une heure et demie pour le passage du pont) c'està-dire une demi-heure avant que Bûlow ne débouchât de ce bois.

Page 50o, lignes 21 à 28 : Grouchy, en bonne position sur le plateau de Mousty-Céroux, y eût résisté sans peine avec 33 000 hommes aux 40 000 Prussiens de Zieten et de Thieimann. Mais eût-il pu, entre onze heures et quatre heures, leur infliger une défaite assez décisive pour les mettre hors de cause et pour redevenir libre de marcher sur Maransart ■? C'est douteux.

Selon le colonel Grouard (pp. 188, 191), Gérard serait arrivé à Mousty à neuf heures et « aurait été à Maransart « avant midi ». Ainsi Grouchy eût disputé le terrain à Thieimann et à Pirch (Zieten) avec le seul corps de Vandamme et les dragons d'Exeimans tandis que Gérard et Pajol eussent secondé l'empereur.

Je doute que les choses se fussent passées ainsi, car je ne crois pas que le passage de la Dyle à Mousty et à Ottignies aurait été terminé avant onze heures. Or, à cette heure-là, l'approche des corps de Zieten et de Thieimann eût déjà été signalée à Grouchy. L'apparition de ces masses (40000 hommes) lui eût vraisemblablement fait croire qu'il allait avoir à combattre toute l'armée prussienne ; et, pour y résister, il aurait conservé toutes ses forces avec lui. Il aurait d'ailleurs bien raisonné, car s'il avait cru, comme il est probable, avoir devant lui l'armée prussienne, il aurait dû nécessairement en conclure que cette armée ne marchait pas vers les Anglais.

Page 505, lignes 30 à 31 : Par cette bataille, Grouchy eût du moins retenu loin de Mont-Saint-Jean les corps de Zieten et de Thieimann.

Selon M. Navez (pp. 21-22), Gneisenau n'aurait employé contre Grouchy vers Ottignies que le seul corps de Thieimann, et le corps de Zieten aurait pu marcher sur Mont- Saint-Jean comme il l'a fait.

C'est possible, mais dans cette hypothèse le seul corps de Vandamme, la division Teste et la cavalerie de Pajol eussent suffi à Grouchy pour contenir Thieimann, et le corps de Gérard et les 3 000 dragons d'Exeimans auraient rejoint l'empereur une heure au moins avant l'attaque de Bulow.

Page 507. lignes 26 a 29 : Vandamme aurait i)ris la tête... et sa première division fût arrivée à Maransart (8 kilomètres d"Ottignies par Céroux) vers six heures.

Selon M. Navez (pp. 22. 26), cette première division « ne « fût arrivée à Maransart qu'entre neuf et dix heures. »

M. Navez établit son calcul sur une allure de 2 kilomètres à l'heure, et moi sur une vitesse de marche de 4 kilomètres, train dont l'histoire militaire cite un certain nombre d'exemples^ Il est donc évident que nous ne pouvons nous entendre.

Cette question se rapporte à celle de la marche au canon conseillée par Gérard à Grouchy. 31. Navez nie que le conseil fut opportun. Au contraire, le colonel Grouard (pp. 193, 195) admet qu'une fraction de l'armée de Grouchy aurait pu être à Plancenoit avant sept heures-, et conclut en substance : c. Ainsi Napoléon aurait peut-être pu avancer d'une heure la dernière attaque contre les Anglais et y employer quelques bataillons de plus. Mais en suivant l'avis de Gérard, Grouchy n'aurait pas donné cependant à Napoléon le moyen d'obtenir la victoire ''. Il aurait pu seulement dégager la droite de l'empereur et servir de ralliement à l'armée française en arrêtant la poursuite de Blûcher. L'armée aurait pu dès lors effectuer sa retraite en bon ordre. Donc, en suivant le conseil de Gérard dont le bruit du canon montrait l'opportunité, Grouchy aurait encore été utile à Napoléon. »

1. Voir 1815, II, .'iOS, noie 1. — A propos d'une des marches très rapides citées dans celle note (celle du corps de Gérard le 19 juin) M. Navez m'objecte que la division Iluliit qui faisait partie de ce corps arriva à neuf heures à G3nbloux et non à Temploux. J'en tombe d'accord. Mais M. Navez. oublie que la division Hulot formait l'arrière-garde. Hulot le dit expressément dans son rapport à Gérard. Et, d'autre part, dans sou rapport à l'empereur des 19 et 20 juin, Grouchy dit : « A la léle du 4° corps (Gérard) je me dirigeai sur Temploiix oii je pris position o la chute du jour. »

2. J'ai dit, moi : « La division de tête à llaransar' (2.300 mètres de PlancenoitJ vers six heures. » Nous ne sommes donc pas loin di com-ite.

3. Cela est discutable, puisque précisément, ?u témoignage de l'ennemi même,' cette attaque faite une demi-heure plus tôt, quand le centre anglais chancelait et que r*cy, mailre de la Hayc-Sainle, demandait des renforts, aui'ait pu être décisive. Voir 1815, II, 391, 30-3, 39S, cl les notes.

APPENDICE DE LA ol" ÉDITION. 555

Page 512, ligne : Si la bataille avait commencé vers six ou sept heures... l'armée anglaise eût été culbutée avant l'arrivée des Prussiens.

Ce n'est pas l'avis de M. Navez. Il croit, comme Clausewitz, que si la bataille avait commencé plus tôt les Prussiens auraient attaqué plus tôt. Mais comme j'ai déjà répondu à Clausewitz qu'à onze heures du matin, heure où il aurait fallu intervenir pour le faire encore en temps utile, Biilow n'avait à Chapelle-Saint-Lambert (7 kilomètres du champ de bataille) qu'une division d'infanterie et une de cavalerie S M. Navez ne parle plus d'une intervention de Biilow. Il imagine (pp. 15-19) que si l'action avait commencé à sept heures du matin, Bliicher, au premier grondement du canon, aurait dirigé vers le champ de bataille le corps Zieten, par Ohain et Papelotte, et les divisions Tippelskirch et Kraft (du corps Pirch) par Chapelle- Saint-Lambert et Plancenoit. Il conclut que toutes ces troupes seraient entrées en ligne contre les Français dès onze heures.

Mais, d'abord, M. Navez est-il certain qu'entendant de si bonne heure une si formidable canonnade, le circonspect Gneisenau n'eût pas craint d'opérer un mouvement inutile et fort compromettant en envoyant la moitié de son armée sur un champ de bataille, éloigné de quatre lieues, oii elle risquait d'arriver après la victoire de l'empereur? J'admets qu'il aurait cédé à l'impétueux désir de Bliicher. Tout de même, il aurait discuté. Cette discussion, les ordres à faire parvenir à Zieten, bivouaqué à Bierges (2 500 mètres de Wavre) et à Pirch, bivouaqué à Aizemont (700 mètres de Wavre), la transmission de ces ordres aux commandants d'unités, la formation des colonnes, tout cela eût pris pour le moins une demi-heure, sans doute davantage. Les troupes auraient donc pu se mettre en marche à sept heures et demie au plus tôt.

De Bierges à Papelotte par Ohain, il y a un peu plus.de

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