Septembre. — Ordre n
« Le maréchal commandant en chef fait connaître qu'il n'accordera à l'avenir de décorations qu'aux officiers qui réussiront dans leurs entreprises, ou qui auront obtenu un succès quelque léger qu'il soit. Signé : Colonel Méli.x. »
105. — 4 Septembre. — Armée du Rhin n° 7. — Ordre général. « Le 1" septembre, dans la matinée, cinq voitures qui portaient du
pain destiné au 70« de ligne, et qui avaient été momentanément arrêtées à hauteur de la ferme de Grimont pour hvrer passage à l'artillerie, ont été pillées par des militaires appartenant à divers corps.
« Le maréchal commandant en chef, à qui des faits analogues ont déjà été signalés, appelle sur ces actes de violence et d'indiscipline la réprobation de l'armée et la plus sévère attention des commandants de corps d'armée. Les soldats qui pillent les approvisionnements destinés à leurs camarades, sont aussi coupables que ceux qui pillent les propriétés de l'habitant, et ils doivent, comme eux, être traduits de-
vant les conseils de guerre et poursuivis avec toute la rigueur des lois militaires.
« Ces principes sont la base de la conservation des armées, et les chefs de corps doivent être les premiers à en exiger la rigoureuse observation. Ils doivent également user de toute leur autorité et de tous les moyens de répression dont ils disposent, pour retenir ou faire rejoindre les hommes qui, au moment du combat, se retirent sous de futiles prétextes en arrière des lignes, et laissent leurs camarades affronter seuls le feu de l'ennemi. Si le sentiment de l'honneur et du devoir ne suffit pas pour les retenir dans le rang, une arrière-garde peu nombreuse, mais énergiquement commandée, devra les recueilUr et les ramener à leur poste.
« Pour la répression de ces abus ou de ces défaillances, imputables à un petit nombre, le maréchal commandant en chef fait appel au concours unanime de l'armée. Témoin de sa bravoure et de ses efforts héroïques, il sait qu'il peut compter sur son bon esprit, sa discipline et son inaltérable dévouement.
« Au grand quartier-général du Ban-Saint-Martin.
« Le maréchal commandant en chef, signé : Bazaine. »