ATTAQUE DU FORBAGHER BERG
Alvensicbcn prend la direction de la bataille. — Son projet d'attaque du Forbacher Berg. — Echec du / 7° hussards. — L'artillerie prussienne au Uothcr Rerg et à la Folster Ilohc. — Execution >\r l'attaque. — Résistance énergique dos Pran- — Contre-attaque de* débria «le là division Laveaueoupet. — Cette division se maintient au l'faffen Berg el à Spicheren. — Echec de l'attaque décisive dea Allemands.
En raison de la situation critique de la 14e division, les sept premiers bataillons prussiens de renfort accourus sur la rive gauche de la Sarre, ont été poussés, sans plan ni méthode, vers le Etother Bdrg et dans le Gifert Wald. Le général von Alvensleben , commandant le IIIe corps, u ii i \ 6 par chemin de fer à 3 h. 45, considère qu'on ;t commis une faute en engageant le comh.it. mais u que son devoir est d'entrer en ligne avec toutes les forces qu'on pourrait amener sur les lieux, quelles que soient les conséquences de sa détermination (I) » .
'h A- n ,/u/,-i<l,tcl,tlicl,r luiiicIm-hriftrii.Hrh IS, 5Q0,
PROJET D'ALVENSLEBEN 69
Après un court entretien avec Zastrow et Goeben, Alvensleben obtient entière liberté d'action. Son intervention va donner à la lutte un tout autre caractère. Aux efforts « successifs et décousus » , il décide de substituer une attaque d'ensemble à laquelle concourront toutes les troupes disponibles et qu'appuiera le plus grand nombre possible de batteries (1). Alvensleben juge qu'il faut chercher la solution du combat en dehors des bois, sur un terrain où les trois armes pourront combiner leur action. Son choix s'arrête sur le Forbacher Berg que l'on aborderait en partant de la Brème d'Or. « Mais, ainsi qu'il l'a écrit, pour y parvenir, trois conditions étaient nécessaires : réunir toutes les forces disponibles face à cet objectif unique; maintenir la possession du Itother Berg à gauche et de la Brème d'Or à droite; les reconquérir si on venait à les perdre (2) . »
Aussitôt, deux bataillons sont dirigés d'abord sur le Rother Berg pour en consolider l'occupation (3). Puis Rheinbaben y envoie le 17" hussards. Une première tentative de ce régiment échoue sous un feu violent de nos tirailleurs; une seconde n'a pas plus de succès; les escadrons
(1) Lieutenant-colonel Maistok, loc. cit., 198.
(2) Souvenirs du général von Alvensleben (Krieqsyeschivhtlicht EinzehcliriftcH, Heft 18, 510-511).
(8) II* du 12e, Ier «lu 8V (Ilistoii'/iH' du grand État-major prussien, III, 342).
rétrogradent en désordre jusqu'au pied de l'éperon (1). Deux batteries, venant du Galgen Berg, ont suivi les hussards : elles parviennent, vers 6 h. 15, au prix des plus grands efforts et à la vive surprise des Français, à établir huit pièces sur le plateau (2). En face, à 600 mètres environ, une ligne de tirailleurs du 60e de ligne, couchés dans des tranchées-abri, et appuyés en arrière par quatre batteries (3), inflige des pertes considérables à l'artillerie prussienne qui n'en demeure pas moins en position, exerçant, jusqu'à la fin de la bataille, une action matérielle et morale très efficace.
