‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 23 sur 272 · Rapporta Dupont, 20 juin. (Arch. Guerre · texte numérisé non relu

Rapporta Dupont, 20 juin. (Arch. Guerre

3. Lettres de préfets et rapports de police, 2, 3, 10, 11, 16, 23, 26-juillet, 10, 14, 15, 24, 30 août, 4 septembre, 4, 11, 24 octobre. (Arch. nat. F. 7, 373S et 3773.) Beugnot à Dupont, 23 juillet. Rapports à Dupont, 26 juin, 16 et 23

bourg. Les habitants s'arment, la poudre parle, le sang coule. Le 6 septembre, à Bordeaux, pendant une revue de départ, un bataillon se forme pour défiler. Au commandement : En avant ! marche ! les hommes font iront, posent leurs armes à terre, et d'une seule voix crient: Vive l'empereur ! l

La vieille garde, fidèle comme elle l'avait toujours été, au devoir militaire, ne se laissait pas entraîner à ces actes d'indiscipline *. Mais sa tristesse profonde et continue décelait ses sentiments8. Les regrets et les rancunes que ces vieux soldats renfermaient stoïquement en eux-mêmes leur rongeaient le cœur. Dans les revues des différentes garnisons, le duc de Berry avait entendu, mêlés à de rares acclamations, plus d'un vivat séditieux *. A Metz et à Nancy, les grenadiers et les chasseurs gardèrent un silence farouche. Quelques-uns de ces vétérans réclamaient leur congé. Le prince interpella un chasseur décoré qui comptait vingt-huit ans de services : — « Tu n'as plus que deux ans à faire pour avoir ta retraite. Pourquoi veux-tu quitter l'armée? » — « Monseigneur, répondit le vieux soldat, c'est parce que notre père n'est plus là5. »

Le 1.5 août, on fête bruyamment la saint Napoléon

1. Lettres à Beugnot du Préfet du Nord, 8 juillet; du sous-préfet d'Arles, 24 juillet ; du Préfet de la Gironde, 7 sept. (Arch. nat. F. 7, 3773 ; F. 7, 3738.)

2. Général Dumonceau à Dupont, Metz, 26 août. (Arch. Guerre.) — En avril, en mai, et en juin, la vieille garde avait bien crié comme les autres corps : Vive l'empereur ! A bas Louis XVIII ! (Agenda du général Pelet.) Maison à Dupont, 28 juin. (Arch. Guerre.) Sous-préfet de Fontainebleau à Beugnot, 23 juin. (Arch. nat. F. 7, 3773). Mais elle était rentrée vite dans le devoir.

3. Procureur du roi à Beugnot, Fontainebleau, 5 juillet. (Arch. nat. F. 7, 3773.) Rapp. général sur l'esprit des troupes de la 16e division militaire. (Arch. Guerre, à la date du 24 mars 1815.)

4. Rapport général précité. Général de Verrières à Dupont, 6 octobre. (Arch. Guerre.) Rapports de police et lettres des préfets, 20, 21, 22 oct., 4 novembre. (Arch. nat. F. 7, 3739.)

