‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 148 sur 272 · Duc d'Orléans, 53. Cf. Vitrolles, Mém., II · texte numérisé non relu

Duc d'Orléans, 53. Cf. Vitrolles, Mém., II

il vient enfin détruire cette Charte constitutionnelle que je vous ai donnée, cette Charte mon plus beau titre aux yeux de la postérité, cette Charte que tous les Français chérissent et que je jure ici de maintenir. Rallions-nous donc autour d'elle, qu'elle soit notre étendard sacré... que le concours des deux Chambres donne à l'autorité toute la force nécessaire, et cette guerre vraiment nationale prouvera, par son heureuse issue, ce que peut un grand peuple uni par l'amour de son roi et de la loi fondamentale de l'Etat1. » Cette ardente profession de foi constitutionnelle, bien imaginée pour entraîner l'assemblée, produisit un très grand effet. Tout le monde se leva, criant : Vive le roi ! Mourir pour le roi ! Le roi à la vie à la mort 2 ! Dans les tribunes, l'émotion se mêlait à l'enthousiasme; « les yeux se mouillaient à la vue de ce patriarche des souverains, venant déclarer qu'il ne pouvait mieux terminer sa carrière qu'en mourant pour la défense de son peuple ». On rapprochait de cette déclaration le propos sublime tenu, disait-on, par le vieux monarque : « Quoi qu'il arrive, je ne quitterai pas mon fauteuil. La victime sera plus grande que le bourreau. » Et personne ne pouvant suspecter la parole royale, on était transporté3.

Au milieu de cette ovation, le comte d'Artois, exécutant un coup de théâtre convenu d'avance ou obéissant à une inspiration soudaine, s'approcha du roi et le salua comme pour lui adresser quelques mots. On fit silence. « — Sire, dit-il, que Votre Majesté me permette d'exprimer ici, en mon nom et au nom de ma famille, combien nous partageons du

i. Moniteur, 17 mars.

2. La Fayette, Mém., VI, 377. Vitrolles, Mém., II, 333. Duc d'Orléans, L'or Journal, 53. Chateaubriand, Mém., VI, 367-368.

3. Chateaubriand, Mém., VI, 368. Duc d'Orléans, Mon Journal, 47.

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