Rapp. de police, 20 janv. (Arch. nat. F
2. Cf. Lavallette, Mém., II, 135, 138-142. Rovigo, Mém., Nil, 337-339, 347. La Fayette, Mém., V, 354. Hyde de Neuville, Mém., II, 45, 48. Thibaudeau, X, 206-210. Mém. de Fouché, II, 303-304. Note de Foudras, 10 février. Rapp. de police, 12, 13 et 31 août, 23 sept., 26 oct., 23, 30 nov., 2, 16 déc. 184, 26, 27 févr., 4, 6 mars 1815. (Arch. nat. F. 7,3200*, et F. 7, 3739.) Dossiers d'Exelmans, de Drouet d'Erlon et de Lefebvre-Desnoëttes (Arch. Guerre).
D'après certains indices nous pouvons avancer, sans prétendre cependant l'affirmer, que les généraux Lanusse, Flahaut, Corbineau, Girardin, Exelmans, Fressinet, Lacroix, Labriche, Sebastiani, Defrance, et, parmi les civils, le duc de Cadore, Gaillard, Lecomte, Villetard, Lamarque, Ginou de Fermon, Pous de Verdun, Lambrechts, Genevois, etc., connaissaient également le complot.
Le général Quesnel, selon une tradition rapportée dans le Supplément de la Biographie Miehaud, fut aussi affilié à la conspiration. Soupçonné par ses complices de vouloir révéler leur secret, il aurait été jeté dans la Seine au sortir d'une des réunions. En effet, le 4 mars, on trouva le corps de Quesnel flottant sur la Seine entre Roulogne et Saint-Cloud, et eette mort mystérieuse causa une grande sensation dans Paris. (Rapp. de police, 4 mars. Arch. nat. F. 7, 3739. Journal des Débats, 7 mars.) Mais ni au dos- Èier de Quesnel, aux Archives de la Guerre, ni dans les rapports de police des Archives nationales, il n'existe aucune pièce de nature à faire la lumière sur les causes de ce suicide ou de cet assassinat.
contre les bonapartistes et de mépris pour Je duc d'Otrante. Il se confina dans sa petite maison du Marais1. Au dernier moment, Davout déclara qu'il renonçait à prendre part à la conspiration5. On se résigna à agir sans lui. Il fut décidé que sur un mot envoyé de Paris, toutes les troupes stationnées dans la 16e division militaire, que pourrait entraîner Drouet d'Erlon, se mettraient en marche. Elles rallieraient, en route, les garnisons intermédiaires et, pénétrant dans Paris par différentes barrières, elles déboucheraient à l'improviste devant les Tuileries où les rejoindraient les officiers à la demi-solde et le peuple des faubourgs. On comptait que la garnison de Paris n'engagerait pas un combat pour le roi, et Fouché garantissait au moins la neutralité de la garde nationale. Il n'y aurait donc à vaincre, pensait-on, que la résistance peu redoutable des gardes du corps et des mousquetaires de service3.
Le plus curieux, c'est que l'on avait arrêté ce beau plan avant de se mettre d'accord sur le but même de la conspiration. La régence, qui eût satisfait à peu près tout le monde, devenait impossible puisque François Ier et ses conseillers ne paraissaient nullement disposés à laisser sortir d'Autriche le petit roi de Rome, et que, d'ailleurs, Napoléon était encore à l'île d'Elbe.
i. Mém. surCamot, II, 400. Thibaudeau, X, 200.
2. Lavallette, Mém., Il, 141-142. Cf. les références de la note 5. 1815, I, 114. — Dans la Correspondance du maréchal Davout, les lettres s'arrêtent au 6 nov. 1813 pour ne reprendre que le 31 mars 1815. Il ne faut donc chercher là aucun renseignement sur Davout pendant la première restauration. De même, Mm* de Blocqueville (Le Maréchal Davout), E. Montegut (Le Maréchal Davout) et, sauf dans une note qui s'accorde avec l'assertion de Lavallette, Gab. de Chénier (Histoire de Davout) passent plus que rapidement sur cette période de la vie du maréchal. IJ n'en est pas moins indéniable que le prince d'Eckmûhl a été mêle aux conspirations de 1814-1815.
