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dos circonstances, anti-patriotique? Benjamin Constant n'était inféodé à aucun parti. Il s'était dévoué à la seule cause de la liberté. Si de la base au faîte de l'édifice social il trouvait la liberté, que lui importait un. empereur ! Il ne commit point d'apostasie puisque bien loin de se rallier aux idées de Napoléon et d'épouser ses intérêts, il lui imposa ses propres idées dans le dessein de le désarmer. Benjamin Constant prétenù, au reste, qu'il hésita à accepter l'offre de l'empereur. En tout cas, les hésitations du publiciste furent de courte durée, puisque le lendemain et les jours suivants, il revint aux Tuileries pour exposer ses théories gouvernementales à l'empereur et qu'il lui remit bientôt un plan complet de constitution, rédigée article par article1.
Comme Chateaubriand l'a écrit avec une admirable naïveté dans le Joitmal de Gand, cette constitution c'était la Charte royale améliorée2. C'était la Charte avec l'éligibilité conférée à tous les Français et l'électorat direct étendu de quinze mille à cent mille citoyens ; la Charte avec la censure préalable supprimée , tous les délits de presse déférés au jury, les cours prévôtales abolies, les seuls délits militaires ressortissant aux tribunaux militaires, la liberté des cultes sans religion d'Etat, l'interprétation des lois échappant aux ministres, la publicité de la Chambre des pairs, le droit d'amendement reconnu en entier aux deux Chambres, la faculté pour chacune d'elles d'inviter
1. Benjamin Constant, Mém., II, 26, 30-49.— Benjamin Constant prétend qu'il n'est pas l'auteur de la constitution tout entière. C'est jouer sut* les mots. Sans doute il y eut plus d'un article modilié où ajouté par l'empereur et par la commission, maisl'Acte additionnel dans son ensemble n'en est pas moins l'œuvre de Benjamin Constant.
2. € La nouvelle constitution est un hommage à votre sagesse. C'est, à quelques différences près, la Charte constitutionnelle Bonaparte a seulement devancé, avec sa pétulance accoutumée, les améliorations et les compléments que votre prudence méditait. » Kapport au roi {Journal de Gand. n* 9).