HOSTILITÉ DES MAIRES
faut que l'administration elle-même ait bien peu de confiance dans la durée de l'empire M « Le proviseur de Lyon défendait aux élèves de crier : Vive l'empereur! dans la cour du lycée. M. de Wailly agit de môme au lycée Napoléon ; il y eut de sévères punitions qui provoquèrent une révolte générale, et le grand-maître de l'Université donna raison au proviseur ! Un rapport du préfet de l'Hérault mentionne qu'un instituteur de Lodève a pris la fuite après avoir imprimé au fer rouge une fleur de lys sur le bras de plusieurs de ses écoliers2. Ce bourreau d'enfants était bien digne du nom de « convulsionnaire royaliste » que les patriotes lorrains donnaient à leurs adversaires3.
Dans une lettre pastorale, l'évoque d'Agen enjoint à son clergé d'exhorter les bons catholiques à n'obéir qu'au roi légitime. L'évêque de Vannes déclare que jamais il ne chantera un Te Deum pour le tyran. L'évoque de Soissons écrit au ministre des cultes qu'il ne reconnaît d'autre souverain que S. M. Louis XVIII4. Le curé d'Haineville met le village en interdit comme en plein moyen-âge; il n'y a plus ni office divin ni sacrements. Le curé de Villeneuve-d'Agen annonce qu'il va fermer l'église. Le clergé tout entier du département du Nord, jusqu'aux religieuses du couvent d'Esquermes qui font copier à leurs élèves les proclamations de Louis XVIII, se croise pour les Bourbons. En Alsace, les prêtres menacent de damnation éternelle les
i. Note de Huss, Paris, 22 mars. Rapport général, 30 mai. (Arch. nat. F. 7, 3200*, F. 7, 3740.)
2. Rapports du préfet de Lyon, 8 juin et du préfet de l'Hérault, 29 mai. Napoléon à Carnot, 8 mai. (Arch. nat. F. 7, 3774, AF. IV, 907.) Barry, Cahier d'un Rhétoricien de 1815, 113-134.