DÉSOBÉISSANCE DE STEINMETZ
du 6 août débutent par ces mots : a L'armée commencera demain son mouvement en avant vers la Sarre... » Le VU* corps se porterait de Lebach sur Guichenbach avec des avant-gardes vers Vôlklingen et Sarrebruck; de Mainzweiler, le VIIIe corps atteindrait Fischbach. La 3e division de cavalerie couvrirait le flanc droit de l'armée (1). Ce sont ces prescriptions qui vont déterminer la bataille de Forbach, contrairement aux projets du grand quartier général, et qui feront échouer le plan de Moltke consistant à livrer, sur la Sarre, une affaire décisive (2).
Bien que Y Historique du grand Élat-major prussien ait tenté de justifier Steinmetz, la désobéissance est manifeste. Elle s'aggrave encore du fait de n'avoir tenu aucun compte du message reçu le G août, à 2 h. 30 du matin, en réponse au télégramme adressé au roi la veille. On lui donne cette fois, tardivement il est vrai, toutes les explications nécessaires sur le mouvement combiné des lreet IIe armées. On lui recommande à nouveau de conserver, les 5 et 6 août, ses emplacements actuels, jusqu'à ce que la 11e année soit sortie tout entière des défilés du Haardt. La V* armée se mettrait en marche le 7 u pour être prête à franchir la Sarre à partir du 9 août entre Sarrelouis et Yôlklingen, et à prendre éventuel-
(1) Historique du grand État-major prussien, II, 152.
(2) Général Bonhal, foc. cit., 173.
Iement l'offensive contre le flanc gauche de l'adversaire que la IIe armée aborderait de front... (1) »
Steinmetz aurait eu le temps le 6 août, à 2 h. 30 du matin, de contremander le mouvement prescrit à la Ire armée et de le réduire à une nouvelle répartition des cantonnements afin de laisser la route Saint-Wendel, Ottweiler, Neunkirchen à la disposition de la IIe armée. Mais les instructions du grand quartier général restent pour lui lettre morte. Dès le 5 août, on peut donc formuler sur Steinmetz le jugement que le roi de Prusse émit, dit-on, quelques jours plus tard : « Il ne m'obéit plus! (2) »
Toutefois, il faut rendre hommage à cette éminente qualité que possédait Steinmetz de vouloir à tout prix arriver au contact de l'ennemi et livrer bataille. Le désir sincère de conduire les troupes au combat n'est pas un sentiment aussi général qu'on serait tenté de le croire. On peut d'ailleurs invoquer, eu faveur de Steinmetz, une circonstance atténuante. Moltke l'a tenu trop longtemps dam l'ignorance de ses projets et s'est DOntenté, au moyen de télégrammes laconiques, de lui prescrire des mouvements sans en indiquer
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(1) Correspondance miUudr* du mmrdekol </<■ Btoltkê, d" l(MT.
(1) Canliii.il \mn Wiim i >, lt,r. cit., 189.