LA RÉPUBLIQUE
ET
LES PARTIS
I^a paix on la ynerret
1852, année de justice et de réparation, année de bon augure, salut I
Ce point noir qui se lève à l'horizon , ce nuage que les marins, dans leur langue, nommeraient fleur de tempête ; ce jalon planté sur la route des peuples et vers lequel tous les peuples ont les yeux tendus ; cette date qui doit prendre rang, heureuse ou néfaste, parmi
les dates célèimrar qui marquent f âge de l'humanité ; c'est Tannée 1852.
Nous y touchons, nous y sommes.
Çt p#s 4e ser^m détourné , p^s de^, chemin i» tt^ersi^s t^s (f ajQpïneaifnt» f^s 4e prorogation, pas un point d'arrêt : le temps
nous pousse et il faut arriver ; c'est un
étroit défilé ....'. et il faut passer là !
Un rendeK-^ou# peus^ les gou^Rarnements et pour les peuples ; un rendez-vous à jour fixe, YeîUe ^e^ qui^ d^iuM- pai^ avance, à 1852. cette puissance prestigieuse, qui redouble, de part et d'autre, les craintes et les espérances. Mon Dieu ! elles ne datent pas d'hier, pas plus qu*e11es ne seront tranchées demain, les grandes questions qui vont se débattre. Entre la liberté et fe despotisme; entre la justice et Tarbitraire ; entre la raison qui éclaire et la foi qui aveugle ; eçtre le dogme du progrès, et le dogme de l'abrutissement; entre l'égalité et le privilège; entre le travail et la fainéantise; entre le bien et le mal; entre la révolution et la contre-révolution, pour tout dire, en un mot, la lutte est déjà vieille comme le monde, et la IsMe ae prolongera encore bien avant dans l^s aièclea. Mai« nulle part, mais jamais, ouvrez toutes les histoires, vous ne trouverez l'exemple
d'nif ipm» ébamp d^, |>f évtt, fixé, ^oimfM et sceépté^
Est-ee^uf» tÂeof? A^mrèrmnl. Attaquas mlèmémU le# ptiipi»sfcmt tôvjùnts fà\neùs, VU M]» mtmmheq&Bnè \« Piftaieé r»ï«ndoftoe.
l^îeHAe ê*kimn^é eithaêHé Utt émpereùt dent M* papj«rd, fflaw il cal ttàft Uri f te itfcrtité-* metfl *tf Bertm est déj* eîomprwé. Pdîs yûrtieiït la Horwgiffe, la deîtfBre e» Kgiî^^ qui ttptëffid^ pftwKges rf'héroïsffié, i^e farf faei* â raffièn^gtfrtfe dé ië» sœttnr déjà en *roirt^: AhiÉi ëe MilaI^, de Vêttise, de Rome, ât Nafplef , de ÉÈarfe, *é fe Brrilf^, de îa Sbfxe, de fe Hesae, de tottte FEtffope, ertm, refoulée, fi^qaée, dédnftée, pni^ ftrsiîlée €* suppliciée c?n détail. Mais» féirfws, msris gn)tipét, mais sefidai-». fteifr, le* peuple» s^eiit ittYineibles. Que letir manqiraifif de«c pour être prête? une date, tm signal, uft âppeflf Ifous Tâtaiis aujoirf-
dl^m, et c'est 1852.
Oni, t'ent xrti bien, ef mus err joftrssûtf* par tvMte. Qni pooffal! dire, en effet, lowted les cruelles souffiranees, toutes les joutes ëolèfes, toutes les impatiences légitimes, quf ue sont contenues que par Tespoir d'une prochaine réparation à un jour déterminé? Interrogez le captif et le proi^nt, que roue répondent-ils?
185SI. Certes, le régime de la France, le régime de l'Europe entière est plus intolérable cent fois aujourd'hui qu'ily ayingt ans. La réaction de 1849, dont l'intensité peut se mesurer à l'effroi des gouvernements, la réaction de i 849 s'est montrée cent fois plus aveugle, plus impitoyable que la réaction de 1831. Et cepen* dant, remarquez-le bien, les émeutes ne succèdent plus aux émeutes, ni les soulèvements aux soulèvements. Un certain ordre, ou plutôt une apparence d'ordre règne tellement quellement, comme à Belle-Isle, comme dans les in paee, comme dans les tombeaux. Or, à quoi devons-nous ce calme d'un instant? A 1852.
J'ai comparé 1849 à 1831. Suivons ce rapprochement. Après la révolution qui la porta sur le pavois, faute de mieux, la monarchie de Juillet avait devant elle un avenir indéterminé. Pour les hommes du droit, au contraire, pour les républicains à qui leur nom seul devenait un crime, pas une lacune en perspective, pas un interstice, pas une date précise où Ton pût saisir, contester et combattre cette royauté de fait, qui, sur la foi d'une charte de hasard, se promettait Téternité. De là des insurrections nombreuses, des tentatives isolées, et toute une série de défaites vengées très-
tard, trop tard, par une insurrection victorieuse. Attendre! Etjusques à quand? Un événement ! Et lequel? Cette incertitude faisait notre faiblesse. Mais aujourd'hui la position est tout autre, et les rôles sont changés. Plus de Pouvoirs en France qui puissent se dire éternels, partant plus d'insurrection. A une heure marquée d'avance et qui sonnera bientôt, le peuple ressaisit sans secousses, sans barricades, sans coups de fusil, Texercice de sa souveraineté, dans les limites qu'il s'est imposées lui-même par son pacte de 1848. Le calme dans le droit, la patience fondée sur Tespoir à courte échéance, tel est, même au point de vue de Tordre, l'un des précieux avantages de la périodicité des pouvoirs consacrée par la Constitution. Aveugle et ingrat «qui n'en conviendra pas !
