LA MORT DE LA ROCHEJAQUELEIN
sincèrement leurs regrets du « malentendu » qui les avait empêchés de se porter dans le Marais et se déclarèrent prêts à continuer la guerre1. Pour se disculper de tout soupçon d'avoir écouté les émissaires de Fouché, ils rudoyèrent l'envoyé du général Lamarque qui leur apportait l'acceptation des conditions qu'eux-mêmes avaient posées2, et pour assurer dans l'avenir l'unité de commandement, qui leur vivait fait défaut, ils nommèrent Sapinaud général en chef3. Mais les mêmes sentiments, les mêmes retards, le même mauvais vouloir se reproduisirent4. Au fond, sauf Auguste de La Rochejaquelein, les commandants de l'armée royale voulaient attendre le résultat de la première bataille sur la frontière pour rendre leur épée ou la tirer une seconde fois du fourreau. Les paysans étaient licenciés. Les colonnes mobiles parcouraient librement presque toute la rive gauche de la Loire, rétablissant les drapeaux tricolores, ramassant une quantité de fusils et s'emparant de quatre canons anglais abandonnés dans le Marais5. Jusqu'au 16 juin, date d'une nouvelle prise d'armes à laquelle les généraux vendéens ne se prêtèrent qu'à contre-cœur et sous la pression d'Auguste de La Rochejaquelein, devenu major général6, il y eut une sorte de trêve imposée autant
1. D'Autichamp, Camp, de Vendée, 95-98. Relation de Suzannet. (Arch. Guerre, Armée de l'Ouest.)
2. Lettre de Lamarque aux généraux vendéens, Nantes, 9 juin. Rapport de Lamarque àDavout. Nantes, 11 juin. (Arch. Guerre, Armée de l'Ouest.) Canuel. Mém. sur la Guerre de Vendée, 207-209.
3. Relation de Suzannet. (Arch. Guerre.) D'Autichamp, 99-100. Canuel, 205-207.
4. Canuel, 209-212, 216-227, 232. Cf. D'Autichamp, 102-120, et la Relation de Suzannet (Arch. Guerre) : « La plus grande division règne entre nous. On s'accuse mutuellement. »
5. Lamarque à Davout, Nantes, 9 juin. Travot à Lamarque, Challans, 14 juin. (Arch. Guerre, Armée de l'Ouest.) Canuel, 210-211. D'Autichamp, 102. (Cf. Lettre de Saint-Hubert, 17 juin, citée par le même, 109-120.) Relation de Suzannet. Cf. Rovigo à Davout, 20 juin. (Arch. Guerre.)