LUTTE D'ARTILLERIE
portent aussitôt du Repperts Berg sur le Galgen Berg, la quatrième vient s'établir au sud-est de Drathzug. Une batterie de la division Vergé, installée à 500 mètres au nord-est de Stiring, est sur le point d'être accablée, quand deux batteries de la réserve interviennent à sa gauche, tandis qu'une batterie de mitrailleuses se place à sa droite. L'artillerie prussienne concentre ses efforts sur celle-ci, qui ne peut tirer que quelques salves; puis la lutte continue sans trop de désavantage pour les trois batteries françaises restantes (1).
A midi 30, le général de Valabrègue a reçu du général Frossard l'ordre de se porter, avec deux escadrons et l'une des batteries à cheval de la réserve, sur la route de Sarrebruck, afin de « contenir tout mouvement de l'ennemi sur le pied de* hauteurs de droite (2) » . Les 1er et 6e escadrons du -4e chasseurs se forment en bataille à droite et à gauche de la chaussée, un peu en arrière des batteries. Deux escadrons de dragons, attachés à la division Vergé, viennent se ranger derrière eux. Cette cavalerie reste, « pendant une heure et demie, dans la plus belle attitude, exposée à un feu considérable (3) » , mais subit des pertes sans
(1) Rapport du général commandant l'artillerie du 2* corps, 10 août; Historique manuscrit du 5* d'artillerie. (-) Journal de marche du 2e corps.
(3) Rapport du général de Valabrègue.
la moindre utilité, et sa bravoure demeure stérile.
Entendant une violente canonnade dans la direction de Spichercn, le général Bataille s'est hâté, dès midi 30, d'envoyer sur ce point la brigade Fauvart-Bastoul qu'il a fait suivre bientôt par un bataillon du 23* de ligne et une batterie. Bientôt la division Vergé réclame des renforts, et le général Bataille se porte vers 2 heures sur Stiring avec le reste de sa division, ne laissant au camp d'Oeting que le 12e bataillon de chasseurs et la compagnie du génie (l).
Les trois divisions du 2e corps sont donc engagées contre une seule division prussienne, sans aucune vue d'ensemble, sans réserve disponible, sans qu'existe de liaison entre les troupes qui combattent dans la vallée et celles qui sont déployées sur les hauteurs de Spicheren. Le général Bataille a encore accentué cette désunion en disloquant sa division au lieu de la garder groupée, en la répartissant par moitié sur le plate,m cl dam la plaine, au lieu de la tenir prête à prononcer sur un seul point un effort d'ensemble.
Un adVersaire qualifié, le général von Alvensleben, a montré les résultats qu'eût produits la manosurrt dont Bataille laissait ainsi échapper
l'occasion : »... Du boté français, il se [tassait
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ATTAQUE DU ROTHER RERG 41
un événement dont les Allemands ne pouvaient se rendre compte, mais dont les effets se firent bientôt sentir : l'entrée en ligne de la division Bataille... Ainsi les dés étaient jetés, et le sort favorisait le général Frossard. Il manqua sa bonne fortune par une faute tactique grossière, d'autant plus surprenante qu'il avait été instruit dans les principes napoléoniens. Si le général Frossard, gardant, comme il devait le faire, la division Bataille réunie, avait attaqué les Allemands à droite ou à gauche, peu importe, notre victoire était certaine. |Pour le comprendre, il suffît de considérer ce que la division Bataille a pu faire divisée... (1) »
Vers une heure, constatant que ses attaques d'ailes sont en bonne voie et que l'artillerie française du Rother Berg est réduite au silence, Kameke charge le général von François d'enlever le Rother Berg avec les deux bataillons restés en réserve sur le Terrain de Manœuvres. L'un d'eux, accueilli par un feu terrible, précipite sa marche qui dégénère bientôt en une sorte de fuite en avant, et gagne au pas de course le pied des pentes de l'éperon. Il s'y blottit, et se borne à
I) Kriegsqcschichtlivltc Kinzelschriftcn, Heft 18, 494.
ouvrir une fusillade peu nourrie contre les tirailleurs du 10e bataillon de chasseurs qui garnissent les tranchées de la crête. L'autre, moins une compagnie, s'engage dans le bois de Stiring où la situation est critique pour les Prussiens (l) .
Au moment où l'attaque s'est produite, une batterie de mitrailleuses, établie au nord-ouest de Spicheren, a cherché à intervenir, mais elle a été presque aussitôt écrasée par le feu convergent des batteries adverses. Elle subit le même sort sur une nouvelle position au Forbacher Berg et est contrainte de se retirer momentanément (2). Les deux batteries de 4 de la division Laveaucoupet et une batterie de la division Bataille parviennent à se maintenir.
Le général de Laveaucoupet a prescrit à la brigade Micheler d'appuyer le 10° bataillon de chasseurs et le III* du 40' de ligne avec deux bataillons du 24e. Ceux-ci se répartissent entre le Rother Berg et le Gifert Wald; l'ennemi est arrêté partout, mais partout aussi nous restons sur la défensive, en dépit de notre supériorité numérique
Sur ces entrefaites, grâce à l 'arrivée de trois compagnies de renfort . les Prussiens ont rega-
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