‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 251 sur 272 · FOUCHÉ · texte numérisé non relu

FOUCHÉ

quand aucun de ses courriers ne pouvait passer les avant-postes prussiens et bavarois, quand Flahaut était arrête à Stuttgard et le baron de Stassart emprisonné à Linz, ce fut le duc d'Otrante qui conseilla d'envoyer à Vienne des créatures à lui et à Talleyrand : Montrond, Saint-Léon, Bresson de Valensoles. Les frontières rigoureusement fermées aux serviteurs de Napoléon s'ouvrirent comme par enchantement devant les émissaires de Fouché1.

Fouché imagina encore de détacher le czar de la coalition par l'influence de Laharpe, son ancien précepteur. Alexandre le traitait toujours amicalement et orientait quelquefois sa politique d'après ses conseils. Laharpe se trouvait à Zurich. On lui envoya son ami Ginguéné qui, devenu bonapartiste par haine des Bourbons, plaida ardemment la cause de l'empereur. Laharpe l'écouta sans trop le décourager et l'invita même à exposer la question dans un Mémoire qu'il promit de communiquer au czar2. Toutes ces négociations échouèrent, mais Napoléon n'en était pas moins redevable à Fouché d'avoir suggéré les unes et facilité les autres en perçant la Grande-Muraille

i. Fouché à Caulaincourt, s. l.n. d. (Paris, avril) (Arch. Aff. étr., 1801). Cf. 1815, 1,445-448.

2. Fouché à Caulaincourt, 24 avril. Ginguéné à Laharpe, Zurich, Ie' juin (Arch. Aff. étr., 1801, 1802).

Une copie du Mémoire de Ginguéné existe aux Arch. des Affaires étrangères : « On ne trouve rien de pareil dans l'histoire au retour de l'île d'Elbe, dit Ginguéné. L'empereur a été reçu comme un libérateur par la France avilie, opprimée, humiliée par les Bourbons... Napoléon n'a pas changé, mais il a trop de jugement pour que les circonstances ne s'imposent pas à lui. Il lui faut des années pour se préparer à la guerre, et il sait que la France ne veut pas de la guerre. La seule chose qui pourrait le faire se livrer à sa manie conquérante serait que les Alliés l'attaquassent Les Alliés iraient donc contre leur but en lui déclarant la guerre... » Ginguéné expose ensuite les détails delà nouvelle constitution ; il s'écrie: « Quel est le peuple qui jouit de pareilles institutions! » Sa conclusion est : « II n'est pas d* l'intérêt de l'Europe d'attaquer la France. C'est injuste, c'est dangereux. Les Alliés pourront remporter un premier succès en raison de leurs masses, mais quand ils entreront en France ils auront, contre eux la nation entière, à en juger du moins pas l'exaltation qui règne, t

que l'Europe avait élevée autour dt la France.

Fouché s'employait avec d'autant plus de zèle à procurer à son souverain les meilleurs émissaires qu'il s'en servait pour ses propres intrigues. Si Bresson et Montrond portèrent à Vienne les paroles de Napoléon, ils y portèrent du même coup les paroles du duc d'Otrante, et celles-ci n'auraient sans doute pas eu l'approbation de l'empereur. Saint-Léon remit à Metternich cette lettre deFouché : «On vous trompe. Non seulement l'armée mais le peuple ont rappelé Napoléon. De quel droit nous empêcher d'avoir le souverain qui nous convient? Le peuple français veut la paix, mais il sera terrible dans la guerre. Avant peu, il y aura sous les armes un million d'hommes exaltés. Tous les trônes s'écrouleront au cri de: Liberté ! poussé par les armées françaises. Donc détournez la guerre de nous et de vous. » Mais très vraisemblablement, en môme temps que cette lettre, qui avait été soumise à l'empereur, Saint-Léon donna à Metternich une autre lettre de Fouché, conçue en termes fort différents '.

