‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 168 sur 272 · LE ROI A LILLE · texte numérisé non relu

LE ROI A LILLE

vaient seconder les populations royalistes. Dans la nuit du 20 au 21 mars, Napoléon écrivit à Davout de télégraphier au commandant des places de la 16e division militaire d'en refuser l'entrée au roi, aux princes et à leurs agents \ En même temps, il donna l'ordre verbal à Exelmans de réunir ce qu'il pourrait de cavalerie et de se mettre à la poursuite des débris de l'armée royale*.

Le roi, qui voyageait en poste, avait dès le premier jour devancé de deux étapes sa Maison militaire, ces troupes marchant à l'allure ordinaire sous le commandement du comte d'Artois, du duc deBerry et deMarmont. En quittant Paris, il comptait aller à Lille où il était entendu que les Chambres seraient convoquées et la résistance organisée. Mais chemin faisant, Louis XVIII réfléchit, et soit qu'il jugeât la lutte inutile, soit qu'il craignît pour sa personne, le résultat de ses méditations fut que le plus simple et le mieux serait peut-être de gagner tout de suite l'Angleterre. En attendant de prendre une détermination, il quitta la route directe de Lille par Amiens et vint coucher à Abbe ville ; là, il se trouvait à proximité de Dieppe et de Boulogne 3. Le lendemain, 24 mars, après une Ion-

1. Napoléon, Corresp., 21, 692. — Conformément à cet ordre, Davout expédia le 21 à 6 h. 42 m. du matin la dépêche suivante : « L'empereur esta Paris. Il a nommé pour son ministre de la guerre le maréchal prince d'Eckmùhl. Il prescrit de refuser l'entrée des places au roi, aux princes et à tous les agents des Bourbons. » (Arch. Guerre.)

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