‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 14 sur 165 · INCONVÉNIENTS DE LA POSITION · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS DE LA POSITION

morale et matérielle de l'offensive sur la défensive, le terrain occupé par le 2e corps présentait de graves inconvénients. L'ensemble de la position offrait une forme généralement convexe avec un saillant très prononcé, le Rother Berg, arête extrêmement étroite exposée aux feux convergents et d'enfilade de l'attaque (1). Les flancs étaient mal appuyés et faciles à déborder par le Stifts Wald et par la forêt de Stiring. La forêt de Spicheren, qui s'étend sur une largeur de deux kilomètres entre le Forbacher Berg et Stiring, en terrain très accidenté, devait rendre fort difficiles les relations des troupes de Spicheren avec celles de Stiring. L'interposition de cet obstacle déterminera en effet, du côté français, deux actions indépendantes : l'une sur le plateau de Spicheren, l'autre vers Stiring. Presque partout, la vallée de la Sarre échappait aux vues; inconvénient d'autant plus grave que l'on avait commis la faute de ne pas détruire les ponts. Les emplacements de batterie étaient rares, peu étendus et généralement défectueux; à cet égard, tout l'avantage était à l'adversaire qui pouvait faire agir son artillerie en masses et

(1) L' Historique du grand État-major prussien parle des « pentes rocheuses » du Rother Berg qui le * protégeaient presque à l'égal des remparts d'une forteresse >• . En réalité, sauf à l'extrême pointe du Rother Berg, et encore sur l'espace seulement de quelques mètres, on ne voit nulle part d'escarpement rocheux.

obtenir aisément la convergence des feux sur tel point du champ de bataille où s'imposerait cette nécessité. L'assaillant disposait d'excellents cheminements pour aborder, à l'abri des vues et des projectiles, soit le saillant nord du bois de Stiring, soit la maison de Douane, soit le col déboisé entre le Gifert Wald et le Pfaffen Wald. Stiring était, il est vrai, un bon point d'appui, mais sa défense ne pouvait être convenablement soutenue par l'artillerie. Les travaux de fortification se réduisaient à une tranchée-abri d'une centaine de mètres de développement, vers l'extrémité du Ilot lier Berg, et à un retranchement rapide sur le kaninchens Berg, au nord-ouest de Forbach, de part et d'autre de la route de Sarrelouis.

Pour tous ces motifs, le terrain sur lequel allait s'engager la lutte était moins une position de combat qu'un ensemble de postes avancés. La prudence seule avait déterminé le 2e corps à un mouvement de retraite, et des considérations étrangères à la tactique avaient déterminé son arrêt à Stiring et à Spicheren. La préoccupation de couvrir le matériel et les approvisionnements si imprudemment accumulés à Forbach, à proximité immédiate de la frontière, amena Frossard a livrer bataille sur un terrain et dans une situation défavorables. Ainsi qu'il arrive souvent à U guerre, une première Faute en entraîna d'autres. 11 l'aaittail en effet de vaincre et non

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