‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 227 sur 272 · Le Censeur, n° V · texte numérisé non relu

Le Censeur, n° V

3. Legoux à Real, Paris, 24 avril. (Arch. nat., F. 7, 3t5&8, »*.)

Au commencement du mois de mai parurent trois nouveaux journaux quotidiens : L'Indépendant (inspiré, dit-on, par Fouché), très hostile* aux Bourbons mais non moins hostile au pouvoir absolu et « écrit pour les braves chargés de la défense de la patrie et de la liberté * ; L Aristarque, se donnant également comme dynastique libéral; Le Patriote de *>9, bonapartiste jacobin. Il était rédigé par le septembriseur Méhée et on le surnomma le Journal de la Lanterne et le Sans-Cuioltc de 93. D'autres feuilles hebdomadaires ou bi-mensuelles vinrent faire concurrence au Censeur et au Nain Jaune : Le Censeur des Censeurs et Le Nain Vert, tous deux royalistes masqués, et L'Ami du peuple, sorte de Père Duchêne bonapartiste, beaucoup moins grossier, toutefois, et beaucoup moins violent que le journal d'Hébert. C'était un Père Duchène toujours de bonne humeur, parlant le langage familier sans emprunts au dictionnaire poissard, dénonçant les émigrés et les fonctionnaires « qui bourbonisent l'opinion », sans réclamer contre eux d'autres mesures que de sévères avertissements, et appelant tous les citoyens h la fraternité et à la défense de la patrie.

Il y eut aussi le Journal du Lys. Cette petite gazette, qui portait à la première page une tige de lys avec ceite épigraphe: « Sa douceur guérit la piqûre de l'abeille », était imprimée clandestinement, paraissait à des intervalles irréguliers et n'avait point d'abonnés. On en jetait des numéros, la nuit, sous les portes cochères1. Le Journal du Lys publiait les ordonnances du roi émigré, les déclarations des puissances, des extraits des gazettes gallophobes d'Outre-Rhin, des nouvelles des départements où l'on annonçait Ja

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