‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 33 sur 272 · Moniteur, 18 et 23 octobre · texte numérisé non relu

Moniteur, 18 et 23 octobre

vocateurs, de quelques royalistes1, les libéraux gardèrent dans ces débats une extrême modération ; mais la colère grondait au fond des cœurs. Le 4 novembre enfin, la loi amendée sur certains points de détail fut votée par cent soixante-huit voix contre vingt-trois 8. Le projet passa à la Chambre des pairs à la presque unanimité. Macdonald demanda qu'il fut donné aussi une indemnité annuelle aux propriétaires dont les biens avaient été vendus et aux militaires qui avaient perdu leurs dotations à l'étranger. On commencerait par indemniser les plus nécessiteux. C'eût été un acte de justice en même temps qu'un moyen de tranquilliser les acquéreurs. Mais la proposition fut ajournée. Les grands seigneurs dépossédés y étaient hostiles. Ils voulaient davantage. « — Tout ou rien, » dit le duc de Fitz-James à Macdonald. « — Eh ! bien, monsieur le duc, répondit le maréchal, cela veut dire : rien 3. »

Les pétitions qui affluaient au Palais-Bourbon, pétitions contre l'observation des dimanches, contre les processions, contre le maintien des droits réunis, contre les écrits attaquant la validité des ventes nationales, contre la réduction du traitement de la Légion d'honneur, contre les abus de pouvoir des fonctionnaires et contre les prétentions des hobereaux 4, donnaient sans cesse aux députés du parti libéral l'occasion de censurer les actes et les tendances du gouverne-

i. Celui de M. de la Rigauderie, entre autres. {Moniteur du 26 octobre.) On assure d'ailleurs que sur l'ordre de Beugnot, qui craignait d'émouvoir l'opinion, les journaux ne reproduisirent ce discours qu'en en atténuant beaucoup les termes et les idées.

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