Jouimal des Débats, 5 mai
4. Lettres de Fouché à Napoléon, 23 avril, au comte d'Artois, 23 avril (citées dans le supplément de la Corresp. de Wellington, IX, 144-145). Lettre
e Fouché à Blacas, juin 1814 (citée dans les pseudo- Mémoi es de Fouché,
hymne royaliste -, un parent de Dubois de Crancé demandait à s'appeler Dubois de Fresnoy % et Barère, qui avait interrogé Louis XVI comme président de la Convention, portait la croix du Lys 3.
Parmi ces royalistes du lendemain, plusieurs craignaient bien quelque retour offensif de l'ancien ré' gime, mais tous ne demandaient qu'avoir s'accomplir sous le sceptre d'un Bourbon l'alliance de la monarchie et de la liberté. Les journaux, affranchis de la censure, reconnaissaient sans discussion le principe de l'autorité royale. Entre tous les hommes politiques et parmi tous ceux que l'on appelait « les gens de bien », il y avait accord pour acclamer la restauration et pour fonder sur la royauté constitutionnelle les meilleures espérances.
C'est pourquoi la plupart des auteurs de Mémoires et des historiens ont pu dire que le rétablissement des Bourbons fut accueilli sans opposition et môme avec enthousiasme. Cela est vrai à ne juger que par l'opinion des salons ; mais cela est faux si Ton écoute les murmures du peuple et les clameurs de l'armée. Dans la masse de la nation, il y avait bien des défiances, il y avait une hostilité sourde et même des révoltes. Mais avec beaucoup de prudence et un peu d'habileté, on fût arrivé à calmer les esprits. La grande difficulté, ce n'était pas de gagner le peu-
II, 294). Cf. POZZO di BorgO. Corresp. I, 21, 2*. Rovigo, Mém. VII, 313-3)5. Vitrolles, Mém II, 9-11. Rapport de police, 18 juillet, et 22 août. (Arch. nat. F. 7, 3738.)
Bien que les Mémoires de Fouché soient notoirement apocryphes (ils ont été rédigés par Alphonse deBeauchamp), nous les tenons cependant pour véridiques sur plus d'un point. Beauchamp a eu des notes de Jullian, agent de Fouché, et nous avons pu vérifier l'absolue concordance de bien des pages de ce livre avec des documents d'archives et les Mémoires et correspondances des contemporains. On ne sera donc pas surpris si, dans 1815, nous citons parfois les Mémoires de Fouché.