‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 132 sur 165 · PROJETS DE MOLTKE · texte numérisé non relu

PROJETS DE MOLTKE

concilier ainsi un repos avec « une sécurité plus complète contre les attaques éventuelles venant de Metz » . De même, à la I" armée, les I" et VIT corps conserveront leurs emplacements; le VIIIe, par une courte marche, se portera sur Bazoncourt-Aube, « afin de se relier plus étroitement à la droite de la IIe armée » . La situation des Français autour de Metz étant encore mal connue (1), Moltke juge pourtant « absolument nécessaire de diriger des forces importantes sur la rive gauche de la Moselle, vers les routes entre Metz et Verdun» . La II' armée devra y consacrer « toute la cavalerie disponible sur la rive gauche et la faire soutenir, dans la direction de Gorze et de Thiaucourt, par les corps d'armée qui auront les premiers franchi la Moselle (52) » .

On peut se demander, en raison du repos ainsi accordé à une partie des troupes, si Moltke discerne que les opérations vont entrer dans une période décisive, et s'il pressent que, dans peu de temps, ou bien il aura enfin cette bataille générale tant désirée depuis le début des opérations, ou bien l'armée française échappera encore une fois à son étreinte pour se réunir aux forces

(1) On observera que les reconnaissances de la I™ armée avaient signalé la retraite des Français, mail Ci t événement si important était resté ignoré de Moltke, parce que le grand quartier général se trouvait trop en arrière.

(2) Correspondance militaire du maréchal de Moltke, n» 161.

rassemblées au camp de Chàlons. Au lieu de hâter la manœuvre qui obligerait l'ennemi à accepter la lutte, Moltke immobilise sur la rive droite, pour résister à une offensive éventuelle venant de Metz, cinq corps d'armée et quatre divisions de cavalerie alors qu'un masque sur la Nied suffirait à y pourvoir.

Dans la nuit du 14 au 15, Moltke reçoit de Steinmetz et de Brandenstein des renseignements très optimistes sur la bataille de Borny. S' exagérant le succès obtenu, il écrità Frédéric-Charles, le I .") au matin, que nos troupes ont été rejetées dans Metz et qu'il importe de poursuivre l'ennemi sur la route de Metz à Verdun (1). Moltke se réserve toutefois provisoirement l'emploi du IIP" corps. A Steinmetz, il prescrit de se maintenir sur le terrain conquis la veille (2). Puis le roi et Moltke se rendent sur le champ de bataille, précédés par le quartier-maitre générai von Podbielski. Des hau- - à lest de Flan ville, ils constatent «que l'ennemi ne peut plus se trouver en forces considérables à l'est de Metz... Sur plusieurs points, au delà de la place, on aperçoit de longs Quages île poussière qui semblent indiquer un mouvement ide tics Français vers l'ouest ;5 •• .

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