5. Rapport général de police, 4 novembre. (Arch. nat. F. 7, 373»;

dans les casernes de Cherbourg, de Brest, de Besançon, de Sarlat, de Montpellier, d'Arras, de Boulogne, de Landau, de Luxembourg. A Metz, les canonniers veulent tirer une salve; à Paris, les officiers boivent « au Tondu » chez Véry et autres restaurateurs ; à Rouen, le quartier de cavalerie est illuminé1. Dix jours plus tard, pour la saint Louis, le ministre de la guerre et les municipalités s'efforcent d'exciter l'enthousiasme des troupes en ajoutant à l'ordinaire. A Paris, chaque soldat reçoit 80 centilitres de vin ; à Belfort, une livre de pain, une livre de viande et un litre de vin ; à Strasbourg, on donne de l'eau-devie2. La troupe mange bien et boit bien, mais ses sentiments n'en sont guère modifiés. Après avoir vidé nombre de futailles et assisté à un feu de joie en l'honneur du roi, la garnison de Périgueux brûle toutes les barriques vides en disant : « — Voilà un feu de joie pour l'empereur qui est b.... plus beau que l'autre ?. » A Dôle, un royaliste orne sa demeure d'un grand transparent représentant une aigle abattue sous une fleur de lys, avec cette légende : Aquila rapax sub humile flore cadit. Bien que peu latinistes, les hussards comprennent. Ils brisent à coups de pierres le transparent et toutes les vitres de la maison. Le plus curieux, c'est que le préfet du Jura donne tort au royaliste « qui a offensé l'armée dans un symbole qui lui est cher4 ». A Paris, les soldats choisissent tout justement le jour de la tint Louis pour effacer la nouvelle inscription placée

1. Jourdanà Dupont, 15 août. Rapport des bureaux au même, 23 août. (Arch. Guerre.) Corresp. des Préfets, 15, 16, 17 août. Rapp. général de police, 23 août. (Arch. nat. F. 7, 3733, F. 7, 3773, F. 7, 3203.)

2. Etat sommaire des distributions accordées par la ville de Paris (daté du Z\ août). Rapport de Kellermann, 1er sept. Jourdan à Dupont, 26 août. (Arch. Guerre.) Rapport de police, 26 août. (Arch. nat. F. 7, 3773.)

3. Préfet de la Dordogne à Reugnot, 26 août. (Arch. nat. F. 7, 3773.)

4. Préfet du Jura à Beugnot, 26 août. (Arch. nat. F. 7, 3773.)

à l'entrée de la caserne de la Pépinière : « Les lys manquaient à nos lauriers1 ».

Louis XVIII, ce gros homme rivé à son fauteuil, ce chef nominal des armées qui ne peut monter à cheval, est la risée des troupes. On le chansonne outrageusement, on insulte ses emblèmes, on souffleté son buste dans des repas de corps. Son nom devient synonyme des termes les plus grossiers 2. A l'exercice à feu, les canonniers du 6e d'artillerie comptent les coups ainsi : « Seize!., dix-sept!., dix-huit! comme un cochon. » En jouant aux cartes, les soldats disent: cochon de trèfle, cochon de pique; à l'écarté, ils marquent le cochon ; au piquet, ils annoncent : quinte au cochon 8.

Les prisonniers de guerre, qui étaient versés dans les corps à leur rapatriement et qui formèrent bientôt la majorité des présents sous les armes — d'Angleterre seulement, il revint 69.554 hommes 4 — se montraient les plus animés contre les Bourbons. <( Loin d'être reconnaissants envers le souverain qui les rend à la liberté, écrivait le comte de Ferrière, commissaire extraordinaire dans les départements de l'Ouest, les prisonniers se déclarent ouvertement pour celui qui les a jetés dans les fers. » Le général comte de Langeron, émigré resté au service de la Russie, écrivait de son côté : « Nous vous renvoyons des prisonniers abominables. C'est une vraie peste3! » Dans

1. Rapport général de police, 18 septembre. (Arch. nat. F. 7, 3733.)

2. Comte de Champagne à Dupont, Lons-le-Saulnier, 18 juin. Rapport au même, Rouen, 25 juin. Rapport au même, Toulon, 16 juillet. Chevalier Durand au même, Resançon, 29 sept. Sous-préfet de Brest au commandant de place, 8 oct. (Arch. Guerre.) Rapp. de police, et corre.sp.des Préfets, 1er, 8 et cn juillet, 25 août, 7 sept, il déc. (Arch. nat. F. 7, 3738, F. 7, 3773.)

3. Corresp. des préfets et rapports de police, 27 juillet, 29 août, 17 et 30 oct., 19 février. (Arch. nat. F. 7, 3738, F. 7, 3739, F. 7, 3773.)

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