LE CHAMP DE BATAILLE
est constituée d'abord par le Galgen Berg et la Folster Hohe, puis par le plateau de Spicheren, dont les pentes nord sont raides, boisées et ravinées, et dont le commandement immédiat dépasse parfois 80 mètres. Une sorte d'éperon d'aspect rougeâtre, le Rother Berg, fait saillie sur le plateau dans la direction de Sarrebruck et offre des vues jusqu'aux collines de la rive droite de la Sarre.
A l'est du Rother Berg s'étendent des bois épais divisés en Gifert Wald, Pfaffen Wald et Stifts Wald, les deux premiers séparés par un col formant clairière et d'où descend vers le nord-est l'étroit vallon de Saint- Arnual . A l'ouest, se trouve la forêt de Spicheren dominée au sud par le Forbacher Berg, accidentée par plusieurs ravins larges et profonds, qui sont généralement orientés du nord au sud, et dont les plus importants viennent aboutir, sur la grande route de Forbach à Sarrebruck, à un groupe de bâtiments : la baraque Mouton, l'auberge de la Brème d'Or, la maison de Douane.
Entre la forêt de Spicheren et celle de Stiring existe une trouée, large d'abord de l 200 à 1 500 mètres entre le Rother Berg et le bois de Stiring, et qui va ensuite en se rétrécissant jusqu'au village industriel de Stiring-Wendel, composé presque en entier d'une usine et de ses dépendances. La route et le chemin de fer de Sarrebruck, celui-ci presque partout en déblai,
traversent ce secteur en convergeant vers Forbach. Plus à l'ouest se trouvent Vieux-Stiring et la croupe de Vieilles-Houillères dans une sorte de clairière formée par le bois de Stiring, la forêt communale de Sarrebruck et la forêt de Stiring.
Le général Frossard connaissait parfaitement la position de Forbach-Spicheren sur laquelle il s'était replié. Il l'avait parcourue et étudiée en 1867, et la considérait comme extrêmement forte (1). L' Historique du grand État-major prussien semble partager cette opinion.
« Les conditions topographiques donnaient tous les avantages aux Français. Ainsi, quand, de Sarrebruck, on aborde les hauteurs qui s'élèvent immédiatement au sud, les montagnes de Spicheren et leurs vastes forêts cachent entièrement tout ce qui se trouve en arrière. Du côté de l'ennemi, au contraire, la vue s'étend, presque sans obstacles, vers le nord jusqu'à la Sarre; en outre le clocher de Stiring-Wcndel offre un observatoire duquel on découvre toute la contrée au nord-est jusqu'au Repperts Berg. Ces qualités défensives, naturellement inhérentes à la position des Français, avaient été encore accrues par des travaux (2). »
De telles assertions ne sauraient être admises l'i'vcs. Abstraction faite de la supériorité
(1) c .,.-, ,i Li un t, toc rit., Î64.
(t) HUtorique ilu grand lùut-majoi prussien, 111, 2U0.