‹ 1848-1852Chapitre 1 sur 7 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

CHEZ GABNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 215, Palais-NationaK — 10, rue Richelieu.

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La tribune était muette lorsque parut, il y a quelques semaines, la première édition de ce petit livre * d'histoire contemporaine. Installée depuis trois ans, sous le manteau de Tordre, dans les hautes régions de l'État, l'anarchie laissait encore quelque chose à désirer. Mon tableau dut rester incomplet. Mais M. le président de la République, d'une part, et l'Assemblée législative, de l'autre, y donnent chaque jour, à l'envi, les derniers coups de pinceau. Grand merci I

C'est à propos du suffrage universel que vient d'éclater le conflit. L'alliance des partis hostiles à la République s'était jurée sur des urnes brisées. Les uns veulent aujourd'hui remettre à neuf les ur-

nés électorales. Les autres ne consentent que de mauvaise grâce à en réparer quelques brèches seulement. Grand débat I Pauvre peuple I C'est sur ton dos qu'on se réconcilie la veille et qu'on se bat le lendemain. Les dieux de l'Olympe se battaient aussi sur le dos d'Atlas. Hais les dieux sont-ils éternels?

H. Bonaparte, ne l'oublions pas, a présenté luimême, dans le temps, la loi du 31 mai. H. Bonaparte Ta promulguée. Dix-huit mois durant, les ministres favoris de H. Bonaparte ont fait de cette loi le drapeau du gouvernement. Hier encore, hier enfin, les procureurs de H. Bonaparte requéraient amende et prison contre les critiques de la loi. Puis, tout à coup, je ne sais par quelle inspiration, M. Bonaparte se ravise. Sans reproches à ses yeux jusqu'ici, la loi du 31 mai lui parait subitement in* coBstittttionnelle. Le chef-d œuvre du parti de Tordre n'est plus qu'une machine de guerre civile. Au rebut, donc, et vive le suffrage universel !

A l'Assemblée, même histoire en sens inverse. MM. les légitimistes maudissaient bien haut la loi qui excluait leurs paysans du suffrage. Longtemps ils nous assourdirent de leurs cris lamentables. Mais, du moment que M. Bonaparte prend les devants» serviteur I MM. les légitimistes lâchent pied.

Ajtteudèe par eux, $<^^s*ameDdéa» oorrigée, refaite, atUduée sur ua poioi» aggravée sur un autre, le tout au poiot i/à vue de leurs petite iotéréts particuliers,, la loi éle^^nJe devient un grijoeire à défier lee lune4tee, les gro^ dés et lee petits dée du parkmePt de HyretiogjyieA^ Qui triMiipe4*on ici?

Teot le meud». M«is uqu : Vw ne trompe per*^ sonne. Où trouver, aujourd'hui, uu Orgon qui se^ prête de bonne foi à tous ces trafics de bulletins et de popularité?

Voilà oit 0^119 ea sommes après tr^is ans de di« tli;raadke« à Toedf e , à la morale et à la religion I « Entendons-nous , disait-on naguère , entendons* « nous pour éviter les surprises, et conformonsa nous aux volontés du peuple légalement expria mées. )) Mais , que nous sommes loin de ce bon temps! A Tappel au peuple éclairé a succédé l'appel à la force brutale. A qui Tarmée? A qui les canons? A TAssemblée ou au président? A qui obéiront les légions? A Galba ou à Vitellius? Voilà toute la politique de la première nation du monde I L'avenir de la France , la sécurité de nos familles , notre repos de chaque jour et de chaque nuit , tout cela repose sur une pointe de baïonnette !

A toi donc, ô peuple I la seconde édition de ce

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petit livre qui ne sera pas le dernier. J*ai reçu, de tous mes amis , de tous mes collègues et de toute la presse démocratique, un accueil si flatteur, que je ne puis me dispenser de continuer mes pages d'hiatoire. Je te dirai, comme toujours : Lis, compare et juge I Et, si jamais les événements te ramènent sur la scène politique , ton jugement ne saurait être douteux.

PiEBRB LEFRANG^

Représentant des Pyrénéet^OfienUles.

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