Le Rother Berg solidement occupé, Alvensleben décide d'employer à l'exécution de l'attaque décisive six bataillons frais rassemblés au Bepperts Berg, sous le commandement du général von Schwerin. La première ligne, composée de trois bataillons, devra progresser d'abord le long de la grande route jusqu'au delà du (îaI«;on Berg,
(1) Historique du grand Etat-major prussien, 111, BW
(2) » Ce n'eal qu'avec la plus extrême tension de toutea lea forces des chevaux et (1rs bommea, an cownnl à chaque instant la danser d'être précipité! en bai dea pentes, et seulement avec I concours de l'infanterie, que lea deux batteriee... parvinrent I remplir leur mission... Partout on une main pouvait être placée
— sur Ici* rai» ou les jantes des roues, sur l 'al'lïil, sur le canon, .m \ ti. iii» dea chevaux — ou tira, on poussa, on soutint (Lettre
du colonel Non Voigts-Rhets, chef d'état-majoi «lu 111" corpa, ehiehtliche Eintelsehriften, llcl't IS, I.Vi) (8) 7', S* et II" do l.v s.,r la Pfaffen Berg, B* da6*aor le
Pot Iiacli. i B
ATTAQUE A INTENTION DECISIVE Ti
cheminer ensuite au pied des pentes ouest du Rother Berg dans un angle mort qui la soustraira au feu des Français, atteindre la Brème d'Or et gravir ensuite les pentes de la forêt de Spicheren (1). La deuxième ligne, formée par trois bataillons du 52e, suivra (2) . A 6 heures et demie, au moment même où l'infanterie commence son mouvement, six batteries viennent s'établir sur la Folster Hohe pour appuyer l'attaque de plus près (3).
b Les bataillons, dès qu'ils se mettent en marche, entonnent die Wacht am Rhein, et vont délibérément recevoir le baptême du feu au milieu des détonations de l'artillerie et du crépitement de la fusillade. Ce fut une impression vraiment saisissante... Chacun était convaincu qu'il s'agissait là de la victoire ou de la défaite. Si cette attaque échouait, si ces bataillons étaient repoussés, il faudrait entamer la retraite, sans espoir de remédier à la situation. On combattait avec la Sarre à dos, et le passage de la rivière, s'elïectuant dans l'obscurité à travers les rues étroites de Sarrebruck, encombrées par l'artillerie et les autres voitures, pouvait devenir très dangereux. Si l'adversaire prenait une offensive énergique, ou si les forces dont on connaissait la
(1) III' du 12% II" du 8% 3e bataillon dfl çluM
(2) Kriegsgeschichtliche EinxeUchriften, Heft 18, 519. (•5) Hiitovùjue du grand Etat-major vruttien, 111, 347.
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présence à Sarreguemines se portaient en avant, attaquant ainsi l'aile gauche allemande en retraite, une catastrophe était inévitable (1). »
Les pentes nord du Forbacher Berg sont occu pées : à l'ouest du ravin qui aboutit à la Baraque Mouton, par le IIIe bataillon du 8e de ligne et des fractions du I" du 76e; à l'est, par le IIe bataillon du 8e, le Ier du 66e et le IIIe du 24e. Les unités sont déployées dans les bois; aucune réserve ne les soutient. Elles sont exposées en outre aux feux croisés de l'artillerie de la Folster Hôhe et des batteries du Rother Berg (2) .
La première ligne, sous les ordres du lieutenant-colonel de L'Estocq, s'ébranle. Sur le point d'arriver à la maison de Douane, elle exécute prématurément son mouvement de conversion à gauche et s'engage dans les vallons situés au sud et au sud-est. Nos tirailleurs ouvrent un feu violent, auquel succède une charge à la baïonnette du IIIe bataillon du 24e de ligne, qui rejette l'ennemi au bas des pentes. L'Estocq ramène ses trois bataillons sur la grande route et prend le parti d'aborder le plateau en partant de la Brème d'Or et de la Baraque Mouton (3).
Les il < i m bataillons du 8* do ligue, mêlés
(Il P..<n du colonel N'>" VoigU-Rheti (Kri*gsge$chickUiche I Itekriften, Hefi I*. 519).
(2) Historique* menneeriti det s . mi ,i 2V de ligne; le colonel Gebrielli tu général d< Cii oy, 15 juin 187$,
fiittoriqtu du grand Btat-mttyorpruttitn, 111, 849.