L'OPINION EN EUROPE
Alors le petit prince, l'attirant tout contre la croisée, lui dit très bas : « — Monsieur Méva, vous lui direz que je l'aime toujours bien1. »
Dans les casernes de Bruxelles, on criait : Vive l'empereur! à Gand, le peuple se moquait des émigrés ; à Liège, à Mayence, à Aix-la-Chapelle, à Trêves, à Spire, à Luxembourg, les populations molestées par les Prussiens préparaient des cocardes tricolores. En Piémont, des soldats désertaient pour s'engager dans l'armée française. En Westphalie et dans le Mecklembourg, où Napoléon avait aboli le servage et les corvées féodales, son nom était resté cher \ux petits. A Dresde, on illumina quand on apprit l'évasion de l'île d'Elbe2. Mais les voix isolées des partisans de Napoléon se perdaient dans l'immense clameur de l'Allemagne, au cœur de laquelle la crainte d'une nouvelle invasion avait réveillé la haine des Français3. Les journaux publiaient la Dé-