‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 32 sur 272 · Le Censeur, n · texte numérisé non relu

Le Censeur, n

2. Ordonnances des 20 avril, 12, 18 et 29 mai, rendues en faveur des ducs de Noailles et d'Havre, du comte de Langeron, émigré au service de la Russie, des princes de Condé et de Poix, de la duchesse de Monlbarey, du duc d'Orléans, etc., etc. (Arch. nat. F1», 585.) — Les Bourbons pouvaient d'ailleurs s'autoriser de précédents créés par Napoléon, qui avait restitué à plusieurs émigrés des biens déclarés inaliénables.

chargé de présenter à la Chambre le projet de loi, commença par lire un exposé des motifs où il avait accumulé les pires maladresses. Dans la pensée du gouvernement, la loi était un acte de réparation et de pacification. Ferrand y donna le caractère de la revendication et de la rancune. Non content d'alarmer les acquéreurs par des équivoques et des réticences ', il parut insulter tous les Français en disant que les émigrés « avaient suivi la ligne droite2 ». Ce discours provoqua l'indignation dans les Chambres et dans le pays3. Le général Girard dit le lendemain à l'un des questeurs : « — Quoi ! vous avez souffert qu'un méchant boiteux vînt insulter la nation et l'armée en disant que les émigrés ont suivi la ligne droite ! Ne deviez-vous pas le jeter à bas de la tribune4! » Pour comble, huit jours après la séance, le roi commit l'insigne maladresse de donner à Ferrand le titre de comte5. Bedoch, rapporteur de la commission nommée pour l'examen du projet de loi, protesta sévèrement contre les paroles de Ferrand et demanda la censure du ministre6. La discussion tint neuf séances. Malgré les discours, véritablement pro-

i. « Dans les premiers moments, il faut être réservé alors qu'on voudrait s'abandonner à une extrême prodigalité... La loi reconnaît un droit de propriété qui existe toujours... Le roi regrette de ne pouvoir donner à cet acte de justice toute l'extension qui est au fond de son coeur... Vous trouverez toujours le roi prêt à saisir toutes les occasions, tous les moyens de restaurer la France entière... » Moniteur, 14 sept.

2. Moniteur, 14 septembre. — Les paroles de Ferrand allaient plus loin que sa pensée. Ln parlant des émigrés qui « avaient suivi la ligne droite » il opposait leur conduite nen pas à la conduite de tous les Français, mais seulement à celle des partisans du roi demeurés en France pendant la Révolution.

3. c Le discours de Ferrand a produit partout le plus détestable effet. » Analyse de la corresp des Préfets, 20 oct. Cf. Rapp. général, 3 févr. (Arch. nat. F. 7, 3739.) WeLington à Castlereagh, 4 nov. {Dispatchs, Supplément, IX.)

4. Rapport de police, 24 septembre. (Arch. nat. F. 7, 3738.) — C'est ce général Girard qui l'année suivante fut lue à la bataille de Ligny.

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