Depuis le commencement d'avril, les deux ministres étaient en correspondance secrète. Tandis que Fouché chargeait les émissaires de Napoléon de messages occultes pour Metternich, celui-ci fit passer au duc d'Otrante, par un prétendu commis d'une banque de Vienne, un billet à l'encre sympathique, l'invitant à envoyer à Baie une personne de confiance « qui y trouverait à qui parler*. » Fouché s'occupait

1. Fouché à Caulaincourt, s. 1. n. d. (avril). Fouché à Metternio.h, Paris, 23 avril, (Arch. Art', etr., 1801 ) Cf. Fleury de Chaboulon, Mém., II, 42, 45. Chateaubriand, Mem. VI, 433-434.

2.» Les puissances ne veulent pas de Napoléon Bonaparte. Elles lui feront une guerre à outrance et désirent ne pas la faire à la France Elles désirent savoir ce que la France veut et ce que vous voulez. Envoyez une personne qui possède votre confiance exclusive au lieu que vous indiquera

sans doute à chercher « cette personne de confiance » lorsque la présence de l'agent de Metternich fut signalée à l'empereur par le banquier Perrcgaax fils chez qui il avait présenté une lettre de crédit. Arrêté et conduit à l'Elysée, cet homme avoua la mission qu'il avait remplie auprès de Fouché ex indiqua môme le signe de reconnaissance qui devait servir aux deux agents pour leur rencontre à Baie. L'empereur, qui gardait encore des illusions sur son ministre de la police, le manda incontinent, espérant qu'il allait de lui-môme donner le billet de Metternich. Le duc d'Otrantene fit aucune confidence. Napoléon songea alors à faire arrêter Fouché et à faire saisir ses papiers, mais il réfléchit que le personnage était trop habile et trop prudent pour avoir rien conservé de compromettant. Le meilleur moyende connaître la vérité serait d'envoyer au rendez-vous un homme sûr qui se présenterait comme mandataire du duc d'Otrante. Napoléon confia cette mission à Fleury de Ghaboulon, dont le voyage à l'île d'Elbe lui avait fait apprécier la valeur et le dévouement et qui était devenu un de ses secrétaires1.

le porteur. Elle y trouvera à qui parler. » Metternich à Fouché, 9 avril. {Metternich, Mém.', II, 516.)

Pris cle scrupules après coup, Metternich prétend (Mém., I, 207-208) que c'est Fouché qui avait sollicité cette entrevue par l'envoi d'un agent secret à Vienne. Mais du texte même de sa lettre précitée et de celui des instructionsà Ottenfels (Metternich, Mém., II, 514-515) : «... M. d'Ottenfels se dira envoyé à Bàle pour s'aboucher avec la personne de confiance envoyée par M. le duc d'Otrante en vertu d'une invitation qui lui aurait été adressée directement à Paris, » il semble bien ressortir que c'est Metternich et non Fouché qui provoqua cette entrevue. De plus, si Fouché avait envoyé un agent à Vienne pour la solliciter, Metternich aurait donné sa réponse à cet agent au lieu de la confier à un autre émissaire. C'eût été beaucoup plus Simple et beaucoup plus sûr.

1. Fleury de Chaboulon, Mém., II, 10-13. Metternich, Mém., I, 208. Lavallette, Mém., II, 182. Rovigo, Mém., VIII, 32-33. Las-Cases, Mémor., III, 54-55. Napoléon, L'île dElbe et les Cent Jours. (Corresp., XXXI, 122-123.) — Le Viennois «,abit ensuite un autre interrogatoire de Péal (Napoléon à Real, 29 avril. Arch. nat. AF. IV, 907). Cf. Pasquior, Mém., III, 196, 199.

