LES CONVOIS AUXILIAIRES
çaise n'a gagné péniblement vers l'ouest, pendant une période de trente-six heures, qu'une quinzaine de kilomètres environ. C'est d'ailleurs au prix de grandes fatigues, et encore quatre divisions d'infanterie et deux de cavalerie restent-elles stationnées aux portes mêmes de Metz. Tel est le résultat des dispositions vicieuses prises par le maréchal Bazaine ignorant l'utilisation rationnelle du réseau routier, la durée d'écoulement réelle d'une colonne et peu soucieux de ménager les forces du soldat.
De son quartier général, à Moulins, Bazaine a pu constater à quel point les convois auxiliaires contribuent à encombrer la route de marche et à alourdir les colonnes. Vers 11 heures du matin, il prescrit à l'intendant général de l'armée de faire décharger les voitures et de les renvoyer sur Metz où les convois seront licenciés. Malgré les représentations de l'intendant de Préval, qui expose les difficultés d'exécution, le maréchal maintient sa décision. Mais il est trop tard pour arrêter les convois du grand quartier général, des réserves de cavalerie et du 2e corps. On se borne à laisser au Ban Saint-Martin ceux des 3e et 4e corps et de la Garde (1). Bazaine ordonne
(l) Le maréchal Bazaine à l'intendant général Wolf, Moulins- Ls->îc-tz. 15 août; général Jir.i.vs, loc. cit , 98.
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également de ramener les voitures à bagages au nombre strictement réglementaire (l).
Vers 3 heures de l'après-midi, le maréchal Bazaine quitte Moulins, et se rend à Gravelotte où est déjà établi le quartier impérial. Dès son arrivée, vers 5 heures, il a un court entretien avec l'empereur. «11 n'a pas été question de mouvements à faire, a déclaré le maréchal en 18 72, mais si l'empereur devait partir le soir ou le lendemain. J'ai répondu à l'empereur que, n'ayant aucune donnée sur la sécurité des routes à suivre, je l'engageais à attendre le lendemain. C'est ce qui eut lieu effectivement (2). » Le maréchal fait choix, pour son quartier général, dune maison voisine de celle où réside le souverain. Jarres installe aussitôt l'état-major général à proximité. Mais, une heure après, il apprend par hasard que le commandant en chef est allé s'établir à la Maison de Poste située à la sortie ouest de Gravelotte. Il le rejoint aussitôt et lui annonce que I état-major prend ses dispositions « pour se tenir aussi rapproché de lui que l'exige le bien
( 1 1 Ordre du 15 août.
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