3. Rovigo, Mém., VII, 337-339. Thibaudeau, X, 208. La Fayetle, Mém.y, 354-355. Mém. de Fouché, II, 303-304. Dossiers de Lallemand, de Lefebvre Desnoëttes et de Drouet d'Erlon. (Arch. Guerre.)
Les bonapartistes proposaient donc de proclamer purement etsimplementî'empereur et de l'envoyer chercher sur un aviso de l'Etat. Les patriotes, au nombre desquels on comptait Fouché, les régicides et plusieurs généraux repoussaient l'idée du rappel de l'empereur. Ils voulaient contraindre Louis XVIII, le sabre sur la gorge, à prendre son ministère parmi eux, et, s'il s'y refusait, « forcer » le duc d'Orléans à accepter le pouvoir. Quant au roi et aux princes, on les garderait comme otages, ou « on les expédierait dans la mêlée, sauf à déplorer ensuite cet accident ». Dans la difficulté de s'entendre et dans la nécessité d'agir, on passa outre aux discussions. Une haine commune réunissait ces hommes si profondément divisés. L'important pour eux était de renverser les Bourbons. On verrait après. Le général Ghouart, ancien maréchal des-logis aux cuirassiers, résumait le sentiment de tous en disant dans son langage de corps de garde : « — Moi, tout ça m'est bien égal pourvu que le gros cochon s'en aille1. »
La noblesse aigrie contre Louis XVIII et attendant impatiemment que la Providence ouvrît ou fermât les yeux à ce roi jacobin, la bourgeoisie déçue, jalouse et frondeuse, encore plus inquiète de l'avenir que mécontente du présent, et disant en songeant à la santé précaire de Louis XVIII et aux principes absolutistes de son successeur désigné : « Dieu conserve le roi8! », le peuple alarmé et irrité, les casernes
1. LaFayelte, Mém., V, 354, 355. Thibaudeau, IX, 208-209. Rovigo, Mém., VII, 343, 347-348. Lavallette, Mém., 141-142. Hyde de Neuville, Mém., II. 45-46. Mém. de Fouché, II, 303-304. Montholon, Récits, II, 202. Rapp. de police, 23 sept., 1er, 4 et 6 mars. (Arch. nat. F. 7, 3738, F. 7, 3739, et F. 7, 3200 *.) Cf. Ginguéné à La Harpe, i'rjuia. (Arch. Aff. étr., 1802). Pasquier, III, 130.
2. < L'inquiétude et l'anxiété se glissent partout depuis que le roi (Louis XVIII souffrait alors d'une violente attaque de goutte) ne quitte plus ses appartements. On fait de sinistres prédictions. On dit que bi le roi mourait, les princes impopulaires ne se soutiendraient pas huit jours. » — « Toutes les idées se portent sur le futur et sur le peu de stabilité d'un
pleines de murmures et de menaces, les libéraux se préparant à une opposition vigoureuse, les bonapartistes et les jacobins ourdissant un vaste complot dont l'avortement presque certain allait fatalement amener une répression sanguinaire, courber le pays sous le régime de l'état de siège et des cours prévôtales et assurer le triomphe du parti des émigrés, telle était la situation à la fin de février 1815, quand Napoléon quitta l'île d'Elbe avec onze cents hommes et quatre pièces de canon pour conquérir la France.
état de choses qui repose sur une mauvaise santé... Même les pairs, qui sont constitutionnels de bonne foi, sont tout à fait opposés à Monsieur, tant on redoute l'empire que le clergé prendrait sur lui et les revendications des émigrés... Monsieur devrait prendre à tâche de ramener l'opinion publique. » — « Dieu conserve le roi » est le cri général. Rapports de police, 2, 4 et 6 mars. (Arch. nat. F. 7, 3739.)