‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 5 sur 272 · LES OPINIONS AU RETOUR DES BOURBONS · texte numérisé non relu

LES OPINIONS AU RETOUR DES BOURBONS

çants, encore que les uns et les autres redoutassent avec raison une baisse énorme sur leur stock par suite do l'invasion subite des produits étrangers. L'immense foule des indifférents se réjouissait de la paix. Les bonapartistes, qui ne s'en réjouissaient pas moins, se flattaient de conserver, sous le nouveau régime, grades, fonctions et traitements. Ceux des terroristes qui ne s'étaient pas ralliés à Napoléon, ou qu'il avait dédaignés, attendaient de la royauté plus de liberté que de l'empire. Les libéraux voyaient dans la monarchie, tempérée par la Charte, la réalisatio de leurs vœux.

Les plus glorieux représentants de l'empire, comme Ney, les plus grands patriotes, comme Carnot, avaient accepté franchement la royauté 1 . Augereau écrivait dans une proclamation : « Soldats ! arborons la couleur vraiment française qui fait disparaître tout emblème de la révolution2. » Fontanes disait au roi, au nom de l'Université de France: « Sire, les vertus royales, apanages de votre Maison, feront bientôt oublier les temps douloureux qui s'écoulèrent loin de vous 3. » Fouché intriguait pour être pair de France et ministre delà police. Il exhortait Napoléon à refuser la souveraineté de l'île d'Elbe, où il serait toujours un sujet d'inquiétude pour l'Europe, et à aller vivre aux Etats-Unis en simple citoyen, envoyait au comte d'Artois copie de sa lettre à l'ex-empereur, et écrivait à Blacas : « Il faut que le dix-neuvième siècle porte le nom de Louis XVIII comme le dix-septième a porté celui de Louis XIV 4. » Rouget de l'Isle composait un

1. Ordre ûu jour de Carnot, Anvers, 14 avril (Arch. Guerre). Mém. sur Carnot, II, 358. Cf. RovigO, Mém. VII, 3C9.

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