‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 122 sur 165 · LA DIVISION FORTON · texte numérisé non relu

LA DIVISION FORTON

qu'on désirait ne pas la rencontrer, afin de gagner Verdun sans livrer aucun combat, si c'était possible (1) " .

Dans l'après-midi, Ladmirault fait demander à Bazaine l'autorisation de suivre la route de Briey et de laisser ses troupes dans leurs bivouacs pendant toute la journée du 15. Il s'engage d'ailleurs à atteindre Doncourt le 10. Le commandant en chef refuse ; il maintient également les itinéraires précédemment fixés; toutefois, en raison de la fatigue des troupes de Ladmirault, il lui concède la faculté de suivre le 3e corps, au lieu de le précéder. Ladmirault donne aussitôt l'ordre de départ; la division Lorencez, qui est complète, prendra la tète (2) .

Le 15 août, de grand matin, la division de réserve de cavalerie Forton s'est portée de Grare-

lotte sur Rezonville et Vionville. D'après les gens du pays, l'ennemi occupe Ghambley; des cuirassiers, des uhlans, des hussards avec de l'artillerie se trouvent à Mars-la-Tour (3). Le contact ne

(h Général Jabbm, toc. cit., 91-92.

(2) Conseil d'enquête sur les capitulations (séance du 2)i lévrier 1872); le général de Ladmirault ta maréchal Bazaine, le Sansonnet, 15 août; général Jarius, loc. cit., 96-97.

(3) Conseil d'enquête sur les capitulations, Déposition du général de Forton.

272 BORSY

tarde pas à se produire. Le 1er dragons refoule jusqu'à l'ouest de Puxieux deux escadrons de hussards prussiens; arrêté ensuite par une batterie établie au nord-est de Xonville, il rétrograde sur Mars-la-Tour. Les deux batteries à cheval de la division Forton, en position à l'ouest du village, ouvrent le feu à leur tour. Après un duel inutile d'artillerie d'une demi-heure environ, la batterie ennemie disparaît. La division du Barail, qui opère vers Jarny, apparait à ce moment au nord de Ville-sur-Yron. Enfin, le 7e dragons, de la diristoi) de cavalerie Valabrègue du 2e corps, arrive entre Vionville et Tronville. Le général de Forton dispose donc de trente-quatre escadrons et de quatre batteries, qui lui permettraient d'attaquer

avantage la division de cavalerie très disséminée du général von Rheinbaben. Il en juge autrement et, après avoir stationné aux environs

1 h— la-Tour jusqu'à une heure de l'aprèsmidi, il fait demi-tour et établit ses bivouacs à Vionville. à proximité de la division Valabrègue,

en -«• couvrant par des grand 'gardes placées, sui- \ant le< errements de L'époque, à très courte distce (I).

orps, qui marche derrière la réserve di> sur la chaussée de Oravelotte, reçoit en

( 1 ) Kapporti du di Portos, d : Contoil

i dirions, Déposition du ,,< aérai de Forton ; // ■ tttien, V, .r)(i(i-.'ii)S.

MARCHE DU 6e COUPS 273

route un contre-ordre du maréchal Bazainc : au lieu de continuer jusqu'à Mars-la-Tour. il s'arrêtera à Rezonville. En conséquence, le général Frossard forme les bivouacs près et au sud-ouest de cette dernière localité, exception faite pour la division de cavalerie qui campe à l'est de Vionville (1). Le 6e corps, qui doit suivre immédiatement le 2e, progresse très lentement en raison de l'immense encombrement de la route obstruée presque constamment par des voitures marchant sur plusieurs files. Après des difficultés de toutes sortes et des arrêts nombreux, qui, pour certaines unités, durent plusieurs heures, le 6e corps parvient enfin à destination (2). Encore a-t-il fallu utiliser des chemins latéraux et marcher parfois à travers champs. La division Tixier bivouaque à Saint-Marcel, la division La Font de Villiers au nord-ouest de Rezonville, la division Bisson (3) derrière la précédente, la division Levassor-Sorval au nord-est de Rezonville, faisant face au sudest et surveillant les débouchés du bois des Ognons (4).

(1) Journal de marche du - oorpt

(J) La division La Font de Villiers met dix heure» à parcourir i'-i kilome ■

(3) Cette division ne comprend que te 9* de li[;ne et deux batteries de ï'2, de la réserve générale, rattachées provisoirement à la division.

(4) Journal du général Henry, chef d'état-major du 6e corps; Journaux de marche des division?; Mets, II, 27-31.

•27 V BORNV

Après un arrêt prolongé entre Moulins et Longeville, la division de voltigeurs de la Garde se remet en marche à 11 heures du matin (1). A Longeau, les difficultés sont telles que le général Deligny engage sa colonne sur l'ancienne voie romaine. Il gagne ainsi les abords du Point-du- Jour; le bataillon de chasseurs et une batterie poussent jusqu'à Gravelotte. La division de cavalerie s'ébranle à 2 heures de l'après-midi, suivie de la réserve d'artillerie et de la division de grenadiers. Les bivouacs sont établis à Gravelotte, dans l'angle des routes de Mars-la-Tour et d'Étain; les derniers éléments n'arrivent qu'après minuit (2). Les soldats sont exténués: «A chaque temps d'arrêt, à chaque à-coup, écrit un témoin, nos grenadiers s'allongeaient sur la route dans la poussière (3).» La réserve générale d'artillerie, qui marche derrière les grenadiers, campe au nord-est de Gravelotte (4).

Deux équipages de ponts suivent l'armée. Afin

(1) Un régiment reste, connu.' arrière-garde, à f.hâtel-Saint- OeilUMB. l'ar mite de» circonstani . s. il se trouva camper l'uv à

rw la division Lorences du 4'oorpa, qui n'avait pu dépasser

Lesuv. — Cf. infn'i, p, 27().

(i) Journal de marche de la Garda,

lournal du li< •ulcnant de I. ifor.M-l'ivoiuic. du l'r jmcii.i-

(V) La général Soleille au général Canu, Moulins-les-Mett, 15 août. — Cette réeervi générale ne comprend plut <jii<- huit

bsttttrÎM quatre lOnt rester* aux forts Helleeroix et Moselle; . 1 <Ii\i-ioii du C>" corps; deux a la V' di-

, .o pi ,i .,. m. , | Mets, il • 84).

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