‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 12 sur 272 · C0 francs. Moniteur, 13 juillet, supplément · texte numérisé non relu

C0 francs. Moniteur, 13 juillet, supplément

2. « Dans rette menace d'un déficit de plus de 1,600,000,000 de francs, il y avait une exagération de treize quatorzièmes au moins. » Mollien, Mém. IV, 150. — « La dette antérieure au 1er avril 1814 fut définitivement, réduite en 1817, par le résultat des liquidations, à 503, 980, 190 francs. » Gaudin, Mém. II, 2G. — « Les quinze années, sauf les rectifications qu'il ne dépend de personne de faire, ont perçu 13, 851, 382, 246 fr. et ont dépensé 14, 293, 666, 878 fr. Si ces deux sommes étaient d'une exactitude rigoureuse, le déficit de la gestion consulaire et impériale serait de 442. 284. 632 fr. Le déficit de l'empire a été probablement de la moitié de 1.300.000.000 fr. «Paul Boiteau, article Budget général de l'Etat. (Dictionnaire des Finances, I, 558-559.)

Cf. sur cette question et sur les chiffres erronés qu'avait fournis à Montesquiou un ancien chef de bureau du Trésor public, nommé Bricogne : Mollien, Mém. IV, 149-150, 167-174, et annexes I à VI. Gaudin, Mém., II, 1-25. Villèle, Mém., I, 271, 271, 278-180. Roullion, le Furet ou l'Observateur 1814, n° IV.

Les matériaux et brouillons pour l'Exposé de la situation financière du royaume existent aux Archives nationales (cartons F*c 14 à F'c 23). Dans ces pièces, plusieurs chiffres sont surchargés et majorés. Ainsi l'arriéré pour la Guerre (non compris l'Administration de la Guerre) est porté à 104 millions au lieu de 71,473,453 fr.

3. Moniteur, 23 juillet. — Une ordonnance royale du 6 juin avait déjà consacré les aliénations nationales. La vente des biens des communes, tant reprochée à Napoléon, continua sous la Restauration.

auraient voulu ne payer qu'à moitié ou même ne pas payer du tout les créanciers des gouvernements usurpateurs. Certains libéraux accusaient le ministre des finances de faire de l'agiotage. Les uns et les autres combattirent à la tribune le projet du baron Louis K La Chambre ne l'en vota pas moins, et de l'ouverture à la clôture de la discussion, la rente monta de 65 à 78 francs. Mais pour limiter les dépenses des six derniers mois de 1814 à la somme que Louis avait comprise dans l'arriéré de l'empire, il fallait faire de grosses économies. On réduisit le budget des différents ministères. Nombre d'employés furent remerciés; ils allèrent grossir la masse de mécontents que formait déjà le personnel administratif et judiciaire qui avait dû quitter les départements cédés par le traité du 30 mai \

Les principales réductions portèrent naturellement sur les services de la marine 3 et de la guerre. « Nous avons plus de soldats qu'il ne nous en faut, disait Louis, puisque nous manquons d'argent pour les

1. Moniteur' du 24 août au 3 sept. Cf. Villèle, Mém. I, 278-280.

î. Rapp. de Huss, 27 et 31 mai. (Arch. nat. F. 7,3200*.) — Une lettre du comte de La Ferronnays du 9 juillet 1814 porte à 15,000 les employés renvoyés. (Arch. nat. F. 7, 3204.) Ce chiffre parait fort exagéré, du moins à cette date, car dans les derniers mois de 1814 et les deux premiers de 1815, il y eut encore des hécatombes de fonctionnaires subalternes (Rapp. de police, 7 déc. 1814. 7 janvier, 9 févr., 1* et 2 mars 1815). (Arch. nat. F. 7, 3739.) Sur la foule des mécontents créée par la réforme des employés, Cf. Wellington à Castlereagh, Paris, 4 oct. (Dispatchs, Supplément, IX.)

3. La marine fut pour ainsi dire abandonnée. Après avoir cédé sans discussion aux Alliés, par le traité du 30 mai, 31 vaisseaux de ligne et nombre de frégates, corvettes, etc., on mit en vente une partie des bâtiments dont ce traité stipulait le retour à la France. (Decrès à Caulaincourt, 20 mai 1315. (Arch. Aff. étrangères, 1 802.) Cf. Rapp. de police, 20 août 1814. (Arch. nat. F. 7, 3783.) Des bâtiments qui étaient dans nos ports, la plupart furent désarmés. Les deux tiers des équipages furent envoyés en congé et l'on consomma tout l'approvisionnement sans rien remplacer. Au 20 mars 1815, il n'y avait à Ilot qu'un seul vaisseau, 11 frégates et 76 corvettes, flûtes, gabares et transports. « Avec un tel budget, écrivait Decrès, la marine se serait affaiblie chaque année de la valeur de sept vaisseaux de 74. » (Decrès à Napoléon, 26 mars et 15 avril 1815, et état de ia flotte au 20 mars 1815. (Arch. nat. A F., IV., 1941.)

payer ' ». Or, au mois d'avril, quand le ministre des finances tenait ce propos, l'armée, par suite des désertions en masse, comptait à peine 90,000 présents sous les armes, et les désertions ne s'arrêtaient point8. On pouvait craindre que l'espérance des Alliés, d'un licenciement de l'armée française3, ne se trouvât bientôt réalisée. Heureusement, les nombreux prisonniers des forteresses d'Allemagne et des pontons d'Angleterre, et les garnisons de Hambourg, de Magdebourg, d'Anvers, de Mayence allaient combler les vides. On aurait encore trop de soldats vu les nécessités budgétaires. Le 12 mai, le roi rendit une ordonnance sur la réorganisation de l'armée. L'infanterie fut réduite de 206 régiments à 107 4 ; la cavalerie de 99 régiments à 61 5; l'artillerie d'environ 339 compagnies à 184 6 ; le train d'artillerie de

Page 1