ACTIVITÉ DES ALLEMANDS
au mépris des prescriptions formelles du roi (1).
Mais déjà la 5e division s'est mise en mouvement vers Sarrebruck, sur l'initiative de ses chefs. Le général von Dôriug, commandant la 9é brigade, s'avance sans ordres de Dudweiler sur Sarrebruck que la tète de colonne atteint vers 3 heures et demie. Le divisionnaire Stiilpnagel approuve cette décision et, faisant sienne la pensée de son subordonné, appelle au feu toutes les troupes de la 6* division. Le commandant du corps d'armée, enfin, général von Alvensleben, avant même d'avoir reçu les instructions de Frédéric-Charles, a expédié de Neunkirchen à la 6e division d'infanterie (2) l'ordre télégraphique de pousser sur Sarrebruck tout ce qu'elle pourrait, en utilisant le chemin de fer et les routes. L'artillerie de corps continuerait sa marche aussi vite que possible. De sa personne, Alvensleben prend place dans un des trains formés à Neunkirchen à destination de Sarrebruck (3).
Unité de vues, confiance mutuelle, esprit de solidarité, initiative intelligente, telles sont les qualités qui se manifestent, dès le début de la campagne, chez la plupart des chefs ennemis et qni ont fait la force de l'armée prussienne
(1) Historique du grand Etat-major prussien, III, 297; Krieqsgescliiclutiche Einzelscliri/teii, Huit 18, 486.
(2) La 6e division devait venir cantonner entre Neunkirchen et Saint-Wendel.
(3) Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 18, 504-505.
bien plus que ses effectifs, son organisation, son armement. Ces généraux s'entendent et se soutiennent clans une incessante volonté d'agir. Le commandement sera exercé successivement par quatre d'entre eux : déjà Kameke l'a cédé à Goeben qui le remettra à Zastrow plus ancien que lui; plus tard Alvensleben assumera la direction des attaques dirigées sur le plateau de Spicheren. L'accord ne cessera pas d'être absolu (1) .
Cette activité et ce concert de nos adversaires offrent un frappant contraste avec l'inertie des généraux français du 3e corps, qui ne quittent pas leurs troupes, attendant des ordres qui font défaut, ne songeant pas à les provoquer, fuyant la moindre responsabilité, même celle de marcher au canon pour secourir leurs frères d'armes, I'n regard d' Alvensleben et de Goeben, plaçons Bazaioe qui, pendant toute la durée de la lutte, restera à Saint-Avold, dans une injustifiable inaction. Est-il difficile de présager à qui appartiendra la victoire (2)?
Mais, tout en rendant justice aux qualités d'initiative et de solidarité qui animaient les chefs puissions de 1870, il n'est pas sans intérêt d'oblerver qu'elle! existaient, non moins solides, dans
rméea de la Révolution. « On doit remar-
(1) Crixrul Muii.wui, t'oins (/<• l' Icolr </<■ (•urirr. 1887-88.
(2) I.i< ut. ii.mt cmImimI \Ium ni, /or rit ., 2iî — Cf., infn), p. 108.