‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 25 sur 272 · Arrêté du préfet de l'Ain, 13 nov. (Arch. Guerre · texte numérisé non relu

Arrêté du préfet de l'Ain, 13 nov. (Arch. Guerre

l'ordinaire, par des danses et des feux de joie * Le 2o août, jour de la saint Louis, la musique de la garde nationale de Périgueux refuse de jouer au Te Deam. A Tournus, on brise l'écusson royal qui décore le balcon de l'Hôtel de Ville. Dans l'Isère, les paysans contraignent des gendarmes, qui d'ailleurs ne résistent que pour la forme, à crier avec eux : Vive l'empereur! A Saint-Brieuc, une bande de forcenés envahit l'église au milieu de l'office en proférant ce môme cri. A Auxerre, la foule promène un mannequin représentant Louis XVIII, affublé d'une jupe de femme 2.

On colporte des chansons bonapartistes. Il circule des médailles, des pièces de monnaie à la double effigie de Napoléon et de Marie-Louise portant au revers : « Courage et espérance ». D'autres représentent une aigle endormie ayant en exergue : « Elle se réveillera ! » D'autres, un lion sommeillant, avec cette légende : « Le réveil sera terrible. » L'architecte, chargé d'élever à Calais la colonne commémorative du débarquement de Louis XVIII, reçoit une lettre anonyme où on lui conseille de faire cette colonne à roulettes, afin qu'elle puisse suivre le roi quand il partira de nouveau pour l'exil. On affiche des placards portant : « Amis du grand Napoléon, réjouissez-vous. Nous l'aurons sous peu de temps. Les royalistes tremblent. » « Vive l'empereur! Il a été et il sera. » « Français, réveillez-vous! Napoléon s'éveille3. » Les

i. Bulletins généraux de police, 17 et 23 août. (Arch. nat. F. 7, 3773.)

2. Souham à Dupont, Périgueux, 4 sept. (Arch. Guerre.; Bulletins généraux de police, 28 août, 3, 16 sept. (Arch. nat. F. 7, 3773, F. 7, 3738.)

3. Lettres de préfets et de maires et rapports de police, 29 juin, 14 et 17 août, 6 octobre, 17 novembre, 16, 17, 20 et 31 décembre. (Arch. nat. F. 7, 3773.) Sous-préfet de Brest au général commandant la place, 8 octobre. Rapport au roi sur la situation politique et militaire, 24 décembre. Soult à Caffarelli, 27 décembre. (Arch. Guerre.)

Parmi ces placards, il est curieux de citer celui-ci qui fut affiché À

paysans comme les ouvriers des villes croient au retour prochain de l'empereur, « qui est encore un Dieu pour bien des gens » 1. Le bruit se répand le 12 juillet qru3 Napoléon est en route ; on dit qu'à Lyon, on a déjà quitté les cocardes blanches2. Un policier reproche à un marchand de tabac de n'avoir fait mettre qu'une légère couche de peinture sur les armes impériales qui décoraient sa boutique. « — Eh ! répond l'homme en riant, comme ça, j'aurai moins de peine à les rétablir 3 . »

A côté des bonapartistes qui manifestent ouvertement leur opinion, qui parlent tout haut de Napoléon, qui annoncent sans cesse son retour, qui affichent des placards, qui chantent la Marseillaise, qui insultent les emblèmes royaux, qui crient : Vive l'empereur ! au défilé des troupes et à la barbe des policiers, à côté des bonapartistes militants, il y aies bonapartistes timides, les bonapartistes secrets, les bonapartistes mystiques. Il y a ceux qui pensent toujours à

Bourges. (Rapport au roi sur la situation politique, .28 décembre. Arch

Guerre.)

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