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CHAPITRE II

1. Le champ de bataille. — Les dispositions de Bliicher et de

Napoléon.

IL De trois heures à quatre heures : Attaques de Saint-Amand

par Vandamme et de Ligny par Gérard.

IIL De quatre heures à sept heures et demie : Contre-attaque de

BliJcher. — Apparition d'une colonne reconnue ennemie sur le

flanc de l'armée française. — Démonstration de Grouchy contre la

gauche prussienne. — Lutte acharnée à Saint-Amand et à Ligny. IV. De sept heures et demie à neuf heures et demie : Assaut final. —

Prise de Ligny. — Combats sur les coteaux. — Retraite des

Prussiens.

Face à la colline de Fleurus, s'élève en pente douce, au delà d'une plaine ondulée, une ligne de hauteurs d'un très faible relief où sont situés, à l'ouest, le village de Brye, à Test le village de Tongrinne, au centre et un peu en recul le bourg de Sombreffe. Ces positions sont en elles-mêmes d'un accès facile. Mais à leur pied serpente dans des basfonds le ruisseau de la Ligne', large de quatre à cinq mètres, encaissé dans des berges verticales de trois à quatre pieds, bordé de saules, d'aulnes, de

1. De Wagnelée à Sainl-Amand où il reçoit deux petits affluents, ce ruisseau est nommé le Grand-Ry ; de Saint-Amand au delà de Tongrinne, on l'appelle la Ligne ou le Lignj.

laissons de ronces. Ce ruisseau et le terrain raviné lar où l'on y descend forment une profonde tranchée ne tlanquent à la droite les villages de Wagnelée,

I - hameaux de la Haye et du Petit-Saint-Amand et e village de Saint-Amand ; à la gauche, le hameau le Potriaux et de Tongrinelle, et les villages de Ton- ;rinne, de Boignée et de Balàtre. Au centre, il y a e village de Ligny avec ses deux grandes fermes, .on vieux château' et son église entourée d'un cimeière en contre-haut et clos de murs. Le front de la )Osition se trouve ainsi constitué par un fossé coninu et dix bastions, les uns en avant de ce fossé îomme le Petit-Saint-Amand, La Haye, le Grandîaint-Amand, Tongrinelle, Boignée, Balàtre, les lutres en arrière comme Potriaux et Tongrinne. Le leuvième et le plus important, Ligny, est traversé dans toute sa longueur par le ruisseau.

Du moulin de Fleurus, observatoire de Napoléon, es positions prussiennes paraissaient moins fortes ju'elles ne l'étaient en réalité. L'empereur ne poui/ait se rendre exactement compte du vallonnement. Les fonds ravinés où court le ruisseau de la Ligne îchappaient à sa vue. Il lui semblait avoir devant ui une vaste plaine couverte de blés, légèrement iéclive au centre et se relevant en pente douce jusqu'à l'extrême horizon, — un vrai paysage de Beauce.

II fît chercher le géomètre du bourg, un certain Simon, qui le renseigna du mieux qu'il put'.

A midi, les quatre divisions de Zieten étaient Bncore seules en ligne avec la cavalerie de Rôder.

1. Le cliùteau des comtes de Looz, démoli aujourd'hui, était déjà à moitié en ■uines en 1813.

2. Traditions locales. — L'empereur reconnut alors que la position était « très "crie •. (Gourgaud, 53.)

Les corps de Pirch I" et deTliielmann commençaieni à peine de se masser derrière Sombreffe et Tongrinne'. L'empereur estima justement qu'il n'avail en face de lui qu'un corps d'armée". Il ne se mépril pas pour cela sur les intentions de Bliicher. « — Le vieux renard ne débuche pas », dit-il. Il conjectura que le feld-maréchal avait pris une position d'attenU où il espérait imposer assez longtemps aux Français pour donner à ses autres corps d'armée et, selor toute prévision, à l'armée de Wellington, le tempj de le rejoindre ^ Si Blticher, en effet, avait eu poui objectif de défendre avec ses seules forces ses lignes de communications, il eût pris position perpendiculairement à la route de Fleurus. L'extension de s£ droite vers Wagnelée révélait un plan de réunioi avec l'armée anglaise en marche de Bruxelles.

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