‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 226 sur 272 · Miss Héléna Williams, Relation des événements, 39, note · texte numérisé non relu

Miss Héléna Williams, Relation des événements, 39, note

3. Général Hugo à Davout, Thionville, 13 mai. (Arch. Guerre.) — Converti aux idées régnantes qu'il fallait, selon le vieux principe de l'hilote Ivre, donner la plus grande publicité aux attaques contre l'empereur, le Nain Jaune avait publié dans le n° du 10 mai le fragment d'une brochure 1res violente : Bonaparte au 4 mai.

Fouché aurait dû comprendre que de pareils hommes seraient incorruptibles. Mais il avait des autres la même opinion que de lui-même, c'est-à-dire la plus mauvaise. Au commencement d'avril parut le numéro V du Censeur. Comte y niait les droits de Napoléon à l'empire et y déclarait que le gouvernement n'était que provisoire. La livraison fut saisie chez les libraires et chez l'imprimeur par un agent subalterne. L'opinion s'émut justement. Quelle confiance avoir dans les déclarations libérales de Napoléon qui faisait saisir un journal par mesure administrative quinze jours après avoir supprimé la censure ! Comte réclama à la préfecture de police et à la police générale. « On a le droit de me poursuivre, disait-il, mais on n'a pas le droit de saisir le Censeur. » Fouché, qui d'ailleurs était partisan de la mesure, et Real se retranchèrent derrière de prétendus ordres de Napoléon. Regnaud et Benjamin Constant intervinrent auprès de l'empereur. Les exemplaires furent rendus1. Comte s'empressa d'ajouter à la livraison une demi-feuille remplie d'outrageantes plaisanteries contre l'armée : « Il faut remplacer l'ordre de l'éteignoir par l'ordre du sabre... Reste à démontrer l'influence de la moustache sur le raisonnement... Qu'est-ce que la gloire? Un lion qui fait trembler tous les animaux a-t-il de la gloire ?... La bravoure est-elle estimable en soi? Celui qui brave les voyageurs pour leur enlever leur bourse est-il estimable 2 ! » Des poursuites judiciaires furent alors demandées au procureur général Legoux qui déclara qu'il ne croyait pas devoir en ordonner3.

1. Le. Censeur, n° VI, 331. Benjamin Constant, àfêm., II, 98. àfém. sur Càrnot, II, 426. Cf. la lettre de Fouché à Mme de Custine (citée par Bardoux, Mm* de Custine, 237).

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