Le 28 avril, l'empereur donna ce sauf-conduit à Fleury : « Le général

Le 3 mai, Fleury descendit à l'hôtel des Trois-Rois, à Bàle. Il y trouva l'agent de Metternich, le baron d'Ottenfels. secrétaire aulique, qui avait pris pour la circonstance le nom de Henri Werner. Au début de l'entretien, ils restèrent l'un et l'autre sur la réserve, car Ottenfels attendait les ouvertures de l'affidé de Fouché, et Fleury, qui ignorait le texte du billet de Metternich, appréhendait de se trahir en parlant sans être un peu renseigné. Ottenfels finit par s'expliquer. « L'Autriche etses alliées, dit-il en substance, sont déterminées à faire une guerre à outrance à Napoléon, mais elles désireraient ne pas la faire à la France pour éviter l'effusion du sang. M. de Metternich a pensé que le duc d'Otrante pourrait seconder puissamment les vues de l'Europe. Les Alliés sont très partisans du rétablissement des Bourbons ; toutefois, ils donneront des garanties que Louis XVIII ne rentrera en France qu'en vertu d'un pacte nouveau ; que les émigrés n'auront aucune influence dans son gouvernement et qu'il prendra un ministère libéral dont pourraient faire partie le duc d'Otrante et Carno-t. Si la France voulait le duc d'Orléans, au lieu de Louis XVIII, les puissances s'emploieraient pour obtenir l'abdication du roi ; si môme la France voulait la régence, on ne s'y refuserait pas. Mais l'Autriche, la première, est loin de désirer la régence, pour des raisons de politique et de famille. » C'étaient là d'ailleurs, insinua Ottenfels, des questions subsidiaires. Le point important était que la France et l'Europe fussent délivrées de Napoléon.

Très curieux d'apprendre de quelle façon Metternich entendait qu'on le délivrât de Napoléon, Fleury dit

Rapp, les généraux commandants à Huningue et nos agents civils et militaires à qui le même ordre sera communiqué accorderont pleine et entière confiance au chevalier Fleury, notre secrétaire, et lui faciliteront par tous les moyens les communications avec Bâle. » (Arch. nat. AF. IVr 907.)

tout crûment : « — Pour cela, il n'y a que deux moyens. Le premier est l'assassinat... » Ottenfels l'ayant interrompu avec une indignation feinté ou réelle, il reprit : « — Le second est un complot. » L'Autrichien ne dissimula pas que complot ou révolution était ce que l'on attendait de Fouché. Fleury dit alors, et avec raison, que M. de Metternich s'exagérait singulièrement la puissance du duc d'Otrante s'il s'imaginait que tout ministre de la police qu'il était, il pourrait arrêter l'empereur comme un simple roi fainéant ou soulever contre lui le peuple de Paris. « — D'ailleurs, ajoutat-il, M. Fouché n'en aurait pas le désir. Il ne pense plus comme l'an dernier. Il est sincèrement rallié à l'empereur qui a pour lui les suffrages unanimes de la nation, qui n'est plus l'ambitieux et le conquérant d'autrefois et qui est le seul chef qui nous convienne. » Cette déclaration avait d'autant plus de force qu'elle semblait faite par le mandataire de Fouché, c'est-àdire par un confident de l'homme qui passait à Vienne pour un ennemi irréconciliable de Napoléon. Très déconcerté, Ottenfels manifesta sa surprise et laissa même voir son trouble. Fleury en profita pour insinuer que le prince de Metternich ferait œuvre de grand politique en amenant une pacification générale par un accord avec le gouvernement actuel de la France. Ottenfels se contenta de répondre qu'il informerait M. de Metternich de la nouvelle disposition d'esprit où était le duc d'Otrante ; puis les deux émissaires se séparèrent en convenant de se retrouver à Baie sous huit jours1.

Le soir même du départ de Fleury pour la Suisse2,

f. Fleury de Chaboulon, Mêm , II, 14-14. Instructions à Ottenfels. (Metternich, Mêml, II, 514-516.) Cf. Napoléon, Œuores de Sainte-Hélène (Corresp., XXXI. I2M33).

