‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 166 sur 272 · CONSTITUTION DP GOUVERNEMENT IMPÉRIAL · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DP GOUVERNEMENT IMPÉRIAL

déclina l'honneur d'être de nouveau grand-juge et obtint le poste moins compromettant de directeur des ponts-et-chaussées. A son défaut, l'archi-chancelier Cambacérès fut chargé provisoirement de la justice. Davout commença par refuser le portefeuille de la guerre. L'empereur fit appel à son dévouement pour sa personne et à son patriotisme : le maréchal obéit. Il était, avant minuit, rue Saint-Dominique. La résistance de Caulaincourt fut plus difficile à surmonter. Le duc de Vicence était resté profondément attaché à Napoléon, mais c'était sur le champ de bataille qu'il voulait le servir, car il avait la sombre prévision que le rôle du ministre des relations extérieures de l'empire serait nul devant l'Europe en armes. Il avait été à la rencontre de Napoléon à mi-chemin de Fontainebleau, et durant le trajet, il avait respectueusement repoussé l'offre de ce portefeuille. Aux Tuileries, de nouvelles instances de l'empereur échouèrent encore. Ce fut seulement le lendemain que Caulaincourt se résigna à rentrer au ministère * .

Bien que Rovigo eût montré peu de zèle et encore moins d'habileté dans les derniers mois de son administration, Napoléon lui proposa de reprendre la police générale. Rovigo refusa. Il voulait se faire prier ou il sentait la tâche au-dessus de ses forces et l'opinion contre lui. Les hommes politiques, les courtisans, les officiers, qui remplissaient dans cette soirée mémorable les salons des Tuileries, désiraient, désignaient, réclamaient Fouché. La reine Hortense elle-même parlait de lui avec enthousiasme. L'ordre d'arrestation lancé contre le duc d'Otrante par le

i. Notes de Rousselin, précitées. Mollien,.a/ëro., IV, 186. Lavallette, -ï/2m., II, 164. Fleury de Chuboulon, Mém., II, 259-261. De Chénier, Davout, 432-436 Cf. Lettre de Davout à Soult (citée par M'"9 de Blocque ville, Davout, IV, 157) Bulletin des Lois, 21 mars. Fragment des Mémoires de Mole. {Revue de l* AeoolutioX XI, 89,91.)

gouvernement royal avait retourné en sa faveur l'opinion des bonapartistes. On croyait qu'il avait joué sa liberté et peut-être sa vie pour seconder l'entreprise de l'empereur. D'autres personnes, mieux renseignées, estimaient cependant qu'il fallait le nommer ministre pour avoir l'appui des anciens jacobins. Il enleva d'assaut son portefeuille en se présentant aux Tuileries le soir du 20 mars. « Laissez entrer M. Fouché ! cria-t-on. C'est l'homme qu'il importe le plus à l'empereur de voir en ce moment. » Ainsi annoncé, Fouché eut l'effronterie de dire qu'il avait fomenté, dans l'intérêt de Napoléon, la conspiration militaire du Nord. L'empereur ne se laissa pas abuser par cette imposture. Mais Fouché s'offrait. Il fallait le prendre ou se faire de lui un ennemi déclaré. Il avart d'ailleurs infiniment plus d'habileté, d'expérience et de ressources que Rovigo. L'empereur lui donna le ministère de la police. Toutefois, comme il se défiait du fourbe, il nomma à la préfecture de police et à l'inspection générale de la gendarmerie, postes où il se flattait que l'on pourrait le surveiller et le contenir, deux hommes dont il était sûr : Real et Rovigo \

Restait à pourvoir à l'Intérieur. L'empereur n'y voulait point replacer Montalivet. Il balançait entre Costaz et Lavallette. A l'offre de l'empereur, Lavallette répondit par un refus motivé sur son désir de garder les postes « où il pourrait rendre plus de services ». Il ajouta ce bon conseil : « Il faut au ministère un homme qui ait un nom éclatant dans la Révolution. » C'était désigner Carnot dont le Mémoire au roi avait rajeuni la popularité. Napoléon, vraisem-

1. Rovigo, Mém., VII, 385-387. Fragment des Mémoires de Mole, précité. Lavallette, Mém., IL 163. Fleury de Chaboulon, Mém., I, 261. Montholon, Récits, II, 187, 188, 202. 308. Cf. Mém. de Fouché, II, 314-316. Napoléon, Œuvres de Sainte-Hélène (Corresp., XXXI, 92), et les Notes précitées deRousseiin,

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