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MOBILISATION DES GARDES NATIONALES. H

la demi-solde et pour le reste par l'élément civil. L'empereur n'avait point voulu mettre les grades à l'élection. Il nommait les officiers sur des listes établies dans chaque département par un comité composé du préfet, d'un conseiller général, de deux généraux et d'un officier supérieur ^ Presque tous les gardes nationaux paraissaient non point seulement résignés à faire leur devoir mais bien déterminés à le faire de bon cœur. Ils manœuvraient de leur mieux, se pliaient docilement à la discipline, entraient dans les villes avec des branches de lilas aux canons des fusils, en chantant la Marseillaise et en terminant chaque couplet par les cris : Vive la nation! Vive l'empereur! S'il s'élevait parfois des réclamations, c'était chez ceux qui n'étaient encore ni armés ni habillés et qui demandaient des fusils, des capotes et des souliers. Mortier, Jourdan, Leclerc des Essarts, Rouyer, Lanusse, Berckheim,touslesofficiers généraux qui commandaient des gardes nationales mobilisées, ou les passaient en revue, louaient le bon esprit et la belle attitude de ces soldats improvisés. Gérard écrivait à Vaiidamme, le 5 juin : « Les dix bataillons de gardes nationales de la réserve de Nancy sont superbes. Dans trois semaines, il n'y aura pas de différence avec la troupe de ligne ■. » Si la guerre durait, on pouvait compter que les

1. Davout à l'empereur, 13 mai. (Arch. nat. AF. IV, 1939.) Décret sur les gardes nationales, 10 avril.

2. Lettres et rapports à Davout du général Rouyer, 22 avril ; des commissaires extraordinaires Bédocli et de Gcrando. Bar-le-Duc et Nancy, 8 et 10 mai ; de Leclerc des Essarts, Sainto-Menehould, 18 mai; de Lanusse, Metz, 21 mai; du commandant de Landrecies, 6 juin ; du major Hervo, Poitiers, 18 juin ; de Jourdan, Besançon, 25 juin. Gérard à Vandamme, Metz, 5 juin. Colonel de gendarmerie à Rovjgo, Nancy, 10 juin. (Arch. Guerre. Corresp. générale et Armées du Nord et du Jura.) Corresp. des préfets, avril-juin. (Arch. nat. F. 7, 3774 et F. 7, 3044a.) Davout à l'empereur, 28 mai (Arch. nat. AF. IV, 1936.) Labrctonnicre, Souvenirs duQuartier latin, 228. Mémoires manuscrits de Barras. Cf. 1815,1, 632-633.

hommes de vingt à quarante ans, formant le premier ban de la garde nationale, donneraient isncore loOOOO mobilisés au moins, car un grand nombre de réfractaires des départements du centre et du midi finiraient par se soumettre ^ ; grâce à la pacification de la Vendée, qui était proche et certaine, on pourrait appliquer les décrets de mobilisation aux départements de l'ouest ; il serait enfin loisible de décréter de nouvelles levées dans les départements de l'est, toujours si patriotes ^ Pour le second ban de la milice, on n'en pressa point Torganisation, sauf à Paris et à Lyon. Quand le temps et les armes manquaient pour former les bataillons mobilisés % ce n'était pas l'heure de multiplier les bataillons sédentaires qui, en raison des services très pacifiques qu'ils pouvaient rendre, étaient déjà assez nombreux''.

Dans la masse des citoyens de quarante à soixante ans, il y avait cependant beaucoup d'hommes très bons à employer contre l'ennemi, au moins pour la

1. La correspondance des préfets (Arch. nat.) et la correspondance générale Arch. Guerre) indiquent que, de jour en jour, les réfractaires et insoumis rallièrent en plus grand nombre. Un exemple enlre beaucoup d'autres : les 18 bataillons à fournir par les départements de la Cbarente, de la Corrèze et de la Dordoguc ne sont pas portés pour un seul liomme dans l'état du 8 juin, et le 20 juin le général Lucotte écrit de Périgucux à Davout ; « Grâce aux colonnes mobiles, j'ai pu réunir

13 bataillons, les autres suivront. • {Arch. Guerre, Armée des Pyrénées-Occidentales.)

2. Dans son rapport du 13 juin à la Chambre des pairs, Garnot évaluait à 751440 les gardes nationaux, de vingt à quarante ans, susceptibles d'ôtre mobilisés.

3. « Vous avez eu grand tort de distribuer des fusils aux gardes nationaux sédentaires de Relhe), quel que soit leur patriotisme, car les mobilisés eux-mêmes ne peuvent être armés complètement. » Davout à Vandamme, 23 mai. (Arch. Guerre. Armée du Nord.) — Le préfet des Vosges fit donner des piques aux gardes nationaux sédentaires. « Il vaut encore mieux des piques que nen, » dit-il dans une lettre du 12 juin.

4. En 1815, la réorganisation des gardes nationales urbaines et sédentaires, opérée en vertu de l'ordonnance du roi du 18 juillet 1814, n'était pas encore, il s'en faut, complètement achevée ; mais il y avait dans toutes les villes, et même dans beaucoup de petites communes, un certain nombre de gardes nationaux pourvus d'armes et d'uniformes.

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