i. Le sauf-conduit donné par l'empereur à Fleury est du 28 avril, et une lettre de l'empereur à Real, où il est question du demi-aveu de Foucbé. est

une scène violente avait eu lieu entre Napoléon el Fouché. Averti parles soins de Real1, qui, tout en le détestant, cherchait à s'assurer son appui, que l'empereur savait tout, le duc d'Otrante se rendit à l'Elysée avec le billet de Metternich. Au milieu de la conversation, il dit du ton d'un homme à qui quelque fait revient soudain à la mémoire : « — Ah ! Sire, j'avais oublié de vous dire que j'ai reçu un billet de M. de Metternich. J'ai tant de choses plus importantes qui me préoccupent ! Puis son envoyé ne m'avait pas remis la poudre pour faire reparaître l'écriture, et je croyais à une mystification. Enfin, je vous l'apporte. » L'empereur éclata. « — Vous êtes un traître, Fouché, je devrais vous faire pendre! » « — Sire, répliqua le ministre, je ne suis pas de l'avis de Votre Majesté. » Puis aussi tranquille que si Napoléon venait de lui adresser quelque compliment, il continua ses explications. L'empereur se calma. Peut-être, d'ailleurs, sa colère était-elle feinte et n'avait-il fait ces menaces que pour voir s'il pourrait troubler son imperturbable ministre. « L'intérêt de Fouché n'est pas de me trahir, dit-il à Fleury de Chaboulon à son retour de Baie. Il a toujours aimé à intriguer. Il faut le laisser faire. Contez-lui tout ce qui s'est passé avec M. Werner2.»

Fouché se prêta de bonne grâce à collaborer à la comédie de Baie. Il remit à Fleury deux lettres pour Metternich, l'une destinée à être rendue publique,

datée du 29 avril et porte: « Fouché m'a parlé hier. » (Arch. nat. AF. IV, 907.)

1. On a vu (1815, 1, 372) que Napoléon avait pris Real à la préfecture do police pour surveiller Fouché. Real remplissait singulièrement l'attente de Napoléon Partout la trahison !

2. Lavallette, II, 1*1 -i$2 Fleury de Chaboulon, II, 27 Napoléon à Real, 29 avril. (Arch. nat. AF. IV, 907.) Cf. Mém. de Fouché, II, 3H1-332. Napoléon, Œuvres de Sainte-Hélène. (Corresp., XXXI, l-'3.) Las Cases, Mémor., III, 55-56. — D'après les Mémoires sur Carnot (II, 457), Napoléon aurait fait une pareille algarade à Fouché en plein conseil des ministres.

l'autre confidentielle. Toutes deux étaient rédigées de façon à convaincre le ministre autrichien que Napoléon était le seul souverain qui convînt à la France. Quand Fleury revint à Bâle, il pouvait, cette fois, se donner sans imposture comme l'envoyé de Fouché. Ottenfels déclara que les résolutions des Alliés de ne jamais reconnaître Napoléon étaient irrévocables, mais qu'ils consentiraient à laisser régner son fils. « — Mais que fera-t-on de l'empereur ? demanda Fleury. — Commencez par le déposer. Les Alliés, qui sont généreux et humains, prendront ensuite et selon les événements la détermination convenable. — Mais, enfin? — Je n'en sais pas davantage1. »

Ottenfels en disait assez. A supposer que la question de la régence eût été sérieusement discutée par les Alliés, ils l'avaient résolue négativement. Mais Metternich pensait que cette forme de gouvernement était celle dont les Français en général et Fouché en particulier s'accommoderaient le plus volontiers. Il en faisait la proposition dans l'espoir que Fouché s'emploierait activement, par la persuasion, la ruse ou la force, à obtenir l'abdication de l'empereur. La France désarmée de l'épée napoléonienne, les Alliés, qui ne voulaient donner aucune garantie, agiraient en maîtres. Selon les paroles d'Ottenfels, « ils prendraient alors la détermination convenable » non seulement sur le sort de Napoléon mais sur le gouvernement même de la France8. Napoléon ne s'était pas déterminé à sa grande aventure pour obéir, redevenu empereur, aux sommations de l'étranger avant de faire parler la poudre. Il n'était pas l'homme du sacrifice. Il n'avait nulle intention d'abdiquer. « — Pas

1, Feury de Chaboulon, II, 28-42. Cf. Napoléon, Corresp., XXXI, 124. t. Cf. Metternich, Mém., I, Î08. Las Cases, Mémor., I, 23. Gentz, Dépêche*, II, 17.

si bête! » dit-il à Lucien1. Et les propositions de Mette rnich n'étaient ni assez précises ni assez sûres pour l'y déterminer.

