Ordres de Soult, 6 mars (Arch. Guerre
2. Préfet du Rhône à Vitrolles, 8 mars (Arch. Aff. étr., 646). Vitrolles, Mém., 298, 30f, 303. Duc d'Orléans, Extrait de mon Journal, 11, 12, 14. Fabry 71, 77. Guerre, Campagnes de Lyon en i8i4-18t5, 182.
ï. Duc d'Orléans, 12.
LE COMTE D'ARTOlS A LYON 259
compagnie d'élite des dragons vous fait littéralement la grimace1. »
Le jour suivant, comme le comte d'Artois venait de faire afficher une proclamation à l'armée et une autre « aux braves Lyonnais de la garde nationale »,il fut rejoint par le duc d'Orléans. Monsieur lui exposa la situation sans en rien cacher, et même avec une certaine bonne humeur où entrait moins de courage raisonné que de légèreté d'esprit. Le duc d'Orléans vit tout de suite qu'il n'y avait aucune chance de défendre Lyon. « — Cette affaire-ci, dit-il, ne saurait être longue. Il me semble qu'il ne vous reste d'autre chose à faire que de tâcher d'emmener les troupes et de vous replier. » Le comte d'Artois se récria. Quelle impression produirait en France l'abandon de la seconde ville du royaume ! En tout cas, avant de prendre ce parti, il voulait attendre Macdonald'. Ce maréchal avait d'abord été désigné comme lieutenant du duc d'Angoulême, mais Gouvion-Saint-Cyr, adjoint au comte d'Artois, tardant à venir et Macdonald, pour se rendre de Bourges à Nîmes, devant passer par Nevers et Lyon, Monsieur avait fait écrire au duc de Tarente de s'arrêter dans cette dernière ville3. Macdonald arriva à neuf heures du soir. On délibéra jusqu'à minuit. Les chefs de corps ayant déclaré qu'ils ne répondaient pas de faire tirer leurs hommes, l'évacuation de Lyon s'imposait à tous les esprits. Moins timoré, Macdonald proposa de tenter une dernière épreuve. Il fut résolu que le lendemain matin il passerait les troupes en revue, « leur parlerait leur langu° » et essaierait de les ramener au devoir \
1. Duc d'Orléans, 11. Cf. Vitrolles, II, 303. Fabry, 71. Guerre, 187-188.