‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 11 sur 165 · RESPONSABILITÉ DE MOLTKE · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ DE MOLTKE

médiate... et lorsque, dans la soirée du 5 août, le général Steinmetz prescrivait le mouvement vers la Sarre, les plans ultérieurs de l'autorité supérieure lui étaient inconnus, parce qu'ils étaient eux-mêmes encore subordonnés aux événements (1) » .

Ce plaidoyer de l'historique officiel ne saurait justifier Mollke de n'avoir pas fait connaître nettement à son subordonné son « plan fondamental » et sa pensée. Cette manière défectueuse de commander a préparé la désobéissance de Steinmetz. Ce n'est point ainsi que procédait Napoléon : il suffit, pour s'en convaincre, de lire les instructions qu'il envoyait à ses maréchaux, dans les périodes précédant les engagements décisifs. Il faut ajouter que l'empereur, qui ne craignait pas de partager les fatigues de ses troupes, se tenait au milieu d'elles, tandis que le roi de Prusse et Moltke, plus âgés que Napoléon, plus soucieux de confort, avaient maintenu leur quartier général très loin en arrière des armées, à Mayence. Certes, la première tâche du commandement consiste â donner des ordres, mais il lui appartient également d'en assurer l'exécution (2) .

(1) Historique du y ra nd Etat-major prussien, II, 155.

(2) Général Boniul, loc. cit , 167; lieulenant-colonel Rousset, Le haut commandement des armées allemandes en 1870, 25-26; lieutenant-colonel MamthB, loc. cit., 17.

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