ERREURS DE FRÉDÉRIC-CHARLES
d'accepter la bataille ni derrière la Moselle, à proximité de Metz, ni sur les plateaux entre Moselle et Meuse. On suppose qu'il a adopté la solution la plus rationnelle : amener le plus tôt possible son armée intacte derrière la Meuse et lui faire effectuer sa jonction avec les autres forces de l'empire. C'est là ce qu'on se propose d'empêcher. On veut donc gagner l'armée française de vitesse, lui interdire les passages de l'Argonne, l'obliger à s'infléchir vers le nord et la séparer ainsi des fractions qui se sont repliées directement vers l'ouest. A cet effet, il importe de s'emparer aussi vite que possible des passages de la Meuse (1) .
Les télégrammes de Moltke confirment Frédéric-Charles dans l'opinion qu'il s'est formée d'une armée française battue à Borny, « en pleine retraite » sur Verdun et dont on ne pourra plus guère atteindre que les arrière-gardes (2) . Pour Moltke, comme pour Frédéric-Charles, il s'agit uniquement de poursuivre, non de vaincre. Il n'y a divergence entre eux qu'au sujet de lob-
(1) Von DES GOLTC, J>if Opcrutioncn (1er II. Aimée, 72.
(2) Voir suprà, p. 289. — Au pmifl de la 6' division à Pont-à- Mousson, Frédéric-Charles recommande au général von Rudd< nbrock de se remettre es marche le lendemain à 3 heures, de passer par Gorze et de tâcher d'atteindre pour le moins « les bagages de l'ennemi en retraita • Puis s'adressant aux hommes de troupe : « Pour avoir quelque* chances de les joindre (les Fiançais), il
faut marcher rondement ce soir et demain matin » (Cardinal von Widdeiin, Crise de Vioncille, traduction Richert, 30).
208 BORNT
jectif. Moltke indique la roule de Metz à Verdun; Frédéric-Charles considère cette direction comme accessoire et vise avant tout à atteindre la Meuse. La manœuvre qu'ils envisagent l'un et l'autre ne repose d'ailleurs sur aucune base certaine : elle est échafaudée sur une hypothèse. Bien que disposant d'une nombreuse cavalerie, ils ignorent l'emplacement réel de l'armée du Rhin dans la soirée du 15; ils considèrent ce que l'adversaire devrait faire au lieu de voir ce qu'il fait; ils partent de données vraisemblables, mais fausses en réalité (1). Ce sont ces idées préconçues qui président à l'ordre envoyé par Frédéric-Charles le 15, à 7 heures du soir, pour la journée du 16.
« Hier soir, l'ennemi a été attaqué devant Metz par des fractions de la ln armée et de la /s division d'infanterie, qui l'ont rejeté dans la place. La retraite de son armée vers la Meuse est en coins d'exécution. La IIe armée va le suivre sans retard vers cette rivière.
« Le III' corps... atteindra demain, par Nove.uit et (iorze, la grande route de Met/ à Verdun, à Mars-la-Tour ou à Vion ville. La 6" division de cavalerie, passanl par Prény et Thiaucourt, pourra précéder le III* corps... Le V corps... continuera jusque rera Saint-Htlaire-Maiieray...
Le Ml corps se portera de Noinoii) au delà de ■ ..l I t.- ii, /->.. ••!/., II. 814-816