‹ 1815: La première restauration - Le retour de l'Ile d'Elbe - Les cent joursChapitre 95 sur 272 · Interrogatoire de Cambronne (Procès de Cambronne, H · texte numérisé non relu

Interrogatoire de Cambronne (Procès de Cambronne, H

2. Pons à Masséna, Marseille, 7 mars (Arch. Guerre). Cf. Peyrusse, 276.

3. Interrogatoire de Cambronne (Procès de Cambronne, 14). Interrogatoir de Drouot (Procès de Brouot, 24). Peyrusse, 276, 284. Laborde, 57. Monier, 105. Las Cases, VI, 1%.

4. Nous avons dit (1815, 1, 189) que ces trois proclamations existent, en placards imprimes, aux Archives des Affaires étrangères (Papiers des Bonapartes, 1 801 ), sans indication de lieu ni de date, mais avec la mention : Porto- Ferrajo, chez Broglia, imprimeur du Gouvernement

des parties essentielles de l'art de la guerre, était trop grande chez Napoléon pour qu'il s'embarquât sans proclamations imprimées. Gomment les paysans, les soldats, les ouvriers, qui connaissaient à peine leurs lettres, auraient-ils déchiffré des proclamations manuscrites ? Et Napoléon savait-il où et quand il pourrait les faire imprimer en France ? Si pendant la traversée, il fit copier ses deux proclamations au Peuple et à l'Armée, dont existaient déjà des exemplaires imprimés, c'est vraisemblablement qu'on en avait tiré trop peu. Mais pour la proclamation de la garde, Napoléon, il semble, avait un autre motif. Le placard imprimé à Porto-Ferrajo portait la signature de vingt-quatre officiers et sous-officiers de la vieille garde. Le temps avait manqué pour les faire signer avant l'impression, et d'ailleurs Napoléon ne voulait pas encore révéler le but de son expédition. Il fallait bien cependant que cette pièce, qui était censée émaner de la garde, fût connue d'elle et portât quelques signatures authentiques. De là l'idée de la dictée sur le pont de l'Inconstant, stratagème qui permit de faire signer l'adresse par les officiers sans leur apprendre qu'on avait pris leur signature avant de la leur demander. En outre, cette proclamation était d'une extrême violence. On y lisait : « Camarades, foulez aux pieds la cocarde blanche, elle est le signe de la honte ! » et encore : « Soldats de la grande nation, soldats du grand Napoléon, continuerez-vous à l'être d'un prince qui vingt ans fut l'ennemi de la France? » Les capitaines et les sergents auraient néanmoins signé sans scrupules. Mais Gambronne et Drouot eussent peut-être hésité. Un an plus tard, devant le conseil de guerre, tous deux reconnurent avoir signé une proclamation à l'Armée rédigée par Napoléon à bord de l'Inconstant, mais l'un et l'au-

Page 1