Journal de l'Isère, 9 mars
lui envoyer des adresses, les uns de leur propre initiative, les autres sur l'invitation de Bertrand1. Les plus anciens chefs de bataillon commandaient le 2e du génie,le 4e d'artillerie et le 11e de ligne, en remplacement des colonels et des majors qui avaient suivi le général Marchand. La Bédoyère et Roussille étaient restés à la tête du 7 e et du 5e de ligne. Roussille, qui avait si obstinément refusé d'ouvrir les portes de Grenoble, s'était trouvé prisonnier lors de l'entrée tumultueuse des troupes et avait dit alors à l'empereur : « — Mon régiment m'a abandonné, mais moi je ne l'abandonnerai pas », et Napoléon l'avait maintenu dans son commandement. Pendant la revue, le peuple massé sur la place Grenette accompagnait les batteries de tambours par la Marseillaise et les cris : Vive l'empereur ! A bas les Bourbons ! Vive la liberté! Tous les soldats portaient la cocarde tricolore — de vieilles cocardes fanées et usées qu'ils avaient prises au fond de leurs havresacs et dans la coiffe de leurs shakos — et, en défilant devant l'empereur, ils criaient : « C'est celle d'Austerlitz !... C'est celle de Friedland!... Je l'avais à Marengo2! »
Aussitôt après la revue, les régiments de la garnison de Grenoble (le 4e de hussards et le 7e de ligne formant tête de colonne, sous le commandement de Cambronne) se mirent en route pour Lyon3. Un