‹ 1815Chapitre 32 sur 260 · Cf. Davout, Corresp · texte numérisé non relu

Cf. Davout, Corresp

mais c'est que déjà j'avais pris mon parti, et je crus ne pouvoir mieux dire pour cacher mes projets. » Napoléon resta muet, mais dans ses yeux le maréchal vit briller un éclair \

Désespéré, plein de confusion et de remords, accusant tout le monde et soi-même, Ney se retira dans sa terre des Coudreaux. Pendant six semaines, on n'entendit plus parler de lui. On le disait en disgrâce ; le bruit se répandit môme qu'il avait été arrêté". Il revint à Paris pour la cérémonie du Champ de Mai. Nommé pair de France le 2 juin, il alla à l'Elysée, quatre jours après, pour obtenir l'ordonnancement d'une somme de 37 000 francs due sur son traitement arriéré et sur ses frais de tournée ^ « — Vous voilà, lui dit Napoléon. Je vous croyais émigré. » « — J'aurais dû le faire plus tôt ! » riposta amèrement le maréchal \ Le 11 juin, il revint encore aux Tuileries, mais il ne fut pas question dans ces deux entretiens d'un commandement pour lui à l'armée du Nord ^ Ney, sans doute, qui savait que l'empereur l'appelait la bête )ioire\ n'osait en solliciter. Mais le 11 juin, au moment de quitter Paris, l'empereur eut un scrupule. Pouvait-il condamner à un repos dégradant le héros de tant de batailles? Pouvait-il, à l'heure du péril, priver d'un pareil soldat

1. Napold'on, Vile d'Elbe et les Cent jours. {Con-esp., XXXI, 104.)

2. Gazette d'Aaran, 13 mai. Journal universel (de Gand), n° 8. Rapport à Clarke du Iieuli;:iaiit Jallot, déserteur du 11= chasseurs, Gand, 12 juia. (Arch. Guerre.)

.S. Davout à l'empereur, 6 juin. Napoléon à Davout, 7 juin. (Arch. nat. AF. IV, 1949, et AF, IV, 9u7.)

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