‹ 1815Chapitre 34 sur 260 · Heymès, Relation · texte numérisé non relu

Heymès, Relation

Le 11 juin, quand l'empereur fit avertir Ney, tous les officiers généraux étaient depuis plusieurs semaines pourvus de leur commandement. 11 y a donc bien des présomptions que Napoléon n'avait point voulu d'abord en donner un au prince de la Moskowa » J'ai eu grand tort d'employer Ney, dit-il à Sainte-Hélène... C'est un hurluberlu a (Gourgaud, Journal, II, 266, 458.)

Il ne croyait pas pouvoir donner un commandement dans l'armée française à un Français qui avait combattu contre elle un an auparavant. Puis il en voulait à son beau-frère d'avoir commencé trop tôt, au mépris de ses instructions, la guerre contre les Autrichiens ; il lui en voulait surtout de s'être fait battre \ Plus tard, dans les rêveries de Sainte- Hélène, Napoléon regretta sa décision envers ce grand meneur de chevauchées. « A Waterloo, disaitil. Murât nous eût valu peut-être la victoire. Que fallait-il? Enfoncer trois ou quatre -carrés anglais. Murât était précisément l'homme de la chose'. » Peut-être, en effet. Murât, qui avait le double don d'imprimer à ses cavaliers un élan furieux et de méduser l'ennemi, eût-il passé sur le ventre aux Anglais?

La mémoire de Grouchy est liée désormais au souvenir maudit de Waterloo, si bien qu'on a oublié les beaux services et les actions d'éclat de ce valeureux capitaine. S'il n'avait pas l'élan entraînant de Murât, il savait comme lui faire manœuvrer les masses de cavalerie. Commandant en second de l'expédition d'Irlande en l'an V, gouverneur de Madrid en 1808, colonel-général des chasseurs et chevau-légers en 1809, chef de l'Escadron sacré pendant la retraite de Russie, il avait contribué aux victoires de Hohenlinden, d'Eylau, de Friedland, de Wagram et de la Moskowa. Après Vauchamps, diton, l'empereur avait pensé à le nommer maréchal

1. 1815, I, 472. — Cf. Las Cases. Mémorial. IV, 424-425 : «... Murât, disait renipercur, est une des grandes causes des malheurs de 1814... Il est difficile de concevoir plus de turpitude, de courir avec plus d'impudeur et de bassesse audevant d'une fortune nouvelle. »

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