BAZAINE ET L'EMPEREUR
fonctions de commandant en chef. L'empereur, lui touchant amicalement l'épaule, répond, avec cette bonté qui séduisait ceux qui pouvaient l'approcher : « Ça ne sera rien, c'est l'affaire de quelques jours, et vous venez de briser le charme! ... » . Puis il lui aurait recommandé « la plus grande prudence dans les opérations, afin de ne rien livrer au hasard, et par suite, de ne donner aux puissances qui, lors du début des hostilités, semblaient vouloir venir à nous, aucun prétexte pour se retirer » . L'empereur aurait ajouté : « J'attends une réponse de l'empereur d'Autriche et du roi d'Italie; ne compromettons rien par trop de précipitation, et évitons avant tout de nouveaux revers (1). »
A 1 heure du matin, le maréchal Bazaine arrive A son quartier généra] à Moulins, et remet au lendemain toute préoccupation d'ordre militaire. Le 15 août, avant 7 heures du matin, Jarras force sa porte pour lui demander ses instructions et lui rendre compte de la lenteur du mouvement des 3" et 4e corps, dont la majeure partie est encore sur la rive droite de la Moselle. Des officiers d'état-major leur sont envoyés pour hâter le mouvement; puis, entre i) heures et 10 heures, le maréchal Bazaine donne verbalement des prescriptions pour la marche ultérieure
(1) Maréchal Bazaine, Episodes, 70-71.
(2) Général Jauras, hc. cit., 89-90.
270 BOllNY
Le 4e corps ira à Doncourt. Le 3e corps, derrière lui, s'arrêtera à hauteur de Vernéville et campera sur la ligne Yernéville-Saint-Marcel, faisant face au nord-ouest et gardant le bois Doseuillons. Le 2e corps, « dès qu'il verra la tête du 6e« , continuera sa marche jusqu'à Mars-la-Tour et sera remplacé à Rezonville et Vionville par ce dernier corps. La Garde s'établira à Gravelotte, sauf la division de voltigeurs et deux batteries qui prendront position au Point-du-Jour « pour couvrir au besoin la retraite » ; en outre, un régiment restera à Longeville jusqu'à ce que toute l'armée se soit écoulée. La division Forton se portera à Tronville et éclairera à gauche et en avant, sur la route de Saint-Mihiel ; la division du Barail fera le même service sur la route de Verdun par Jarny et Gonflans (1).
Le maréchal Bazaine recommande aux 3e et Ar corps de suivre les deux chemins vicinaux de Plappeville, Lessy, Chàtel-Saint-Germain, Amanvillers, et de Lorry, Amanvillers, en s'abstenaut (1 utiliser la grande route de Briey. A Jarras, qui en manifeste sa surprise, Bazaine répond avec autorité qu'il ■ a pris cette détermination de concert avec l'empereur b , parce que, suivant les avis \ rniis de Paril et de Briey même, « une des année* ennemie! se trouvait déjà de ce coté, et
(I) I . i. ii t <• ii « ii ï -«-. »I • > ii <- 1 I'av, foc .cit., 0S-(ji). — Toui ci* ordrei
«mil [il.'ii-f» ■ n In- |;uilli'iiu'ln il. m- . . I mm