PREFACE
Dans une précédente étude (1), nous avons exposé les préliminaires de la guerre de 1X70, l'état matériel et moral des deux adversaires, la situation politique, les plans de campagne, les mouvements de concentration des armées opposées, enfin les opérations qui se sont déroulées en Alsace.
Après avoir rêvé de devancer l'ennemi par une offensive immédiate, le commandement français, déconcerté par des difficultés de mobilisation et d'organisation imprévues, ajourne momentanément l'exécution de son projet.
L'armée du Rhin, comptant 230 (XX) hommes environ et constituant un seul groupe sous le commandement de l'empereur, demeure dispersée en un cordon très étendu de Thionville à
(1) 1870, La Perte de l'Alsace (ParU, Pion et Nourrit). I. a
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Belfort, par Saint- Avold, Forbach, Bitche et Haguenau. L'affaire insignifiante de Sarrebruck n'est qu'une satisfaction donnée à l'opinion publique, un trompe-l'œil destiné à faire illusion à L'Autriche et «à l'Italie, dont Napoléon III espère encore l'intervention en sa faveur.
Cependant, les Allemands exécutent méthodiquement la mise sur pied de guerre, le transport et le rassemblement de leurs forces. Les 900000 combattants de première ligne sont répartis en trois armées dirigées nominalement par le roi Guillaume et effectivement par le général de Moltke : la 1", général de Steinmetz, comprenant deux corps d'armée et une division de cavalerie, réunie d'abord au nord-est de Trêves, s'est acheminée ensuite sur le front Sarrelouis-Merzig ; la II*, prince Frédéric-Charles, forte de trois corps d'armée, la Garde, deux divisions de cavalerie, a été débarquée sur le Rhin, entre Mayence et Mannlieim, et se porte par voie de terre vers Neunkirchcn-Hombourg; la 111% prince royal de Prusse, constituée par cinq corpi d'armée et une division de cavalerie,
se forme dans h' Palatinat bavarois, au nord de
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PREFACE m
Mac-Malion est dans la plus entière quiétude à Strasbourg, quand la IIIe armée, franchissant la frontière d'Alsace le 4 août, surprend la division Abel Douay à Wissembourg et, après un combat acharné et très honorable pour celle-ci, l'oblige à rétrograder.
La première stupéfaction passée, on songe aussitôt, au grand quartier général français, à prendre une revanche éclatante, et l'on élabore un projet d'offensive vers Hombourg. Mais on y renonce de suite, sur des objections peu fondées de l'intendant en chef, relatives à l'alimentation de l'armée. Le soir même de Wissembourg, Mac-Mahon s'empresse de prescrire la concentration générale des forces dont il dispose; un ordre formel dans ce sens est envoyé le 5 août au général de Failly, établi à Bitche. Le 6 au matin, la bataille s'engage à Frœschwiller contrairement aux prévisions des généraux en chef. Sensiblement inférieures en nombre et écrasées par une artillerie formidable, les troupes françaises opposent aux efforts de l'ennemi une résistance héroïque, jusqu'au moment où, faute d'être secourues par le général de Failly, elles sont contraintes de battre en retraite par Niederbronn sur Saverne. De là, elles se rendent au camp de Ghàlons où