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LA DÉSERTION DU GÉNÉRAL DE BOURMONT

la division de tête, avait passé à l'ennemi. Cette désertion confirmait bien malencontreusement les craintes de trahison et les suspicions contre les chefs dont les soldats avaient l'esprit troublé depuis trois mois. Des murmures, des imprécations partaient des rangs. Un des brigadiers de Bourmont, le général Hulot, « jugeant le moment critique », liarangua les deux régiments sous ses ordres ; il leur jura solennellement, l'épée à la main, « de combattre avec eux les ennemis de la France jusqu'à son dernier souffle* ». Gérard, à son tour, crut devoir passer devant le front des troupes et leur adresser quelques paroles ; elles répondirent par ies acclamations ^ Gérard était lui-même très ému le la désertion de son protégé Bourmont. Hulot lui iu donna les détails.

Un peu après cinq heures du matin, Bourmont 5tait monté à cheval à Florenne avec tout son étatmajor, le colonel Clouet, le chef d'escadrons de Vilioutreys, les capitaines d'Andigné, de Trélan et Sourda et une escorte de cinq chasseurs. Les avantpostes français passés, il avait remis au brigadier le chasseurs une lettre pour Gérard, écrite à Florenne, l'avait congédié ainsi que l'escorte, et s'était lancé au galop avec ses officiers dans la direction le la frontière ^ Il disait dans sa lettre à Gérard :

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