Relation de Malartic. (Arch. Guerre, Armée de l'Ouest
2. Relation de Suzannet (Arch. Guerre, Armée de l'Ouest), D'Autichamp, Camp, de 1815 dans la Vendée, 30, 41.
mal et étaient à peu près incapables de soutenir un combat de nuit. Il régla sa marche de façon à arriver à x\izenay le 20, vers onze heures du soir. L'armée royale n'avait ni grand'gardes ni petits postes. Les impériaux pénétrèrent jusqu'au milieu du bourg sans être signalés. Quelques coups de feu ayant alors donné l'alerte, les vendéens se précipitèrent hors des mai sons et s'entassèrent dans les rues, pareils à des moutons chassés de l'étable par un incendie. Dans leur affolement, ils tiraient les uns sur les autres. Un beau-frère de La Rochejaquelein et le jeune Charette furent blessés à mort en s'efforçant de rallier leurs gars. Après deux heures de combat, les vendéens se réfugièrent dans les bois avoisinants et Travot resta maître d'Aizenay*.
A la suite de cette échauffourée, nombre de paysans regagnèrent les villages. La masse était découragée, les chefs étaient désunis. Le marquis de La Rochejaquelein s'était arrogé le commandement en chef en vertu d'un prétendu ordre du roi2. Il y avait là au moins de quoi étonner Sapinaud comme Suzannet, d'Andigné comme d'Autichamp. Vétérans des guerres de la Vendée, auxquelles Louis de La Rochejaquelein n'avait pas pris part, tous quatre étaient ses égaux ou ses supérieurs en grade: Puisque le roi le voulait, ils se résignèrent à obéir au colonel de ses grena-
1. Rapport de Travot, 28 mai. Relation de Suzannet. (Arch. Guerre.) Canuel, Mém. sur la guerre de Vendée, 59-60, 73-76. — Travot n'avait avec lui que 530 hommes des 43° et 61e, 103 gendarmes à pied, 80 gendarmes à cheval, 142 canonniers et 246 chasseurs de la Vendée.
2. « Le roi m'a ordonné de prendre provisoirement le commandement en chef. «Lettre de La Rochejaquelein à d'Autichamp, Cerisay, 23 mai (citée par d'Autichamp, Camp, de i 815 en Vendée, 52).
Louis XVIII avait si peu ordonné à La Rochejaquelein de prendre ce commandement que, le 11 juin, Clarke écrivait à celui-ci ; « Le roi ne peut approuver, monsieur le marquis, que vous ayez pris, m^ne provisoirement, Je titre de général en chef, parce que cela contribuera b réveiller les jalousies. » (Lettre citée par d'Autichamp, 52, note.)