Il y a plus, et il y a mieux. Les révolutions imprévues ont pour effet immédiat, douloureux, inévitable, de troubler tous les rapports sociaux. Le crédit s'enfuit, le marteau s'arrête , la charrue tourne à peine , la vie semble paralysée. Cent vingt mille hommes de labeur, dans une seule ville, spnt jetés sur le pavé du jour au lendemain. Tout gouverne- .ment, provisoire ou définitif, qui surgit d'une
révolution} fie irmH wx ^mn direc k^ mêmes diffic«}^i;. fls^ay^js émc des réforiiiiefi, eAut^ Féfpraies dui'iabi^, dam dis pareille» GoodH tipj^ 1 -^ (}rÂ(^ à h €0tn9litotbAd« 1848, la &800|isse, £1 $#C(9ili^e ii f « (lel; Dieu sak qui l'aura youM^), i^ra wpiafi 4ef rible^ préeisémeut p^çe qu'<9A relira prévue. Ajoutons que peiv soan^ ^e ^s^a bien in^qu cette fois de crier i la suf prisi^ ; à rio^urrectioa^ moins eneote. Avec un droit public qui cous^cr^ la souveraineté du peuple {[ït liante la durée des Pimvoirs, npus lie yoypus d'insurgés p^^iUbs que les PouvjoirjS eux-méfOiÇs s'ils twtaisftt de ee perpétuer rn^e luinute ih itoç daus leurs foactiop^ ejrpii'ées.
Doaç^ $iu9ée i863« âsmée de justice et 4e réparation* auuée de bon augure, «iwt 1
Que portes-tu dans tes flancs? Lu paix on la guerre?
La paix ! Oii ! jelia souhaiterais de bon^œur, COQiap^ 1a bonne nouveDsi a tous les hommes de bpnne volonté. Mm (/aut^l le lire (oui franc et tout net? ) je sais qui &o«e ^uireme, j'ai vu de pires }es pArti^, je les tiens pou|*oe qu'ils valent. * ... La paii*! je u'j cvois pas.
C'est donc la guerre?
Oui.
La guerre I mais entre qui? mais pourquoi ? mais comment? — Je vais you8 le dire.
Il y ^ eu décl^riaiioa de guerre daas la monde le jour où^ réunis dana un hangar^ à VersaiUea, en vertu de pouvoirs délégués par lemv concitoyens, quelques hommes afiirmèrent qu'ils étaient la Souveraineté, rÀutarité, le Dreit, à Tenoontre de tmie Souverainetéi de toute Autorité, de tout Droit préexintant : ee qui, ipour un peuple» comme po«r loua les peuples, s'appelait et s'appelle encore t iu iÀ" berté%
Il y a eu guerre le jour où les mêmes hommes, réunis en Assemblée constituante, déclarèrent abolis tous privilèges de caste, de naissance, de fortune, et constituèrent, pour la France d'abord, pour l'humanité ensuite, un nouveau droit pu|:]fic et privé sur cette base : V Egalité,
II y a eu guerre le jour où une grande Assemblée , héritière de la première , décréta qu'entre les hommes, forts ou faibles, riches ou pauvres, tous eofiinis d'un même Dieu, devait s'établir un lien sacré, une religion nouvelle : la Fraternité,
Et, comme il est de l'essence de toutes les religions d'aspirer à l'universalité, sous peine de disparaître, demandez-vous si la nôtre s'est établie partout sans obstacles. Faites un rapprochement. Rappelez vcrus les trois premiers siècles de la chrétienté. Passez en revue la légion de ses martyrs, martyrum exerdtus, comme dit encore le Te Deum de nos pères ; comparez -y la légende des nôtres. Supputez ce qu'il a fallu an christianisme d'efforts, de sacrifices, d'héroïsme et de temps, pour envahir le monde, et vous me direz si la guerre est terminée'.
Non, et ne vous y trompez pas. Ce qui se
projette, ce qui s'agite, ce qui s'organise depuis les bords de la Newa jusqu-à la baie d'A» malfi» en passant par Vienne, Berlin, Paris et Rome; ce qui s'exécute déjà, c'est une seule et même croisade contre la liberté des peuples.
Quelles ont été, il y a soixante ans, les premières phases de cette guerre héroïque, cent historiens l'ont raconté airant moi, et cent autres y reviendront. Quelles seront dans l'avenir les fortunes diverses de notre sainte cause? c'est le secret de Dieu. Les champs de bataille seront multiples, mais la guerre restera une dans son ensemble, dans son origine et dans son but. Ainsi le veut la grande loi de la solidarité humaine. Etre jeté sur les pontons de Belle-Isle, fusillé à Milan, pendu à Pesth, ou enfoui tout vivant dans les cachots du Saint- OfBce, c'est soulTrir et mourir pour une même cause, pour la liberté.
Cela soit dit en passant à ceux d'entre nous qui ont pu croire que la République française vivrait isolée, étiolée dans ses frontières, en bons rapports avec les gouvernements qui procèdent d'un principe contraire. C'est comme si le christianisme se fût concentré dans la JudéO) entre deux chaînes de collines, sans