‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 30 sur 165 · NOS GENERAUX DE LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

NOS GENERAUX DE LA REVOLUTION

quer, dit Mathieu Dumas, qu'à cette époque, la rare intelligence et le parfait accord des généraux commandant les grandes divisions ou divers corps d'armée, contribuèrent puissamment à ces rapides succès. Les exemples les plus saillants de cette confiance, de ce dévouement mutuel entre les chefs, furent donnés dans les deux principales actions de cette campagne : à la bataille de Hohenlinden par le général Richepance, à celle de Pozzolo par les généraux Dupont et Suchet; ils se trouvèrent dans ces cas imprévus où le salut de l'armée dépend du prompt jugement, de la résolution et du dévouement personnel. Dans la campagne précédente, on avait vu les généraux Desaix et Kellermann en agir ainsi à la bataille de Marengo (1). »

Enfin, on ne saurait trop établir une ligne de démarcation bien nette : d'une part, entre les actes de chefs subordonnés qui s'exercent selon le sens des intentions du commandement suprême, et qui peuvent être définis l'initiative dans l'obéissance secondée par la discipline des intelligences; d'autre part, entre les procédés arbitraires, contraires souvent aux vues du général en chef, voisins de l'indiscipline, et qui consti-

(t) Mathieu Dumas, Précis des événements militaires, V, 308. — Cf. Commandant Picard, Hohenliudcii, 206, sqq. — On observera que deux divisons prussiennes, la 13" et la 15", ne marchèrent pas au canon. (Historique du urand Etat-major prussien, III, 368; Cardinal von Widdern, loc. cit., 320, 335, 358, 363.)

tuent une source de graves dangers, tout au moins de difficultés imprévues.

Tout en louant donc sans réserve les divers généraux prussiens qui, acceptant le fait accompli, n'ont plus songé qu'à secourir une division compromise, on ne peut que blâmer et Steinmetz transgressant les instructions du grand quartier général, et Kameke, attaquant, sans savoir s'il serait soutenu, un adversaire non encore entamé. Quand bien même Kameke aurait eu la certitude de la coopération des troupes voisines, il ne lui appartenait pas de provoquer une bataille, et d'engager peut-être ainsi l'avenir de la campagne. Mais la faute qu'il a commise a des origines plus lointaines : elle incombe en partie au grand quartier général dont les directives ont été trop mystérieuses et qui a laissé Steinmetz dans l'ignorance de ce qu'on a appelé plus tard le « plan fondamental (1) ».

Vers 3 heures et demie, deux bataillons frais de la 0* brigade (2) marchent du Winter Berg sur le col situé entre le Gifert Wald et le Pfaffen Wald, et ;;;i;;iiciit .ni pas de course le pied des Il ailleurs Ixumcs. Tandis que l'un deux reste en

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