COMBATS AUX ABORDS DE STIRING
route de Korbach. Un peloton d'abord, puis deux compagnies se sont portés à cet effet sur la Douane (1). Le 1er bataillon du 7(>e de ligne et deux compagnies du 24e qui occupent ce point d'appui, la Brème d'Or, la Baraque Mouton et les fossés de la grande route reçoivent l'ennemi par un feu violent qui lui cause de très sensibles pertes. Un nouveau bataillon prussien déboucbe à ce moment du bois de Stiring (2). L'attaque progresse et aborde bientôt les bâtiments où s'engage un combat corps à corps. C'est vers 4 heures seulement que les Prussiens sont définitivement maîtres des lieux. Ils s'y maintiennent malgré une fusillade incessante partant des lisières de la forèl de Spicheren (3).
Ce succès est suivi d'une série d'écliecs aux abords de Stiring. Dans ce secteur du champ de bataille, la brigade Jolivet a reçu, vers 3 heures et demie, d'importants renforts. Accourue du Kaninehens Berg, la brigade Letellier-Valazé a jeté le 32" de ligne tout entier dans les maisons de Stiring et dans les Forges, tandis que le 55*,
(1) Historique du grand ÉtaUmajor prmtêùtn, 111, 334. — Cet unités appartenaient à trois régiments différents.
(2) Le III" du 77". — Voir supra, p. 44.
(3) llisloriijue du grand État-major prussien, III, 335.
laissant un bataillon à la Verrerie Sophie, s'est formé en colonne serrée sur la route à l'entrée sud du village (l). Deux batteries de la réserve (2) se sont établies, l'une au nord-est, l'autre au sudest de Stiring (3). Cinq bataillons et deux batteries de la division Bataille arrivent d'Oeting (4) . In combat assez vit' se produit à la Verrerie Sophie, à Sliringet aux abords des bâtiments de l'usine, entre le 32e de ligne et le IIIe bataillon du 5.3e renforcé bientôt par des fractions du 77e débouchant de la forêt de Stiring. Les Prussiens, très inférieurs en nombre sur ce point, ne parviennent pas à progresser (5). Un recul prononcé se produit même à leur gauche. En etïet, de son emplacement dominant, à Vieux-Stiring, le major Werner, du 74*, remarque, vers 5 heures, de fortes colonnes françaises d'infanterie et d'artillerie sortant de la forêt de Spicheren au sud de Stiring ((>). Sans attendre l'attaque, il ordonne la retraite sur Drathzug. Une grande partie de la
(1) Journal de marche de la division Vergé; général dk Wai.unkr Hovrna [Sptctateur militaire, 4* série, XXVIII, 173-174). s du 17', 12' du 5».
i-i) Rapport du général Gagneur commandant l'artillerie du J* eorpi
(4) Voir supn'i, p 45.
(5) UittOi ii/iir <lu grand Etat-major piussicn , III, 88T,
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LE 67e DE LIGNE 65
droite de la division Kameke est entraînée dans ce mouvement rétrograde (1).
En arrivant d'Oeting à Stiring avec les IIe et IIIe bataillons du 23e et le 8e de ligne, le général Bataille place le IIe bataillon du 21V à la lisière est de Stiring et le IIIe entre ce village et la Verrerie Sophie pour s'opposer au mouvement débordant que l'ennemi semble vouloir tenter par la forêt de Stiring. Il appelle en outre le 67e de ligne dans la vallée. Mais, presque aussitôt, craignant d'avoir trop affaibli le général de Laveaucoupet, il lui envoie les IIe et IIIe bataillons du 8e de ligne sous les ordres du lieutenant-colonel Gabrielli (2).
Bientôt le 67e de ligne, qui a pris la route en lacets conduisant de Spieheren à Schoeneck, atteint la lisière nord-ouest de la forêt. Le général Bataille le porte tout entier vers les Forges et ordonne au colonel de reprendre le bois de Stiring avec deux bataillons qui seront soutenus par le Pr du 8e, maintenu jusque-là à l'abri au sudest de Stiring (3). En conséquence, vers G heures, les I" et IIP' bataillons du 07e, dirigés par le lieutenant-colonel Thibaudin, se portent à l'attaque qui est exécutée « avec un entrain admirable... et une vigueur sans égale » . Pour gagner le sail-
(1) Historique du yvand Etat-major prussien, III, 337; Krieasqeschitcliliche Einzelschri/ten, Heft 18, 513.
(2) Rapport du général Bataille; Journal de marche du 8* de ligne.
(3) Journal de marche du 67* de ligne.
«h; FORBACH
lant sud-ouest du bois, « il faut traverser à découvert un terrain battu de front et d'écharpe pendant trois ou quatre cents mètres (1) » . Nos soldats franchissent rapidement cet espace et, « du premier élan (2) » , prennent pied dans le bois. Sept compagnies prussiennes plient de toutes parts : elles refluent en désordre sur Drathzug ou dans la forêt communale de Sarrebruck; l'une d'elles est presque entièrement dispersée. La totalité du bois tombe aux mains du 67e de ligne (3). Ce mouvement offensif a été suivi par le 32e de ligne qui refoule l'ennemi dans la forêt de Stiring et reste maître du terrain compris entre le village, la Verrerie Sophie et la lisière des bois (4).
Profitant de la retraite générale de l'ennemi, le commandant Gougis et le lieutenant Rossin, du 17e d'artillerie, aidés par quelques officiers et soldats d'infanterie, vont reprendre sous le feu les deux pièces abandonnées quelques heures auparavant près de la route de Sarrebruck (5). Les deux batteries en position aux abords de Stiring se portent en avant jusqu'au chemin de Schoeneck
il) Rapport da général Batailtaj Notai «lu général Thibaudin. i2| Htttoriauê ilu </>;in<l Stat-major pru$ii»nt [11,889.
[8) Cardinal rM W un, /,.<-. cit., I.~>8; Notes du général
Tnibandîn.
Historique <lu frmmé Étot major nnoMian, 111, 840.
i . ii. ni. m mi Cbnbordj da IT d'artilterit, rai relevé à ce
moment (Notes du |;em i.il I luli.imlin).