Les conférences de Bâle n'eurent pas de suite 8. Fleury n'y perdit pourtant point toute sa peine, car il en rapporta la certitude que les négociations entre Metternich et Fouché se bornaient à de vagues pourparlers et qu'il n'y avait pas complot contre la vie de l'empereur, comme celui-ci l'avait d'abord soupçonné. Napoléon resta néanmoins en défiance : le duc d'Otrante avait trop tardé à lui parler du billet de Metternich. Ayant appris par une indiscrétion d'Ottenfels que Montrond et Bresson de Valensolles avaient été chargés, à Vienne, de messages secrets pour Fouché, l'empereur ordonna de mettre en surveillance ces deux agents. Mais déjà Bresson, que Fouché jugeait le plus compromis ou le moins discret, était parti pour Londres. Le ministre de la police lui avait fait confier par son collègue de la guerre la mission d'aller acheter 40,000 fusils que proposait un armateur anglais. L'empereur gronda très fort Davout, croyant qu'il était le complice de Fouché. Bien vraisemblablement, il était plutôt sa dupe 3.

A Sainte-Hélène, Napoléon dit plusieurs fois qu'il aurait dû faire fusiller Fouché. A Paris, il avait pensé

i. Notes de Lucien Bonaparte (Arch. Aff. élr., 1815).

2. Fleury retourna une troisième fois à Bâle, le 29 mai, et y attendit vainement jusqu'au 13 juin le prétendu Henri Werner. Metternich, peutêtre averti par Fouché, avait jugé inutile de continuer les pourparlers. Fleury de Chaboulon, Mém., Il, 47-48, et lettre de Fleury à Napoléon, Bourg-Libre, 6 juin, (citée dans le Portefeuille de Buonaparte, 26-27.)

3. Fleury de Chaboulon, Mém., Il, U, 45-46. Montholon, Récits, II, 150. Cf. Mém. de Fouché, II, 333. — Au retour de sa mission à Vienne, Bresson avait remis à Davout un rapport très bien fait sur l'état des armées allieeset sur leur plan de campagne. (Arch. Guerre, Corresp. générale, à la date du 15 avril.)

L'empereur avait voulu faire arrêter un autre agent de Fcaché nommé Séronni, mais cet homme put gagner la frontière suisse. (Fleury, IL 46. Cf. Davout fr Marulaz, 21 mai. Arch. Guerre.)

du moins à le destituer1. S'il ne le fit pas, c'est qu'il avait ses raisons, et ces raisons-là il les avait oubliées dans son exil ou il ne voulait pas les dire. Au retour de l'île d'Elbe, il lui fallait compter avec le duc d'Otrante. C'était le chef du parti jacobin, et son opposition à toutes les mesures autoritaires de l'empereur lui avait gagné les libéraux. Sa disgrâce eût été regardée comme l'indice du retour à l'absolutisme. Carnot lui-même, qui haïssait et méprisait Fouché et qui, n'étant pas homme à se donner à demi, montra pendant les Cent Jours un entier dévouement à l'empereur, le déconseilla de destituer le duc d'Otrante. « — Il y a un mois, dit-il, j'aurais approuvé le renvoi de Fouché. Mais aujourd'hui cela augmenterait les irrésolutions et les défiances déjà si grandes de l'opinion. » Napoléon temporisa, attendant qu'une victoire lui donnât l'autorité nécessaire pour cette espèce de coup d'Etat2.

i. Montholon, Récits, II, 149-201. Lavallette, Mém., II, 181. Cf. Mém. de Fouché, II, 325, 329-330.

2. Fleury de Chaboulon, Mém.x II, 47. Rovigo, Mém., VIII, 65. Mém. sur Carnot, II, 458.

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