y 7 Septembre. — « Dans la l'"^ division
« M. le commandant Vignotti, commandant en second l'artillerie de la l-"' division, est allé, deux fois, le 16 août, à travers le champ de bataille, chercher les renforts nécessaires pour arrêter les efforts des Prussiens. Il s'est encore distingué le 18 août, et aussi le 31 août au combat de Servigny.
« M. le capitaine Abord, capitaine commandant la 5^ batterie du 8« régiment, a reçu l'ordre de se placer à un poste important, d'y rester et de s'y faire tuer. Il a exécuté l'ordre et a été traversé par une balle de mitrailleuse prussienne.
• M. le capitaine Blondel, de la 12« batterie du 8^ régiment, a été engagé pendant 6 heures. Il a subi des pertes considérables ; c'est sa batterie qui a contribué à arrêter le retour offensif des Prussiens' sur le centre de la bataille.
« M. le capitaine Osier, de la 7« batterie du 8« régiment, a conduit sa batterie trois fois au feu dans des moments décisifs. 11 y retournait encore le 18 et le 31 août au combat de Servigny.
« M. le capitaine Flottes, de la 8« batterie du 8« régiment, a été complimenté, le 18 août, par le maréchal Canrobert, pour le courage avec lequel il a soutenu son feu en avant de St-Privat.
« Dans les batteries de la réserve :
« Le 16, le commandant Brunel, attaché à laS^ division Bisson, a été au feu, de 1 1 heures à 2 heures. Sabré par la cavalerie prussienne, il est retourné immédiatement au feu. Il s'est encore signalé le 1 8 août et le 31, où il a dirigé les bouches à feu de 12 placées sous son commandement.
« Le capitaine Lequeux, commandant la 9^ batterie du IS*" régi-
ment, mérite d'être cité par sa conduite à la bataille de Rezoïiville : pour sa ténacité à celle de St-Privat, le 18 août; enfin, le 31 août, il a reçu Tordre de supporter un tir meurtrier et de contre-battre, sans reculer, l'artillerie prussienne massée sur les hauteurs de Ste-Barbe.
« Le capitaine Laurel, commandant la 11 « batterie du 15<' régiment, de canons à balles, a été engagé trois fois par le général de Lavaucoupet à la bataille de Spickren. Il a largement contribué à assurer la retraite du 2« corps d'armée.
« Cette batterie a encore pris part au combat du 14 août et à ceux du 31 et du 1" septembre.
« — Le capitaine Bernadac, commandant la 9« batterie de canons à balles du 4« régiment, a formé l'arrière-garde de la brigade Duplessis au combat du 14 août, et a arrêté les colonnes prussiennes. Il a été encore engagé, le 18, à la position de Moscou. Enfin il assistait, le 31 et le l^"" septembre, au combat de Servigny.
« — Lassère (Henri), sous-chef artificier (9<^ du 4^).
« Envoyé le 18 août pour chercher des munitions au grand parc, il trouve, à son retour, la route occupée par les Prussiens ; il met les munitions qu'il ramène en sûreté, en les conduisant à la réserve, puis il franchit de sa personne les lignes ennemies, et revient, au péril de sa vie, rendre compte à son capitaine de l'e.xécution de ses ordres.
« — Astier, maréchal-des- logis (9^ du 13«).
« Le 16, à la bataille de Rezonville, Astier, chef de pièce, tire à mitraille sur la cavalerie prussienne, qui s'avance pour charger. Entouré par les cuirassiers prussiens, il met le sabre à la main, se défend corps à corps avec les servants, qu'il réunit autour de lui. Il se dégage et entraîne la pièce, après avoir remis l'avant- train.
« La charge passée, il se remet en batterie, et recommence le feu, après ^voir fait preuve d'une grande bravoure et d'une louable énergie. Signé : de Montluisant. »
Nota. — Le général de Berckheim refusa presque toutes les propositions, et ne présenta que trois officiers seulement pour toute l'arfillerie du 6^ corps.
Le maréchal Canrobert fit ensuite écrire officiellement au colonel de Montluisant qu'il l'acceptait le premier, et qu'il adressait au maréchal Bazaine le double rapport suivant.
141. — Il Septembre. — Rapport spécial sur le lieutenant-colonel d'artillerie de Montluisant, proposé pour une citation à l'ordre de l'armée :
€ Le lieutenant-colonel de Montluisant commandait, le IG août, quatre batteries du 8« régiment, qui faisaient à cette époque partie de la l^^ division d'infanterie du 6« corps.
c 11 s'est fait remarquer à plusieurs reprises dans cette journée par la manière intelligente et par l'énergie avec lesquelles il a maintenu ses troupes sous le feu, dans les moments les plus difficiles, notamment pendant la charge de cavalerie qui a traversé ses batteries.
« Le 18, il commandait, en outre, deux batteries de 12 du 13^ régiment, provenant de la réserve générale. Vers la fin de la journée, il aperçut le mouvement tournant et otïensif des Prussiens, et concenti^a immédiatement les feux de toute l'artillerie qu'il put réunir, sur l'ennemi, qui ne put déboucher de St-Privat-la-Montagne et Roncourt. Ce mouvement fut assez remar-qué pour que le général Tixier, commandant la i'"^ division, le signalât dans son rapport officiel et dans les termes suivants :
« M. le lieutenant- colonel de Montluisant avait réuni et placé en « étages sur la cote, à droite de la route, sept batteries, dont six atia- « chées à ma division et une du 19« régiment d'artillerie. Le feu de « celte masse formidable empêcha les Prussiens de sortir de St-Pri- « vat-la-Montagne et Roncourt.
« Une citation à l'ordre de l'armée en faveur du lieutenant-colonel « de Montluisant serait la juste récompense de son énergie et de sa « bravoure au feu, ainsi que du zèle remarquable avec lequel il sert « en toutes circonstances. Signé : Tixier. »
« Le Ueutenant-colonel de Montluisant, que j'ai été à même de remarquer dans les divers combats soutenus par le 6^ corps, a su, le 18 août, à la bataille de St-Privat, i-éunir et placer une puissante batterie qui, par son feu écrasant, a empêché l'armée prussienne de dépasser le village de St-Privat, et contribué ainsi au bon ordre de notre retraite devant des forces très-supérieures.
« Signé : Canrobert. »
Nous savons ensuite nous-même, par M. le maréchal Canrobert : (juil n'avait demandé que 33 citations à l'ordre de l'armée pour toute la campagne et pour tout son corps d'armée. Il se plaignait vivement de n'avoir jamais reçu de réponses définitives.
L'armée du Rhin n'a pas obtenu de son général en chef, M. le maréchal Bazaine, une seule citation à l'ordre de l'armée, pour toutes les batailles et les événements de la campagne.