‹ 1870Chapitre 43 sur 155 · TROUPES · texte numérisé non relu

TROUPES

CHEVAUX

Blessés

Disparus

Totaux

En comparant avec la totalité des effectifs, cela donne en moyenne : pour la troupe, 10 %, ou le dixième; pour les officiers, 20 «/o, ou le cinquième.

Pendant la même période et pour les mêmes combats, on a consommé :

6,500 coups de canons de 4; 10,900 — de 12;

19,000 — à balles ;

3,224.000 cartouches, modèle 1866.

109. — 5 Septembre. — Instruction pour MM. les officiers de la réserve.

« Avant le combat :

« Toutes les fois que cela sera possible, le général indiquera les points décisifs, les objectifs choisis par le général en chef. Il s'en remettra ensuite au tact, au coup-d'ceil, à l'énergie, à la bravoure de tous.

« Il recommande de ne pas se hâter. Il faut souvent avec patience supporter le feu de l'ennemi sans y répondre, et attendre l'occasion d'agir.

€ Il faut se souvenir qu'il est de la dernière importance de choisir ses positions le mieux possible, et de n'en bouger que le moins possible aussi. En tirant longtemps du même endroit, on est maître de son tir, on le régularise et la grande portée des pièces donne toute latitude.

«Au commencement du combat :

« En face de l'ennemi, le premier soin doit être d'apprécier les distances et de régler le tir. On y arrive facilement avec quelques obus armés de fusées percutantes. Le rôle principal de l'arme étant de faciliter l'attaque de l'infanterie, il faut toujours chercher les moyens de concentrer son tir sur les points décisifs, c'est-à-dire sur les troupes ennemies, et se souvenir que l'éloignement des batteries les unes des autres ne les empêche pas de réunir leur action sur un point commun.

« Il ne faut pas, à moins d'ordres précis, engager des combats d'artillerie contre artillerie. Le rôle du canon n'est pas de tirer contre les bouches à feu prussiennes. Il doit servir à détruire son infanterie, à arrêter les colonnes qui s'avancent, à ébranler, à désorganiser la cavalerie qui se masse pour charger.

« Si, dans un cas particulier, une batterie ennemie tire sur notre infanterie, empêche sa formation, arrête son élan, il faut alors immédiatement, très-vivement, et très-largement contre-battre cette batterie, détourner son action et attirer son feu.

« Ce sont le plus souvent des questions de minute; l'occasion .s'offre, mais elle disparait bientôt. Les capitaines-commandants doivent donc tout voir, tout apprécier et saisir les moments décisifs.

€ Il est quelquefois nécessaire, dans certains moments de la guerre, de tout attirer sur soi, et de se sacrifier largement pour dégager les autres; c'est un devoir auquel il faut, sans ordre, rapidement obéir.

« Pendant l'action :

« Ce ne sera que lorsque l'infanterie ennemie aura été ébranlée et aura beaucoup souffert, que la nôtre pourra fructueusement attaquer. Nos troupes avanceront toujours instinctivement du côté où l'artillerie aura facilité le chemin. Au moment de la rencontre décisive, les quahtés individuelles, les forces vives de chaque officier agissent seules, sans ordre ; il doit puiser dans ses inspirations ce qu'il doit faire.

« Pour les détails pendant le feu :

« Il faut laisser les chefs de pièces, qui connaissent leurs bouches à .feu. pointer et rectifier peu à peu leurs coups ; il ne faut que leur indiquer le but à atteindre.

« On ne saurait trop recommander de ménager les munitions ; mais quand le moment est venu, il faut en user rapidement et largement.

« Les officiers commandant les batteries de canons à balles, doivent, plus que les autres, se préparer d'avance à saisir toutes les occasions de faire du mal à l'infanterie ennemie,

« Le général, pendant le combat, ne peut que surveiller l'ensemble, mettre à profit les avantages déjà remportés, les faire appuyer et soutenir, prévenir des revers, assurer une retraite ; mais il ne peut indiquer à chacun les détails. C'est k tous à puiser dans leur énergie, leur expérience et leur courage, les moyens de bien faire et de concourir au succès.

« Résumé :

« Dans un combat, il n'y a pas des armes différentes, il n'y a qu'une seule armée. L'instrument réel de la victoire c'est l'infanterie ; si l'on brise celle de l'adversaire, l'affaire est décidée.

« Les trois armes, de l'artillerie, de la cavalerie et de l'infanterie, doivent donc concentrer leurs efforts et leur action sur l'infanterie ennemie, en ne s'occupant des autres armes qu'autant que cela est absolument nécessaire à leur défense directe.

« C'est en concenti-ant tous les efforts sur un seul but qu'on obtiendra le succès. Jamais l'artillerie la plus puissante ne gagnera une bataille si l'infanterie a été obhgée de plier.

« L'armée qui aura l'avantage sera donc celle dont l'artillerie aura le mieux su s'employer contre l'infanterie ennemie.

« Une attaque vigoureusement préparée par le canon, sera toujours enlevée par nos troupes; et les officiers d'artillerie, s'ils ont du coup d'œil, sauront toujours se placer plus ou moins heureusement, en vue de tous ces résultats.

<' Enfin aujourd'hui, l'armée combat pour le salut du pays; tous doivent se sacrifier avec élan, pour la délivrance et l'honneur de la patrie. Signé : de MoiNtluisant. »

« Nota. — Cette note sera copiée par MM. les officiers de la réserve d'artillerie du G^ corps. »

Page 1